Discours du secrétaire général à l’occasion de la cérémonie d’inauguration du Centre médical du Liban à Hadath
Au nom de Dieu
Nous inaugurons aujourd’hui le centre principal d’hospitalisation, le Centre médical du Liban, qui est à la fois un hôpital universitaire et un établissement global, comprenant des départements étendus, variés et spécialisés. Après l’introduction sur le centre et son inauguration, nous aborderons la situation politique générale.
Ce centre s’inscrit dans le cadre d’un long parcours suivi par le Hezbollah afin d’assurer les soins hospitaliers dans différentes régions. C’est une forme de don, et non une étape passagère ou temporaire. Ce centre, le Centre médical du Liban, s’inscrit dans le cadre des projets de santé pour répondre aux besoins des gens et de la société. Dieu a dit : «Quiconque sauve une vie, c’est comme s’il avait sauvé l’humanité tout entière.» Et on rapporte que le Prophète dit : «Deux bienfaits sont méconnus : la santé et la sécurité.»
Nous avons besoin de la santé dans la société, et nous avons besoin d’assurer les moyens et les voies appropriés pour que l’être humain soit à l’aise dans son bien-être et dans sa santé. Cela influe sur sa productivité, son travail et sa vie. Notre imam, Ali ben Abi Taleb a dit : «Le bien-être en ce monde est la sécurité et la santé du corps, et l’accomplissement de bonnes actions est l’entrée au Paradis.» Ainsi, dans ce monde, la santé occupe une place importante aux côtés de la sécurité. Par conséquent, nous œuvrons, au sein du Hezbollah, pour assurer autant que possible cet élément essentiel, car en fin de compte la responsabilité première d’assurer la santé des gens incombe à l’État. Mais, en tant que services sociaux, nous intervenons en soutien.
Ce centre a fait l’objet de l’attention du Maître des martyrs de la nation, sayed Hassan et il a été lancé pendant son mandat et sous sa supervision. Il a également fait l’objet d’un suivi de la part de sayed Hachem Safieddine, qui était chargé des questions d’exécution et des dossiers de santé. Cela s’inscrit dans le même cadre que ce que disait toujours le Maître des martyrs de la résistance, sayed Abbas al-Moussawi : «Nous vous servirons avec la prunelle de nos yeux.» Cela fait partie de la mission de servir la société.
Je souhaite attirer votre attention sur un point : nous ne travaillons pas dans le domaine de la santé, ni dans le service social, ni dans la fourniture d’hébergement, de restauration ou toute autre activité, si ce n’est dans le cadre du devoir qui nous incombe envers les gens. Ce n’est pas pour gagner un groupe supplémentaire, ni pour obtenir un bénéfice électoral, ni pour constituer une clientèle ou un entourage. C’est un fondement essentiel pour quiconque œuvre dans le domaine social, avec les gens. Cela doit être un principe, un travail permanent et continu tout au long de l’année, et c’est ce que nous faisons au Hezbollah.
Ce centre traite tous les types de cancers. Il comprend également la médecine nucléaire – et qu’on ne nous place pas sur la liste des sanctions parce que nous avons mentionné le «nucléaire», car il est bien connu que la médecine nucléaire constitue une activité pacifique –, ainsi que la greffe de moelle osseuse et des opérations chirurgicales par robot pour le cerveau et différentes tumeurs. Autrement dit, les types de traitements dans ce centre sont très avancés, complexes, et relativement rares au Liban, comparativement aux autres centres de santé.
Parmi les caractéristiques de ce centre figure également l’allègement des charges financières, car les frais demandés sont proches du coût réel. Il s’agit d’un bâtiment vaste et beau, aux départements variés, doté d’un niveau d’équipement très élevé. Certains équipements sont de fabrication récente et ils font partie de la production de cette année. Ils intègrent des développements en intelligence artificielle et tout ce qui sert le domaine numérique, afin d’obtenir des résultats importants, rapides, précis et justes.
Pour nous, l’hospitalisation est un message de vie et une mission pour servir les gens. C’est aussi un engagement pour préserver et protéger l’être humain. Nous servons à partir de notre devoir religieux et moral, et nous investissons dans la santé comme un investissement dans la résilience de la société et la dignité des gens. Cela fait partie du processus de résilience, en réalité, car nous faisons face à des défis, à une agression et à de nombreux dangers, non seulement au niveau des traitements ordinaires, mais aussi en ce qui concerne les conséquences de l’agression «israélo»-américaine.
Ce centre voit le jour dans les circonstances les plus difficiles, et non dans des temps ordinaires. Il convient ici de saluer le personnel médical, infirmier et administratif, qui constitue la pierre angulaire du succès du projet.
Grâce à Dieu, il existe des profils spécialisés, compétents et dotés d’une grande expérience, capables de rivaliser aux plus hauts niveaux. Il y a la qualité, et avec la qualité opérationnelle il y a la miséricorde et l’humanité, ce qui est fondamental dans le travail médical. Il y a aussi un engagement dans les normes les plus élevées de sécurité, de durabilité et de qualité.
Ce centre fait donc partie intégrante du renforcement de la sécurité sanitaire. Je remercie tous ceux qui ont contribué à cette œuvre, et, si Dieu le veut, il donnera rapidement ses fruits. Il est situé dans une région densément peuplée qui a besoin de ces spécialités. Bien entendu, ce centre sert la région et tout le Liban, car le patient se rend généralement là où il peut être soigné, indépendamment de toute considération géographique. Le centre est ouvert à tous. Nous demandons à Dieu qu’il accorde à tous ceux qui y travaillent progrès et prospérité, et que le service de sécurité sanitaire soit assuré de la meilleure manière.
J’entre maintenant dans le volet politique.
Premièrement, le Liban possède de grandes capacités sur les plans populaire, géographique et pratique pour être un pays avancé. Nous nous vantons toujours du Liban pour sa géographie, sa beauté, sa diversité, ses eaux et les capacités qu’il recèle ; tout cela crée un état de joie et de confort.
Nous sommes fiers de sa position géographique en tant que point d’influence politique et carrefour économique et commercial. Nous sommes fiers de la diaspora qui reste liée à ce pays, l’aide et lui apporte son soutien, ce qui confère au Liban une présence et lui attire une confiance importante. Le Liban est un pays très important : malgré sa superficie limitée, il a su préserver son indépendance, libérer sa terre et offrir un grand modèle de dignité, d’humanité, de sacrifice et de don.
Il existe également une diversité confessionnelle et populaire, qui crée un type de communication, de coopération et de compréhension, donnant au Liban un rôle de message, un rôle de civilisation, un rôle de pays rassemblant des capacités diverses. Voilà la vision du Liban : il possède de véritables capacités. À une certaine période, sur les plans économique et social, il était en progrès, mais diverses tempêtes l’ont frappé, l’amenant à la situation actuelle. Celui qui possède ces capacités peut s’élever aux plus hauts rangs.
Le problème central auquel le Liban fait face est l’agression «israélo»-américaine. Cette agression vise à mettre la main sur les capacités économiques, sociales et démographiques du Liban, et sur ce qu’il possède. Elle convoite ce pays pour l’annexer. Cet ennemi israélien nourrit des ambitions expansionnistes au Liban et dans la région, et il s’appuie sur la force, l’occupation, le crime et l’extermination pour réaliser son projet aux dépens du Liban, de son essor, de son existence et de ses choix.
Comment empêcher cette agression ? Nous ne pouvons pas l’empêcher par des paroles, ni en nous appuyant sur le tyran américain. Nous devons l’empêcher par la force, par la solidarité et par l’unité. L’ennemi a été chassé du Liban par la force, la résilience et les grands sacrifices consentis dans le passé. La résistance, son peuple et ses alliés ont protégé le Liban pendant 42 ans. L’«Israélien» n’a pas été stable de 1982 à 2000, et il est parti vaincu. Puis, de 2000 à 2023, il a été empêché d’agir à cause de la dissuasion. Pendant toute cette période – 42 ans – nous avons affronté l’ennemi grâce à notre force: la force militaire de la résistance, la force populaire solidaire, la force de l’armée libanaise en harmonie avec son peuple, et la force politique intérieure unie autour de la résistance.
Le projet d’«Israël» ne s’est pas arrêté, mais notre foi en la souveraineté et l’indépendance de notre pays, ainsi que notre volonté, ne se sont pas arrêtées non plus. La «Guerre d’Ouli al-Baess» a stoppé l’élan d’«Israël» ; son objectif d’éliminer le parti en prélude à l’élimination du Liban n’a pas été atteint. Ce sont des faits qui doivent être clairs.
Le problème majeur et fondamental au Liban est l’agression «israélienne». Les regards doivent d’abord se tourner vers elle. La solution fondamentale est d’être forts, de résister et de s’unir autour du projet de confrontation avec «Israël».
Deuxièmement, les Etats-Unis, au cours de l’année écoulée et des trois derniers, ont eu recours à différentes méthodes pour mettre fin à la force et à la résilience du Liban, après qu’il est apparu que les «Israéliens» sont incapables militairement de prendre le Liban. Les Etats-Unis sont donc intervenus pour obtenir par la politique ce qu’ils n’ont pas pu obtenir par la guerre.
Près de 15 mois d’agression américano-israélienne se sont poursuivis contre le Liban. Je mentionnerai plusieurs points montrant comment cette agression s’est exercée et quels résultats elle a obtenus.
L’agression s’est poursuivie avec pour objectif permanent de mettre fin à la résistance. On parlait toujours de désarmement, d’abolition des capacités, d’élimination de la force. Que signifie tout cela ? Cela signifie neutraliser la capacité et la force du Liban face à l’ennemi israélien. Quinze mois, et ils n’y sont pas parvenus.
Deuxièmement, les grandes puissances, à leur tête l’Amérique, ont exercé diverses pressions sur le Liban, son gouvernement et son armée pour désarmer la résistance. Elles ont entraîné le gouvernement libanais vers la décision malheureuse du 5 août sous le titre de l’exclusivité des armes. Mais toute cette pression internationale n’a pas réussi, car elle manque en réalité de légitimité nationale et viole la Constitution quant au droit de défense. Il y a ceux qui s’y opposent et disent non à ces pressions internationales et refusent d’entériner le projet américano-«israélien».
Depuis le premier jour, il y a eu une incitation à provoquer un conflit entre l’armée, le peuple et la résistance. Mais grâce à Dieu, la conscience des deux parties – l’armée, la résistance et le peuple – a permis d’éteindre ce conflit dès le départ. Ainsi, la discorde qu’ils voulaient créer pour déstabiliser le pays et affaiblir cette capacité au Liban ne s’est pas produite.
Ils ont empêché la reconstruction sous prétexte que l’exclusivité des armes devait être accomplie en premier lieu. En réalité, empêcher la reconstruction visait à créer une fracture entre la résistance et sa population, pour faire croire aux gens que la résistance était le problème et qu’ils ne pouvaient pas obtenir les moyens nécessaires pour la reconstruction à cause de sa persistance. Mais grâce à Dieu, cela n’a pas réussi, car ils ne comprennent pas que la résistance et son peuple ne font qu’un. Nous n’avons pas d’un côté la résistance et de l’autre le peuple, ni la résistance d’un côté et le peuple de l’autre. Le peuple est la résistance, et la résistance est le peuple. Le Sud est le Liban, et le Liban est le Sud. Tous ceux qui affrontent «Israël» le font en tant qu’enfants de cette terre. Il n’y a pas un parti seul, une terre seule, un peuple seul. Ils n’ont donc pas réussi à créer une division entre la résistance et son peuple, ce qui constitue un succès important.
Ils ont imposé un blocus économique et financier et empêché les dons pour que nous ne puissions pas servir le peuple et pour laisser croire que les crises venaient de nous, alors que l’État était incapable d’assurer les moyens nécessaires.
Mais grâce à Dieu, il y a eu de nombreuses personnes de bien avec lesquelles nous avons pu fournir l’aide nécessaire et rester aux côtés de notre peuple, sans le laisser dans un état de défaite ou d’humiliation.
Ils ont tenté de semer la discorde entre le Hezbollah et le mouvement Amal, inventant des histoires et des récits, prenant certaines paroles et déclarations et les amplifiant. Mais grâce à Dieu, l’alliance entre le Hezbollah et Amal est profondément enracinée. La rencontre récente du président Nabih Berri, en présence du député Ali Hassan Khalil, avec le Hezbollah via l’ancien député Hajj Mohammad Fneiche et l’assistant politique du secrétaire général Hajj Hussein Khalil, était en réalité une rencontre de routine. Elle n’était pas destinée à résoudre un problème spécifique. Elle visait à discuter des élections, de la coopération pour obtenir qu’elles se déroulent à la date prévue, à accélérer la reconstruction et à faire face à l’agression et aux développements régionaux entre les États-Unis et l’Iran affectant notre territoire. Tous ces sujets ont été discutés normalement, et ces rencontres se répéteront régulièrement. Le Hezbollah et Amal constituent un seul corps et partagent la même vision sur les questions fondamentales du pays.
«Israël» tue des civils. Pourquoi tuer des civils ? Pour créer une fracture. Il tue le directeur d’une école, les femmes et les enfants, les blessés et leurs familles, les employés municipaux. Il bombarde les bulldozers et les camions pour empêcher la reconstruction, les bâtiments résidentiels sûrs, et il bombarde massivement les vallées et les montagnes. Le but est de créer une atmosphère de peur, de chaos et de pression, de répandre des produits chimiques sur les cultures pour détruire la vie, et de raser les villages frontaliers.
Une unité de l’armée israélienne est entrée à pied dans le village de Hebbariyé, elle a enlevé le responsable de la Jamaa islamiya dans la zone de Hasbaya-Marjeyoun, alors qu’il se trouvait chez lui. L’unité a maltraité sa femme et ses enfants et elle a détruit des lieux sous les yeux de tous. Tout cela visait à exercer une pression intense et à éliminer toute présence ou force qui dirait «non» à «Israël» ou pourrait aider à la renaissance du Liban.
Il faut comprendre qu’ils veulent dépouiller le Liban de toutes ses richesses. Imaginez si nous n’étions pas organisés : des enlèvements et des intrusions quotidiennes se seraient produits, et personne n’aurait pu répondre à «Israël». Mais nous pouvons agir contre «Israël» en restant debout, résistants, porteurs de notre force et de notre capacité.
Regardez leurs déclarations : ils parlent toujours du «Grand Israël» et d’expansion. Mais regardez notre peuple, notre environnement, nos familles : qu’en disent-ils ? Il y a un programme sur la chaîne Al-Manar intitulé «Et la terre témoigne», qui se déplace dans les villages du Sud, de la Bekaa et de la banlieue de Beyrouth. Dans chaque village, hommes, femmes, enfants et vieillards participent et toutes les déclarations sont directes, spontanées, et unies autour de la résistance, elles expriment spontanément la force et la fierté. L’agression israélienne renforce la détermination des gens.
Le peuple est aujourd’hui plus fort qu’avant «Ouli al-Baess», grâce aux sacrifices énormes consentis pour cette cause. Sayed Hassan Nasrallah est une personnalité historique, mondiale et universelle, qui a consacré sa vie à cette mission, à ce peuple, à la liberté, à la libération des terres et à l’avenir du Liban, de la Palestine et de la région. Ceux qui l’aiment et le suivent ne l’oublieront pas et ils ne renonceront à cette voie.
La pression sur le président de la République vient de toutes les grandes puissances et de certains pays arabes, afin de créer une division entre lui et nous, entre l’État et la résistance et son peuple. Certes, il y a des divergences sur la méthode, mais sur le plan national, nous sommes tous pour mettre fin à l’agression et libérer le Liban. Nous refusons la discorde et travaillons pour le redressement du pays. La visite du chef du bloc «Fidélité à la Résistance» au président était positive pour le suivi, la coordination et la gestion des différends, ainsi que pour faire face aux défis et aux responsabilités de l’État en matière de protection du peuple.
Tout ce qu’ils ont fait pour affaiblir le triple pouvoir national – le sacrifice, la résilience et la défense – n’a eu aucun effet sur ce peuple généreux et prêt au sacrifice. «Israël» et les Etats-Unis ne peuvent pas nous dépouiller de notre terre, de notre pays ou de l’avenir de nos enfants.
Avec la résilience, il n’y a pas de défaite. Avec la préparation à la défense, «Israël» ne peut atteindre ses objectifs. Cette période façonne l’avenir. Avec l’unité nationale et la coopération entre l’État, l’armée, le gouvernement, le peuple et la résistance, nous bâtirons un Liban fort.
Tout recul, défaite ou capitulation ferait disparaître le Liban de la carte des États indépendants. Écoutez-les : Netanyahu parle du «Grand Israël» et les Américains qualifient le Liban d’«État défaillant». Tous les Américains disent : nous ne vous donnons aucune garantie pour ce que vous faites. Donc nous sommes face à un réel danger. Nous devons nous concentrer sur deux objectifs : stopper l’agression et sortir le Liban de sa crise financière, économique et sociale.
Nous avons donc besoin de coopération entre nous pour résoudre nos problèmes internes et nous concentrer sur ces deux objectifs : faire face à «Israël» et renforcer la construction interne.
Nous apprécions la visite du Premier ministre, Dr. Nawaf Salam, au Sud. Cette visite est positive et constitue une étape importante pour construire le Liban. Ce qui est le plus important, c’est qu’il a déclaré : «Nous reconstruirons sans attendre l’arrêt de l’agression.» C’est ce que nous avons toujours demandé : reconstruire pour contrer leurs actions.
Si Dieu le veut, nous coopérerons avec le Premier ministre et le gouvernement pour réaliser ce qui est nécessaire. Il y a un peuple généreux et attaché à sa terre. Ensemble, nous bâtirons un Liban fort, car cette coopération crée la force. Malgré les attaques sur le Liban, «Israël» n’a pas réussi à atteindre ses objectifs grâce à notre coopération et à notre résilience.
Enfin, avant de conclure, j’invite le gouvernement libanais à se concentrer sur Tripoli, cette ville ancienne et généreuse. Il est inacceptable de laisser les bâtiments s’effondrer sans prendre des mesures concrètes. Il faut agir rapidement, évacuer les bâtiments, fournir un hébergement décent aux habitants en attendant les réparations. Nous devons soutenir les habitants de Tripoli, de Bab el Tebbané, de Kobbé et tous ceux qui souffrent ; c’est une responsabilité nationale.
Félicitations pour ce grand travail au Centre médical, à son personnel et à tous ceux qui y contribuent. Félicitations au Liban pour ce don. Que la paix, la miséricorde et les bénédictions de Dieu soient avec vous.
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