Discours du secrétaire général du Hezbollah à l’occasion de la cérémonie annuelle en hommage aux dirigeants martyrs
Au nom de Dieu
Je commence par saluer les personnes qui sont venues nombreuses pour participer à cette commémoration, dans la banlieue sud de Beyrouth, au complexe Sayed al-Shuhada, à Nabi Sheet, à la husseiniya de la localité de Jebchit, au complexe du martyr Imad Moghnié à Tayrdebba, ainsi que tous ceux qui nous suivent à travers les chaînes de télévision ou les sites internet. Il s’agit d’une occasion précieuse et chère : la commémoration annuelle des dirigeants martyrs.
Lors de cette rencontre, nous parlerons des dirigeants martyrs, ainsi que de la situation politique, avec deux points particuliers qui y sont liés.
Je commence par parler des dirigeants martyrs.
Aujourd’hui, nous commémorons les trois dirigeants martyrs : cheikh Ragheb, Sayed Abbas et Hajj Imad. À travers eux, nous célébrons également tous les dirigeants qui ont été élevés au rang de martyrs au cours de ce parcours.
Dieu dit dans Son Livre : «Mais le Messager, et ceux qui croient avec lui, luttèrent et sacrifièrent leurs biens et leurs personnes ; ceux-là auront le bien, et ceux-là sont les prospères.» Ceci est la ligne directrice: que les croyants sont avec le Messager de Dieu dans un état de lutte par leurs biens et leurs personnes pour être parmi les gagnants. Mais qui sont ces croyants ? «Les croyants ne sont en vérité que ceux qui croient en Dieu et en Son Messager, ils ne doutent pas, et luttent avec leurs biens et leurs personnes, pour avancer sur le chemin de Dieu ; ce sont eux qui sont dans le vrai.» Les croyants sont les authentiques qui ont tenu leur promesse et ont suivi cette voie. Et, si Dieu le veut, nous poursuivrons le chemin tracé par ces dirigeants martyrs.
Avec cheikh Ragheb, nous avons un cher et vénérable cheikh actif dans son village et dans tous les villages environnants, et dont l’action a touché tout le Liban par sa lutte contre l’ennemi «israélien». Il est tombé en martyr à l’âge de 32 ans, mais durant sa vie, il a offert un modèle pionnier du dirigeant martyr, dépassant son village pour s’étendre aux villages voisins. Il a établi la prière du vendredi à Jebchit en 1976 pour affirmer l’unité, la cohésion et le lien avec le peuple et la population. Il a fondé la fondation Sayida Zeïnab en 1980, comme l’expression de la protection sociale des orphelins et des familles. Lorsque la révolution islamique triomphante a éclaté, il était passionné et admiratif de l’imam Khomeiny et il lui a publiquement prêté allégeance en 1979. Il a toujours œuvré pour soutenir et aider la wilaya de l’imam Khomeiny. Il a été arrêté à la fin de 1982 puis en mars 1983 pour 17 jours; les gens se sont tellement mobilisés que l’occupation a été contrainte de le libérer. Cet homme pieux, toujours présent sur le terrain, a dit : «La poignée de mains est une reconnaissance.» Il a incarné la résistance par sa présence populaire constante.
Quant à Sayyed Abbas, il a été martyr à l’âge de 40 ans. Il a été formé par l’imam Moussa al-Sadr, et il a étudié la doctrine religieuse à Najaf sous la supervision du Grand ayatollah Sayed Mohammad Baker al-Sadr. À Najaf, il a créé l’école religieuse (Hawza) au nom de Sayida Zahra pour les femmes, et à Baalbek il a poursuivi ce parcours, ce qui montre son esprit et son intérêt pour pousser les femmes à travailler ainsi que l’attention qu’il portait à la moitié de la société. Il a été membre du comité fondateur du Hezbollah, et il s’est rendu en Iran pour prêter allégeance à l’imam Khomeiny en 1982. Le 18 mars 1991, il a été élu secrétaire général du Hezbollah. Avant et après être devenu secrétaire général, il a visité en voiture tous les sites du jihad au Liban. Il était le bien-aimé des combattants, la résistance était sa vie, son âme aussi et il lui donnait tout. Il a offert un exemple de leadership courageux et humble, vivant parmi le peuple.
Hajj Imad Moghnié est devenu martyr à 46 ans. Il a eu une carrière dense depuis sa jeunesse. Dès l’âge de 15 ans, il a rejoint la résistance palestinienne, acquérant expérience et expertise, avec un fort engagement pour libérer la Palestine dès 1975. Avec le lancement du Hezbollah, il fut l’un des piliers essentiels de ce parcours jihadiste. Il a été l’adjoint au jihad du secrétaire général Sayed Hassan en 2000, et l’architecte des deux victoires : en 2000 pour la libération, et en 2006 face à l’agression de juillet. Cet homme créatif et généreux a pu établir les fondations du travail sécuritaire et militaire de la résistance face au plus puissant ennemi de notre région et du monde : l’ennemi «israélien». Il a construit des fondements importants dont nous continuons à récolter les effets, et, si Dieu le veut, nous continuerons à en tirer les bénéfices à l’avenir.
Ces trois chefs, cheikh Ragheb Harb, le cheikh des martyrs de la résistance, sayed Abbas al-Moussawi, le seigneur des martyrs de la résistance et hajj Imad Moghnié, l’architecte des deux victoires, constituent des modèles différents par certains aspects, mais ils partagent des caractéristiques communes : une mission claire dans leur manière de vivre, une immersion totale dans l’islam et dans le respect des règles légales.
Deuxièmement, ils ont traduit leur conduite pratique dans la vie pour transmettre des valeurs applicables, pas seulement théoriques.
Troisièmement, ils ont tracé leur chemin selon la voie de l’Imam Hussein, tirant leur inspiration de sa révolution comme modèle et comme contribution inépuisable.
Ils ont suivi l’imam Khomeiny dans ses paroles et ses actions : «Tout ce que nous avons provient de Achoura», avait-il dit et ils ont incarné ce que dit Sayed Hassan Nasrallah : «Celui qui triomphe remporte la victoire, et celui qui devient martyr triomphe.»
À travers ces dirigeants martyrs, nous considérons que nous rendons hommage à tous les dirigeants martyrs. Nous devons également savoir que notre parcours est continu et stable, et nous poursuivrons le chemin, si Dieu le veut. Ces dirigeants sont partis, d’autres sont venus, puis d’autres après eux ; il y a toujours de nouveaux arrivants sur ce chemin. Personne ne remplace quelqu’un, personne n’égale quelqu’un. Chaque personne a ses qualités et ses caractéristiques, mais le parcours doit être géré et il doit y avoir des positions de leadership. Grâce à Dieu, des milliers peuvent remplir ces fonctions chaque fois qu’un dirigeant tombe. Ainsi, nous poursuivrons le chemin, si Dieu le veut.
À leurs âmes, à celles de tous les martyrs, à celles de tous les aimants, travailleurs et solidaires, et aux âmes de vos défunts, nous dédions la prière Al-Fatiha...
Je vais maintenant évoquer les points que j’avais annoncés. Le premier point : nous renouvelons nos condoléances à l’occasion de l’anniversaire de l’assassinat du président martyr Rafic Hariri à sa famille, à son courant politique, à ses partisans et à tous les Libanais. Si Dieu le veut, nous pourrons redresser cette nation ensemble, en tirant profit de son expérience et de ses contributions.
Le deuxième point : Je voudrais adresser mes voeux aux musulmans du Liban et du monde à l’occasion du mois sacré de Ramadan, ce mois de dévotion qui nous apporte l’énergie et la détermination dans notre relation avec Dieu. C’est aussi le mois de la transformation des comportements par le remplacement des habitudes et des actions par d’autres meilleures et plus nobles. C’est le mois de la repentance où nous renonçons aux péchés et nous passons aux vertus agréées par Dieu. Que ce mois béni soit un mois de victoire, de succès, de force, d’unité entre les musulmans, de moralité et de capacité à progresser vers le meilleur, si Dieu le veut. Félicitations à tous les musulmans et à tous les amoureux de ce mois sacré : le Ramadan est le mois de la piété et du pardon.
J’en arrive à la partie politique, que je diviserai en plusieurs sections.
Premièrement : l’occupation, où qu’elle soit, exige une résistance pour expulser l’occupant. Au Liban, nous avons été une résistance face à cette occupation. La responsabilité de la résistance est celle de l’État, de l’armée et du peuple. Tous sont responsables de résister à l’occupation pour libérer la terre.
Notre résistance au Liban est ancienne, elle dure depuis l’occupation «israélienne» de la Palestine et ses répercussions sur le Liban et elle est passée par plusieurs phases. Il y avait d’abord des résistants palestiniens, libanais, des partis, des personnalités et des communautés. Avant le lancement officiel du Hezbollah, il y a eu la direction de l’imam Moussa al-Sadr qui a mené une véritable résistance dans le sud. Il était l’imam des résistants. Il y a eu également diverses autres forces : des comités islamiques, Amal et d’autres, qui ont résisté à l’occupation israélienne, jusqu’au lancement officiel et organisé du Hezbollah en 1982, qui s’est inspiré des directives de l’imam Khomeiny, dans le cadre d’un engagement islamique, religieux, éthique et pratique au service de cette nation, afin de libérer la terre.
La résistance, selon notre compréhension, est nationale, panarabe, islamique et humaine. Nationale car elle défend la patrie pour la libération. Panarabe parce qu’elle est solidaire avec les Arabes et avec les voisins contre l’occupant israélien. Islamique parce que l’islam appelle à la dignité, à la libération et à la responsabilité de tous les musulmans dans le monde. Humaine parce que tout être humain sincère et pétri de principes moraux, ne peut accepter l’occupation. Ainsi, notre résistance est nationale, panarabe, islamique et humaine. Quel que soit le nom qu’on lui donne, y compris lorsqu’on l’appelle la «résistance islamique», cela ne signifie pas qu’elle n’est pas nationale, panarabe ou humaine.
La résistance islamique, formée de tous les nobles résistants, Amal et d’autres formations, a expulsé l’ennemi «israélien» du Liban, réalisant une grande victoire en 2000. Nous pouvons dire que l’action de la résistance islamique a été remarquable pendant 42 ans avec un cumul de réalisations effectuées par tous les résistants et les partis ayant contribué à chasser «Israël» des territoires occupés au Liban.
«Israël», que nous affrontons, est une entité expansionniste qui vise la Palestine et toute la région. Ses intentions sont déclarées et ses actions les reflètent. Quand l’ennemi cesse temporairement ses actions par un accord ou pour une autre raison, c’est surtout qu’il se sent temporairement incapable de consolider son occupation. Il conclut donc un nouvel accord, et il reprendra son action expansionniste quand il pourra. L’ennemi est expansionniste par nature.
Ne sous-estimez pas ce qu’«Israël» fait aujourd’hui à Gaza : plus de 60 % des territoires de Gaza sont occupés directement, le reste de 40 % subit des agressions quotidiennes. Ne sous-estimez pas l’annexion progressive et légale de la Cisjordanie par «Israël». Les Etats-Unis sont un partenaire total dans ces actions. Ils dirigent les opérations, exécutent l’annexion, couvrent l’occupation, les meurtres et l’extermination. Pratiquement, si Trump voulait empêcher «Israël» de faire quelque chose, il pourrait le faire. Mais il adresse des mots doux aux Arabes et aux autres pour les calmer et pour permettre, en même temps, à «Israël» de poursuivre son projet expansionniste. Rappelons que Trump a reconnu al-Qods (Jérusalem) comme capitale d’«Israël» et l’annexion du Golan. Il assume donc la responsabilité totale de tout ce qui se passe en Palestine.
Au Liban, n’avez-vous pas vu ceux qui sont venus planter des arbres à Yaroun sous le regard direct de l’armée «israélienne» ? N’avez-vous pas entendu parler de ceux qui ont voulu fouiller les vestiges à Chamaa lors de la première opération de force ? N’avez-vous pas vu les enlèvements qui ont eu lieu à la localité d’al-Hebbariyé, après que les «Israéliens» aient franchi toutes les fortifications et violé la souveraineté ? Le meurtre des quatre jeunes entre l’usine et Jdeidet Yabous n’est-il pas un acte d’extermination ? Le meurtre du jeune à Hanine dans un minibus n’est-il pas un acte d’extermination humaine ?
La vérité est que nous faisons face à un ennemi qui veut anéantir l’humain, détruire la pierre, la vie et la force. Que faire face à cet ennemi ? Nous devons tenir bon. Nous avons tenu bon grâce à notre foi et à notre engagement jusqu’au martyre. Les combattants sont grands et notre peuple est grand.
Un accord a été conclu en novembre 2024 entre l’État libanais et l’entité israélienne de manière indirecte pour arrêter l’agression, assurer le retrait d’«Israël», libérer les prisonniers et lancer la reconstruction. Le Liban a appliqué l’accord, «Israël» non.
Je veux souligner ici un point important : l’accord est détaillé, il annule ce qui précédait et inaugure une nouvelle phase. L’accord met ainsi un terme à la phase précédente. Parlez-nous désormais pour l’avenir. Que se passe-t-il ? «Israël» agresse. Puisque l’accord a été conclu par l’État libanais, c’est celui-ci qui assume l’entière responsabilité. La responsabilité de l’État est donc de faire face à cette agression, de préserver la souveraineté et de mettre en place les programmes et plans nécessaires pour assurer cette mission.
Dans ce cadre, ce que fait le gouvernement libanais en se concentrant sur la question du désarmement est un grand péché, car cela sert les objectifs de l’agression israélienne. Le gouvernement doit atteindre les objectifs de la libération, de la souveraineté, de l’unité et de la coopération interne.
Deuxièmement point : je vais aborder trois problématiques qui se posent face à l’ennemi «israélien».
La première problématique : Certains disent : «Le monde ne nous aidera pas si nous ne nous rendons pas et si la résistance n’est pas désarmée.» Je vous dis très clairement : nous ne voulons pas l’aide du monde. Nous pouvons redresser notre pays avec nos capacités, et nous trouverons ceux qui ont des intérêts avec nous, en tant qu’État libanais, et nous nous mettrons d’accord avec eux. Quelle est cette aide qui ferait de notre pays une proie facile pour «Israël» ? Quelle est cette aide qui imposerait une tutelle étrangère sur notre pays, au profit des grandes puissances et d’«Israël» ? Quelle est cette aide qu’ils veulent nous donner ? Ils donnent une aide conditionnelle. Ils disent : «Nous voulons équiper l’armée libanaise pour qu’elle élimine la résistance et ne combatte pas Israël.» C’est ça l’objectif ? Que l’armée libanaise combatte la résistance ? Nous voulons que l’armée libanaise soit équipée pour qu’elle assure la sécurité, pour qu’elle lutte contre la drogue, qu’elle lutte contre les vols, qu’elle protège les habitants dans leurs maisons, et pour qu’elle assure la souveraineté face à l’ennemi «israélien». Voilà ce que nous voulons, non leurs propres objectifs, pour la réalisation desquels ils promettent de nous aider. Donc, si quelqu’un dit : ils ne nous aideront pas, tant pis, car si c’est pour leurs intérêts, nous ne voulons pas de cette aide. Nous voulons une aide pour que le Liban soit souverain, indépendant, maître de ses décisions, sinon le Liban sera sur la voie de la disparition...
La deuxième problématique : Certains disent : «Nous pouvons empêcher les frappes sévères et militaires de l’ennemi si nous négocions et exécutons certaines demandes d’Israël.» Mes amis, ces gens menacent au maximum pour obtenir des concessions politiques et éviter le fardeau de la guerre. Ils pensent que si nous cédons à cette pression maximale, ils obtiendront ce qu’ils veulent. Mais si nous ne cédons pas, ils ne peuvent rien faire. Personne ne croit qu’ils ont arrêté les frappes sévères parce que nous avons cédé. Non, «Israël» et les Etats-Unis ne trouvent pas le moment opportun pour lancer une attaque générale. Sinon, lorsqu’ils l’auront trouvé, ils lanceront une attaque générale sans répondre à quiconque.
Nous, au Hezbollah, nous ne voulons pas la guerre et nous n’allons pas la chercher, mais nous ne nous rendrons pas. Nous sommes prêts à défendre notre pays. Il y a une grande différence entre le fait de se défendre face à une agression et celui d’une guerre initiée par l’agresseur.
Mais si jamais ils mettent leur menace à exécution ? Qu’ils frappent et mènent la guerre, nous sommes prêts à nous défendre et à défendre notre pays et nous verrons le résultat. A ceux qui disent «ils nous menacent...», je réponds, et alors ? Nous ne céderons pas. Soyez assurés que si ces 15 mois d’agression se poursuivent à ce rythme, c’est parce que nous tenons bon, parce que nous avons la capacité de défendre, et parce qu’ils savent que le résultat n’est pas garanti pour eux. Ne pensez pas qu’ils attaquent depuis 15 mois pour nous donner une chance. Non, ils pensent que c’est mieux pour eux afin de tirer des bénéfices.
Avec une résistance déterminée et un peuple digne et persévérant, ils ne réussiront pas. Ils nous font souffrir, c’est vrai, mais nous pouvons aussi leur faire mal. Ne sous-estimez pas la défense. Ils peuvent exceller dans un combat militaire, mais ils ne peuvent pas prendre le pays. Ils peuvent occuper une partie du Liban, mais ils ne peuvent pas s’y établir. Mais avec la capitulation, il ne restera plus rien. Nous sommes un peuple qui ne se rend pas, et la honte ne viendra jamais de nous.
La troisième problématique : Certains disent : «Vous résistez, mais une partie des Libanais ne veut pas de résistance.» Très bien, demandons d’abord : ne sommes-nous pas dans un même pays ? Nous sommes partenaires dans ce pays, partenaires sur cette terre. Nos ancêtres y ont vécu, nos martyrs l’ont arrosée de leur sang, nos blessés ont donné et souffert, nos prisonniers souffrent encore, notre peuple endure au Sud et ailleurs. Nos régions supportent particulièrement les conséquences et le poids de l’agression. Et malgré tout cela, vous nous dites : «Ne résistez pas si l’Israélien veut plus.» L’essence est de défendre la patrie, et défendre la patrie est la responsabilité de tous. Nous devons vous demander : pourquoi ne défendez-vous pas ? Pourquoi ne critiquez-vous pas l’agression ? Pourquoi ne vous tenez-vous pas aux côtés de ceux qui résistent, de la résistance, de l’armée et du peuple, pour que nous soyons unis face à ce défi ?
Si vous voulez vous rendre, modifiez la Constitution. Selon l’accord de Taëf, l’article sur la libération du Liban de l’occupation israélienne stipule : «Prendre toutes les mesures nécessaires pour libérer toutes les terres libanaises de l’occupation israélienne», donc l’essence est la lutte, l’affrontement, la défense pour la libération. Si vous voulez céder, obtenez un consensus national pour la soumission à la tutelle américano-israélienne. La soumission demande un consensus national, tandis que la défense demande que chacun assume sa part dans la ligne de front.
Quelle honte de demander à un partenaire dans le pays de protéger sa famille au détriment de la vie de ses autres partenaires !
Quelle honte de provoquer la discorde et de pousser l’armée à combattre contre la résistance parce que l’on promet des gains politiques ou des privilèges, à travers la tutelle et l’occupation «israélienne» !
Quelle honte de céder sans aucun acquis en contrepartie et sans aucune utilité !
Quelle honte de se cacher derrière le confessionnalisme pour pousser le pays vers une crise structurelle !
Malgré cela, je vous le dis clairement : nous sommes pour l’unité nationale libanaise, pour la pleine souveraineté et pour la libération. Nous sommes contre toutes les formes de discorde, et nous sommes pour le renforcement de l’armée libanaise afin qu’elle puisse protéger et assurer la souveraineté, avec une stratégie de sécurité nationale tout en utilisant la force de la résistance pour soutenir l’armée dans la libération, la souveraineté et la protection du pays. Notre position est claire, affichée et appliquée directement.
Quatrièmement : Nous ne sommes pas pour les concessions gratuites, ni pour exécuter les ordres des tutelles américaine, internationale ou arabe, ni pour réaliser les demandes agressives d’«Israël».
Ecoutez bien : nous tenons bon jusqu’à présent pour deux raisons :
- L’État est responsable et doit remplir ses devoirs.
- Pour protéger notre société et notre pays dans cette phase sensible.
Mais cet état de fait ne peut pas durer. Quand, comment et quelles évolutions changeront cette situation, nous laisserons les faits raconter l’histoire.
Je pose une question : pourquoi le gouvernement ne se réunit-il pas régulièrement chaque mois pour discuter d’un plan de réalisation de la souveraineté et de son calendrier, pour voir ce qui a été accompli et ce qui ne l’a pas été, ainsi que ce qui peut être fait ? Ont-ils fait les démarches nécessaires ? Ont-ils joué leur rôle dans la pression internationale ? Peuvent-ils faire davantage ? Décidez dans le cadre du plan de donner un ordre à l’armée libanaise pour empêcher les violations et faire face à l’ennemi israélien. Seulement tenir bon face à l’ennemi : «dire stop c’est interdit» par exemple... Il faut aussi mobiliser les autres. Voyons ce que feront les pays, que fera le monde ? Annoncez que vous avez accompli votre part, et ne laissez rien en suspens, car chaque ouverture au dialogue poussera les «Israéliens» à demander plus. Dites-leur : nous n’avons plus rien à donner, stoppez toute action intitulée « limitation des armes ».
L’action du gouvernement contribue en partie à augmenter l’avidité de l’ennemi, lorsqu’il continue sur la voie des concessions et en répondant ainsi, de façon répétée, aux pressions.
Je vous demande : quand les étrangers viennent et disent : «Vous devez céder quelque chose», ne leur demandez-vous pas : pourquoi «Israël» ne cède pas ? Que répondent-ils ? Rien. Et vous ne répondez pas non plus ? Observons ce qu’ils feront. La solution : «Israël» ne cède pas, donc vous cédez ? Non, «Israël» ne cède pas, donc nous ne cédons pas. Voilà la solution et qu’ils fassent ensuite ce qu’ils veulent.
Cinquièmement : Certains attendent l’Iran et le dialogue américano-iranien. Ils pensent que l’Iran est dépassé, sous l’influence des menaces passées. Et cela devrait affecter la situation régionale. Mais, assurément, l’Iran a su tenir bon et cet Etat tiendra bon, grâce à sa direction- celle de l’Imam Khamenei- à son peuple digne, à son jihad, à son engagement et à ses sacrifices. Avec Dieu, l’Iran sera toujours victorieux et ne peut être vaincu. L’Iran influence la région, comme Gaza influence la région, comme le Liban influence la région. Tout est interconnecté, car l’ennemi est le même : «Israël», et le tyran est unique : les Etats-Unis. Tout est lié : une solution dans un dossier aura des répercussions sur les autres. Les évolutions en Iran, à Gaza, au Liban et dans la région demandent que notre position soit claire dans le processus de confrontation. Elle doit être authentique, basée sur le jihad, la résistance, avec de la détermination, de la vérité et la préparation au sacrifice. Nous ne leur permettrons pas d’atteindre leurs objectifs. Nous continuerons le chemin avec les dirigeants martyrs et les combattants.
Je dis aux dirigeants martyrs : vous avez semé, la récolte est abondante, continue et elle se poursuivra dans l’avenir, si Dieu le veut.
Que la paix, la miséricorde et la bénédiction de Dieu soient sur vous.
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