Le chef du «Mossad» et le ministre syrien des AE ont discuté des déploiements turcs avant les frappes «israéliennes», selon Reuters
Par AlAhed avec agences
Le chef des services secrets «israéliens» du «Mossad», Roman Gofman, s’est entretenu par téléphone avec le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad al-Shaibani, la semaine dernière. Au cours de cet entretien, ils ont discuté de la présence militaire turque en Syrie, ont indiqué à Reuters trois personnes proches du dossier.
Cet entretien, qui aurait eu lieu le 14 août selon ces sources, s’est déroulé quelques jours avant qu’«Israël» ne lance, mardi, des frappes aériennes contre une base aérienne militaire syrienne située dans le nord du pays.
Il s’agit de l’un des contacts au plus haut niveau entre «Israël» et le nouveau gouvernement syrien depuis la chute du président Bachar al-Assad au mois de décembre 2014.
Dans ce contexte, le «Premier ministre israélien», Benjamin Netanyahu, a déclaré lors d'une interview dans un «podcast», réalisée avec un média «israélien»: «Nous ne tolérerons pas la présence d'une force militaire turque en Syrie qui menace Israël».
Il a ajouté, en ce qui pourrait être un clin d'œil à la conversation entre Gourfman et Chaibani : «Nous avons clarifié le message : ne le faites pas».
Lorsqu'on lui a demandé s'il croyait que le message «israélien» avait atteint le côté syrien, Netanyahu a répondu par l'affirmative, mais a ajouté : «Il semble qu'ils n'ont pas bien compris le message, donc nous avons veillé à le leur clarifier davantage».
Cela intervient alors que l'armée «israélienne» a mené, hier mardi, des frappes sur l'aéroport militaire d'Abou Dhuhur dans la province d'Idlib, causant des dommages matériels à ses infrastructures, tandis que les forces «israéliennes» ont bombardé le même jour la région de la vallée du village d'Abdine dans la campagne de Deraa occidentale.
Plus tôt, mercredi, le chef d'état-major de l'armée «israélienne», Eyal Zamir, lors de son incursion en territoire syrien, a déclaré que son armée ne permettra pas à des «forces hostiles» de s'installer à la frontière d'«Israël».
«Nous travaillons dans une réalité à fronts multiples, où les défis évoluent et sont constamment en changement, et le front syrien en fait partie, et nous saurons comment utiliser notre puissance avec précision là où et quand cela sera nécessaire», a-t-il ajouté.
L'invasion de Zamir intervient également dans un contexte de tensions qui a suivi le bombardement d'Abou Dhuhur, et des accusations régionales contre «Israël» d'élargir ses opérations en Syrie.
La Turquie a rejeté les allégations «israéliennes» concernant une présence militaire turque à l'aéroport, accusant le «Premier ministre israélien», Benjamin Netanyahu, de tenter de légitimer les frappes et de poursuivre des politiques «expansionnistes et déstabilisantes» avant les élections.
Le 26 juillet dernier, le président syrien, Ahmad al-Shara, a déclaré que Damas travaille, avec la participation de parties internationales, à un «accord de sécurité» avec «Israël», estimant que son succès pourrait préparer le terrain pour une «paix globale», tout en affirmant qu'il ne renoncerait pas au droit de la Syrie sur le Golan occupé.
«Israël» a élargi sa présence militaire sur le territoire syrien après la chute du régime de Bachar al-Assad fin 2024, annonçant l'effondrement de l'accord de séparation des forces de 1974, avant d'occuper la zone tampon et d'autres sites, y compris le côté syrien du Jabal al-Cheikh (mont Hermon).
