Discours du secrétaire général du Hezbollah cheikh Naïm Kassem à l’occasion du rassemblement de solidarité avec l’Iran et l’imam Khamenei
Au nom de Dieu
Nous nous réunissons aujourd’hui pour exprimer notre solidarité et notre soutien à la République islamique d’Iran, et au Leader de la Révolution islamique d’Iran, l’imam Khamenei. Nous parlerons surtout de cette question essentielle pour laquelle nous nous sommes rassemblés. Mais, au début, je voudrais présenter mes vœux à tous les musulmans à l’occasion du mois béni de Chaabane, qui est le mois de l’obéissance, le mois du Messager de Dieu, le mois des naissances des Imams : la naissance de l’Imam Hussein le troisième jour de Chaabane ; la naissance d’Abou al-Fadl al-Abbas, le quatrième jour de Chaabane ; la naissance de l’Imam Zayn al-Abidine le cinquième jour de Chaabane ; et la naissance de l’Imam al-Mahdi le quinzième jour du mois béni de Chaabane. C’est donc un mois béni par ces naissances et par l’obéissance ; c’est le mois du Messager de Dieu; et il est l’un des trois mois de lumière : Rajab, Chaabane et Ramadan.
Ce mois constitue une préparation au mois béni de Ramadan. Par les actes d’obéissance que nous accomplissons durant ce noble mois, nous pouvons entrer dans le mois béni de Ramadan avec une spiritualité plus élevée et une vénération plus complète envers Dieu. Tout cela nous renforce dans l’obéissance à Dieu et nous fortifie face aux défis.
Je commence par une question fondamentale : quelle est la place, le rôle et la position du Guide Suprême, l’ayatollah Khamenei, danse notre point de vue au Hezbollah et au sein de la Résistance islamique ?
Je souhaite faire un bref rappel qui clarifie la position du Guide à notre égard. Le Prophète de l’islam, Mohammed est venu avec un message céleste tolérant, complet et parfait pour toute l’humanité. Après lui, les Imams ont poursuivi sur la voie qu’il a tracée, à commencer par le Commandeur des croyants Ali et la conclusion de ce parcours se fera avec l’Imam al-Mahdi qui apparaîtra, si Dieu le veut.
Durant la période de l’absence de l’Imam al-Mahdi, ce sont les ulémas, les autorités religieuses et tous les spécialistes dans la connaissance de Dieu Très-Haut qui assument cette responsabilité. Parmi eux émerge un homme qui prend la responsabilité pleine et entière, celle qui revenait aux prophètes et aux saints. Mais en l’absence du wali, il nous en faut un, choisi parmi ces grands hommes qui possèdent toute la compétence et toute la légitimité ; les gens se confient à eux, les ulémas reconnaissent leur autorité. C’est ce qui s’est produit avec l’Imam Khomeini, qui a fondé la République islamique d’Iran. Mais le plus important est qu’il a été l’Imam guide de tous les musulmans à travers le monde, pour quiconque adhère à la méthode, à l’école et à la conviction qu’il portait. Ainsi, l’Imam Khomeini est l’Imam Guide, le wali al-faqih qui exerce l’autorité sur les musulmans dans le monde, et pas seulement sur ceux qui se trouvent en Iran ou dans une zone géographique déterminée.
Après l’Imam Khomeini, le wali al-faqih est l’Imam Guide Khamenei. Il est notre wali, il est notre guide ; c’est lui qui détermine véritablement nos positions face aux défis et en ce qui concerne la responsabilité religieuse. Nous ne pouvons disposer de notre sang, et nous ne pouvons mener notre résistance sans autorisation religieuse, car le sang est une responsabilité, et c’est le wali qui détermine la voie de la communauté dans son ensemble.
Telle est donc notre vision du wali Guide Khamenei. Une vision partagée par beaucoup dans le monde islamique dans différents pays. Pour nous, il est celui qui assume la responsabilité, il est le représentant de l’Imam infaillible ; par conséquent, tous ceux qui croient en la direction de ce Guide doivent veiller à être sous son aile et sous son autorité.
Le Hezbollah croit en la direction du wali al-faqih. Lors de la lecture du livre La société de la résistance en 2008, le Centre de recherche et de Connaissance doctrinale avait organisé une séance consacrée à cet ouvrage. Ce jour-là, un spécialiste chrétien, que je respecte et estime, a exposé sa propre lecture. Il a déclaré devant l’auditoire : «J’ai beaucoup aimé le livre», puis il a développé ses aspects positifs et son contenu, ajoutant qu’il y avait un seul problème. Quel est-il? Il a dit : «Le livre insiste sur la foi dans le wali al-faqih, et cela fait sortir les gens du cadre libanais pour les rattacher à une personne hors du Liban.»
Je lui ai alors répondu : ce lien au wali al-faqih est un lien intellectuel, doctrinal, un lien de foi. Toute personne cherche la pensée juste et droite qui améliore sa vie, où qu’elle se trouve dans le monde. Il ne s’agit pas de procédures ; les procédures relèvent de la responsabilité de ceux qui sont dans le pays. Il s’agit d’idées et de foi.
Je lui ai dit : Savez-vous pourquoi nous agissons en ayant à l’esprit la vision nationale ? Savez-vous pourquoi nous avons cette haute moralité ? Savez-vous pourquoi nous faisons de la politique de cette manière ? Savez-vous pourquoi nous sommes une résistance dynamique, active, influente, capable d’accomplir des réalisations sur le terrain ? Tout cela est dû à notre lien béni avec le wali al-faqih. L’impact est positif, immense. En tout cas, nous ne voulons pas entrer dans ce débat détaillé, mais pour nous, le lien entre l’islam et la citoyenneté se réalise par la relation, l’attachement et l’obéissance au wali al-faqih, car c’est une obéissance intellectuelle, basée sur la foi, culturelle, éducative et morale, liée à la méthode, et non à l’exécution administrative propre à chaque pays.
C’est pourquoi, lorsque Trump ou d’autres menacent de tuer le Guide, cela signifie qu’ils menacent des millions, voire des dizaines de millions, et plus encore ; ils les menacent parce qu’ils menacent leur Guide. C’est une chose sur laquelle on ne peut garder le silence. Il est de notre responsabilité, par foi, par conviction et par devoir, de faire face à cette menace. Nous sommes concernés par toutes les mesures et préparatifs nécessaires pour y faire face. L’assassinat — à Dieu ne plaise — serait un assassinat de la stabilité et de la situation dans la région et dans le monde, en raison de la large présence de croyants engagés et aimants à l’égard du wali al-faqih.
Nous sommes concernés par cette confrontation et nous considérons que cette menace nous vise également ; nous avons toute légitimité pour faire ce que nous jugeons approprié afin de relever ce défi.
Ils nous disent : «Mais le monde entier ne sera pas avec vous.» Nous nous conformons au noble verset :
«Ceux auxquels on disait : “Les gens se sont rassemblés contre vous, craignez-les”, ont senti leur foi croître et ils ont répondu: “Dieu nous suffit, Il est le meilleur garant.” Ils revinrent alors avec une grâce et une faveur de Dieu ; aucun mal ne les toucha ; ils suivirent l’agrément de Dieu, et Dieu est détenteur d’une grâce immense. Ce n’est que Satan qui fait peur à ses partisans ; ne craignez pas ceux-là, mais craignez-Moi, si vous êtes croyants.»
Soyons donc une seule main, et crions d’une seule voix : «Nous agirons à votre appel, ô Khamenei.»
Deuxièmement : la République islamique d’Iran est née selon un modèle libre que le monde n’avait pas connu. Son titre fondamental, en 1979, avec la victoire de la révolution islamique bénie était le suivant : ni orient ni occident. C’est-à-dire ni avec l’Amérique ni avec l’Union soviétique de l’époque. Ce fut un accomplissement exceptionnel et un modèle que la planète n’avait pas connu.
Dès les premiers instants, l’Amérique a commencé à l’affronter, car elle ne supporte pas qu’il existe un pays libre, stable, intègre, qui soit une source d’inspiration pour les opprimés, pour les peuples de la région et pour les musulmans. Le plus grand coup porté à l’Amérique et à «Israël» a été la création de la République islamique d’Iran et le succès de la révolution islamique bénie avec la chute du Shah. Le plus grand coup porté aux projets de l’époque, notamment Camp David en 1978, a été la naissance de la République islamique.
Les Etats-Unis ont alors déclenché une guerre par l’intermédiaire de l’Irak contre l’Iran pendant huit ans, utilisant toutes les capacités du monde occidental et oriental en armements variés via l’Irak, afin de renverser la République islamique d’Iran. Des millions de martyrs et de blessés ont été offerts, mais l’Iran est resté debout, ferme.
Quarante-sept années de sanctions, de blocus économique et de pressions contre la République islamique d’Iran par l’Amérique et l’Occident ne l’ont pas non plus détruit. L’Iran est demeuré une flamme pour les hommes libres. Il a pu progresser scientifiquement, socialement, moralement et culturellement, et il a constitué un très grand modèle de pays indépendant qui préserve sa dignité et choisit ses orientations sans être soumis aux autres.
L’Iran a affronté 12 jours d’agression l’année dernière, l’agression américano-«israélienne», et ce pays a réussi, grâce à la solidarité et à la cohésion populaire avec le commandement, avec les Gardiens, avec les forces de sécurité – tous ensemble ont pu, avec fermeté et patience, sous la conduite de l’Imam Khamenei, mettre en échec les projets de l’ennemi américano-«israélien».
Puis, durant la période récente, les mêmes ont voulu faire tomber l’Iran de l’intérieur, en exploitant la situation économique et sociale, en infiltrant les manifestations légitimes par le biais d’agitateurs qui ont tué, détruit et incendié, qui ont brûlé les mosquées, tué des gens dans les rues, saccagé les institutions publiques, les banques et les centres d’assurance, et instauré le chaos. Mais là aussi, ils ont échoué.
Aujourd’hui, le chiffre officiellement annoncé concernant le nombre de victimes, de martyrs et de responsables est de 3 117 disparus ou tués à cause de ces événements, dont 590 parmi les agents saboteurs. Quant aux autres, ils sont soit des membres des forces de sécurité, soit des civils dont certains ont été tués d’une balle dans la tête, et nous avons vu les images qui ont été diffusées.
Et qui soutient tout cela ? Les Etats-Unis, «Israël» et l’Occident, sous le slogan du « droit du peuple ». Où est le droit du peuple alors qu’il y a plus de trois millions de manifestants à Téhéran, sans compter les manifestants présents dans d’autres villes iraniennes, qui sont venus soutenir leur commandement ? Cela montre où se trouve ce peuple : le peuple est avec sa dignité, avec sa direction, avec sa force morale.
Le prétexte des Etats-Unis est devenu clair : Ils veulent coloniser le monde et s’en emparer, pas seulement l’Iran. L’Iran a le droit d’avoir un programme nucléaire pacifique. Il a le droit de posséder une force balistique, ainsi que d’autres moyens pour se défendre, il a le droit de soutenir les opprimés, il a le droit de construire une république indépendante. Mais les Etats-Unis ne sont pas d’accord et ne veulent pas que ces droits se réalisent.
Plus encore, aujourd’hui les Etats-Unis et «Israël» lient le Liban, Gaza, la Syrie, l’Iran et la région dans un seul projet colonial. Ils veulent frapper tout projet de résistance et d’indépendance partout où il existe dans la région.
Au Liban, ils avancent contre nous par la pression militaire et politique, mais ils maintiennent l’épée de la guerre suspendue au-dessus de nos têtes, parce qu’ils veulent finalement que nous nous rendions et que nous leur donnions tout.
Je vous confie que plusieurs parties, au cours des deux derniers mois, nous ont posé une question claire et explicite : si «Israël» et les Etats-Unis entrent en guerre contre l’Iran, le Hezbollah interviendra-t-il ou non ? Ils sont en réalité chargés d’obtenir un engagement du parti qu’il n’interviendra pas et qu’il n’aura aucun lien avec ce qui se passera en Iran. Regardez cette question qu’ils nous posent.
Pourquoi nous demandent-ils cet engagement ? Parce qu’ils veulent décider quoi faire. Les médiateurs nous l’ont dit clairement : « Israël » et les Etats-Unis réfléchissent à l’idée suivante : Vaut-il mieux frapper le Hezbollah d’abord puis l’Iran ? Ou frapper l’Iran d’abord puis le Hezbollah ? Ou frapper les deux en même temps ?
Cela signifie que, dans tous les cas, ils nous ont «mis dans leur viseur». Ils verront donc si, par une action fragmentée, ils peuvent parvenir à un résultat. Je vais vous donner la réponse : face à ces hypothèses entrecroisées et similaires, et face à une agression qui ne fait pas de distinction entre nous, nous sommes concernés par ce qui se passe et visés par l’agression potentielle, et déterminés à nous défendre. Nous choisirons, le moment venu, comment agir, si nous devons intervenir ou non, ainsi que les détails appropriés en fonction des circonstances de l’instant. Mais nous ne sommes pas neutres. Quant à la manière d’agir, ce sont des détails qui seront précisés par le déroulement de la bataille et selon l’intérêt à ce moment.
Certains peuvent dire qu’il n’y a pas d’équilibre dans les forces en présence. Qui a dit que la défense se limite à l’équilibre des forces ? La défense existe justement quand il n’y a pas d’équilibre dans les forces en présence. La défense existe quand il y a une agression, et elle vise à empêcher l’ennemi d’atteindre ses objectifs.
Certains nous disent : vous faites entrer le Liban dans un terrain où il ne devrait pas pénétrer. Nous répondons : ah bon, pourquoi est-nous qui faisons-nous entrer le Liban ? C’est vous qui vendez le Liban à la tutelle américano-«israélienne», c’est vous qui exécutez le projet américano-«israélien». Ceux-là n’ont rien laissé au Liban. Au moins, lorsque nous résistons et lorsque nous défendons, nous récupérons le Liban, sa dignité et sa place. Les quatre décennies précédentes témoignent que nous avons rendu au Liban son indépendance, sa vie et sa place, tandis que d’autres planifiaient de faire du Liban une partie de l’entité «israélienne» et de vendre des terres libanaises au profit d’«Israël». Ce n’est pas nous qui n’agissons pas de manière patriotique ; il y a des gens qui n’agissent pas en patriotes, et cela est évident.
Nous sommes avec le droit, avec l’honneur, avec la dignité, avec la patrie, avec la libération de la terre, avec la fidélité au sang des martyrs, à leur tête le martyr suprême, le maître des martyrs de la nation, Sayed Hassan Nasrallah, sayed Hachem Safieddine, ainsi que tous les martyrs, blessés et prisonniers. Nous sommes avec les familles honorables qui ont donné tant de sacrifices et continuent de le faire.
«Ô vous qui avez cru, soyez les auxiliaires de Dieu, comme Jésus fils de Marie a dit aux apôtres : “Qui sont mes auxiliaires vers Dieu ?” Les apôtres ont répondu : “Nous sommes les auxiliaires de Dieu.”»
Notre Imam Hussein, a dit : «Une mort dans la dignité vaut mieux qu’une vie dans l’humiliation.» On lui attribue aussi ces vers :
«La mort vaut mieux que de monter sur le cheval de l’infamie,
Et l’infamie vaut mieux que l’entrée en Enfer.»
Nous sommes un peuple qui respecte ces paroles, qui y croit et répète toujours : loin de nous l’humiliation.
Toute notre narration, toutes nos positions reposent sur l’attachement à notre droit et à notre terre, sur la défense de la terre et sur la dignité. La narration de l’arrogance, des Etats-Unis, d’ «Israël» et de ceux qui sont avec eux repose sur la soumission à la domination du puissant injuste et criminel. Il ne suffit donc pas d’utiliser des termes et des slogans pour que ceux-ci deviennent justes...
Que signifie la «paix par la force» ? Cela signifie la tyrannie et la colonisation par la force, car la paix est l’absence d’usage de la force. Que signifie le génocide à Gaza commis par «Israël» ? C’est de la barbarie et de la criminalité, avec la complicité américaine et occidentale dans cette barbarie et cette criminalité, puisque ces pays ont soutenu cette action et ont gardé le silence, au lieu de la condamner. On ne peut pas appeler tout cela le «droit d’Israël à la sécurité».
Que signifie l’agression américaine contre le Liban et l’agression américano-«israélienne» contre le Liban ? On ne peut pas la justifier par la peur d’une menace de la résistance ou par une intention supposée de la résistance. Si la résistance a une intention, et que vous vous trouvez face à une agression directe, laquelle doit être confrontée en priorité : l’agression ou l’intention ?
Nous voyons les menaces qui pèsent sur le Groenland, sur l’Europe, sur le Canada, sur le Venezuela : Sous quel le titre ? On dit que c’est pour la sécurité nationale américaine. Où est le droit ? Ce sont les habitants qui sont les propriétaires de la terre.
La guerre contre l’Iran, cette fois-ci, peut embraser la région. Pour nous, l’Iran nous a aidés pendant 42, 43 ans et continue de le faire sous le titre de la légitimité de la libération de la terre. Tandis que les Etats-Unis et «Israël», et ceux qui sont avec, aident «Israël» à contraindre notre pays à neutraliser la force du Liban, à semer les graines de la discorde, à gérer la question des déplacés syriens et tous les autres dossiers, y compris celui de la corruption au Liban qui est sous la gestion américano-«israélienne».
Que personne ne nous demande pourquoi nous adoptons cette position. C’est la position du droit. Nous ne serons pas de ceux qui facilitent ces démarches ; nous espérons les freiner et les entraver. Avec la reddition, nous perdons tout, sans limite ; avec la défense, l’espoir reste ouvert à de nombreuses possibilités. Cet esprit que Dieu Tout-Puissant nous a donné ne se séparera pas de nos corps sauf si dieu le veut. Il est entre les mains de son Créateur. Ne nous menacez pas de mort : la mort n’est pas entre vos mains, elle est entre les mains de Dieu. Mais la dignité et la fierté sont entre nos mains, et nous n’y renoncerons pas, car, pour nous, c’est une responsabilité.
Je salue la République islamique d’Iran, et je dis à tout le peuple iranien : vous êtes le joyau de la couronne. Nous sommes avec vous et vous êtes avec nous. Toutes les salutations à notre Guide et à notre Wali al-fakih. Et, si Dieu le veut, ô notre Imam Khamenei, nous serons toujours avec vous. Nous demandons à Dieu de vous accorder le succès pour remettre l’étendard directement au Maître du Temps. Que la paix, la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions soient avec vous.
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