Syrie: Les USA et «Israël» conviennent de retirer des matières nucléaires d’une installation secrète
Par AlAhed avec agences
Des responsables américains et «israéliens» ont révélé que Washington et «Tel Aviv» étaient parvenus à un accord avec le gouvernement de Damas pour retirer des matières nucléaires d'un site secret en Syrie. Le gouvernement syrien a confirmé mardi avoir coopéré avec l’AIEA, Washington et plusieurs «pays amis» sur ce dossier.
Selon l'agence de presse Axios, le 10 août, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sera autorisée à accéder à une installation connue sous le nom de «Site 99» pour récupérer des matériaux décrits comme des vestiges du réacteur syrien d'Al-Kibar, qui a été bombardé par «Israël» en 2007.
Les discussions se seraient déroulées dans la plus grande confidentialité pendant plus d’un an. Selon un responsable «israélien» cité par Axios, «Israël» avait clairement indiqué qu’il n’accepterait pas que des matières nucléaires demeurent sur place. Un responsable américain cité par Axios a affirmé que très peu de personnes à Washington, «Tel Aviv» et Damas avaient connaissance de ces discussions. Il a également décrit le nouveau gouvernement syrien comme un «bon partenaire» dans ce dossier.
Le site 99 renferme du « yellowcake », une poudre d'uranium concentrée pouvant être transformée en combustible nucléaire. Bien que ce matériau ne puisse être utilisé directement pour fabriquer une bombe atomique, sa dispersion par des explosifs conventionnels présente un risque de contamination radioactive, selon le mécanisme communément appelé «bombe sale».
Après la chute du régime Assad, l’AIEA avait conclu un accord avec les nouvelles autorités syriennes afin d’inspecter Al-Kibar ainsi que plusieurs autres installations soupçonnées d’avoir appartenu au programme nucléaire clandestin du pays.
L’administration Trump et l’AIEA auraient accéléré les négociations afin de sécuriser les matières présentes et d’éviter une confrontation impliquant «Israël», la Syrie et potentiellement la Turquie.
«Israël» a bombardé les entrées du site peu après la prise de Damas par la coalition de groupes rebelles soutenue par les États-Unis en décembre 2024, qui a renversé le président syrien Bachar el-Assad. Un responsable «israélien» a déclaré à Axios que «Tel-Aviv» avait menacé de bombarder à nouveau le site si les matières nucléaires n'étaient pas retirées ou si des signes indiquaient que la Syrie tentait d'y accéder.
Le président syrien Ahmed al-Charaa, qui figurait autrefois sur la liste des personnes recherchées par les États-Unis, s'efforce d'améliorer les relations avec l'Occident et d'attirer l'aide étrangère à la Syrie, pays ravagé par la guerre depuis 2011. Le mois dernier, il a annoncé qu'il négociait un «accord de sécurité» avec «Israël», qui occupe des parties du sud-ouest de la Syrie depuis 2024 et a étendu sa présence au-delà du plateau du Golan, qu'il contrôle depuis 1967.
Le gouvernement d'Al-Charaa a également cherché à normaliser ses relations avec la Russie, pays qui avait auparavant apporté un soutien militaire à Assad. Plus tôt ce mois-ci, Moscou et Damas ont convenu de transformer la base aérienne russe de Khmeimim et la base navale de Tartous en centres d'entraînement conjoints. Cet accord permet à la Russie de maintenir une présence militaire en Syrie après la chute du régime d'Assad.
