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Liban-Sud: Des drones de surveillance nocturne… le terrain contrôlé par la Résistance, l’ennemi s’enlise

Liban-Sud: Des drones de surveillance nocturne… le terrain contrôlé par la Résistance, l’ennemi s’enlise
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Par Mostafa Awada*

Face à l’évolution rapide de la situation sur le front sud et aux nouvelles règles de jeu imposées par la Résistance, qui ont bouleversé les calculs de l’occupation «israélienne», les drones d’attaque équipés de caméras thermiques de vision nocturne se sont imposés comme un élément central de la supériorité opérationnelle sur le terrain.

Ces drones ne sont plus seulement un outil offensif classique : ils se sont transformés en instruments de reconnaissance et de ciblage précis, participant ainsi à un changement des règles d’engagement. Ils privent l’occupation d’un de ses atouts tactiques les plus importants : la liberté de mouvement et la capacité à manœuvrer efficacement la nuit.

Dans ce contexte, le général à la retraite Ali Abi Raad, expert en affaires militaires, a confirmé dans une interview accordée à Al-Ahed que la Résistance a accompli une avancée majeure ces derniers mois, à la fois sur le plan technologique et sur le plan opérationnel. Selon lui, cette évolution a eu un impact direct sur les performances des forces d’occupation et sur leur aptitude à atteindre leurs objectifs sur le terrain. Le principal dilemme auquel est confrontée l’armée d’occupation, d’après l’expert, réside dans la capacité de la Résistance à opérer et à cibler avec précision des points fixes comme des cibles mobiles au moyen de drones. Il souligne que cela constitue une menace stratégique réelle pour l’armée «israélienne».

Abi Raad explique qu’après que les véhicules blindés et les engins lourds ont largement perdu de leur efficacité face à ce type d’arme, les chars, les véhicules blindés de transport de troupes et les formations militaires sont devenus des cibles vulnérables, susceptibles d’être atteintes et frappées avec une grande précision. En parallèle, il estime que les systèmes «israéliens» de défense aérienne et de surveillance semblent incapables de détecter ou de contrer ces drones de manière efficace.

Il ajoute que la Résistance ne s’est pas limitée à frapper les forces terrestres : elle est aussi parvenue à mener des attaques directes contre les systèmes de défense aérienne «israéliens», notamment des batteries du Dôme de fer, ce qui a accru les difficultés rencontrées par l’armée israélienne. Il affirme également que la supériorité technologique «israélienne», autrefois perçue comme absolue, s’est nettement érodée sous l’effet des tactiques adoptées par la Résistance et de sa capacité à développer des armes à la fois peu coûteuses et à fort impact.

Le changement le plus significatif, poursuit l’expert, a été l’introduction de caméras thermiques de vision nocturne sur les drones d’attaque. Cette évolution fait entrer la guerre dans une nouvelle phase. Il explique que l’occupation se reposait principalement sur des mouvements nocturnes afin de réduire les risques d’être repérée et ciblée, puisque ses déplacements diurnes étaient exposés à la Résistance. Or, grâce aux caméras thermiques, cet avantage a été considérablement réduit, créant au contraire des conditions favorables aux capacités de reconnaissance de la Résistance de nuit.

Abi Raad souligne qu’il existe une différence fondamentale entre les caméras de vision nocturne traditionnelles et les caméras thermiques utilisées aujourd’hui. Les premières captent la lumière naturelle provenant de la lune ou des étoiles, puis l’amplifient pour produire une image exploitable, ce qui exige un minimum d’éclairage. Les secondes, en revanche, reposent sur un principe totalement différent : elles captent le rayonnement thermique émis par les objets et le convertissent en images numériques, leur permettant de fonctionner même dans l’obscurité totale, sans aucune source de lumière externe.

L’expert met aussi en avant la technologie d’imagerie thermique FLIR, capable de détecter des cibles humaines et des véhicules militaires en analysant les différences thermiques entre ces derniers et leur environnement. Elle peut également traverser la fumée, le brouillard et la poussière, révélant ainsi des cibles camouflées ou dissimulées dans les forêts et sur le terrain. D’après lui, cette capacité a rendu la présence des forces israéliennes au Liban-Sud plus complexe et plus dangereuse, puisqu’elle leur enlève la possibilité de se dissimuler ou d’exploiter le relief pour réduire leur vulnérabilité.

Abi Raad affirme que l’intégration de cette technologie dans le champ de bataille a transformé la présence de l’occupation au sud en une sorte de «siège tactique», où toute tentative d’établir des positions fortifiées ou avancées devient une opération extrêmement coûteuse et risquée. La Résistance peut désormais surveiller de vastes zones et cibler les mouvements avec précision, de sorte que toute position israélienne fixe représente, potentiellement, une cible à tout moment.

Il indique que les images vidéo récemment diffusées par les médias militaires de la Résistance confirment l’ampleur du basculement dans l’équilibre des forces sur le terrain. Elles démontrent une capacité claire à surveiller et à cibler les soldats israéliens en mouvement. Ces images auraient également révélé des emplacements et des points de déploiement que l’occupation considérait hors de portée de la surveillance. Pour l’expert, ces contenus ne relèvent pas uniquement de la dimension médiatique ou propagandiste : ils reflètent aussi un niveau avancé de renseignement et de contrôle du terrain désormais disponible pour la Résistance.

Il souligne que les aveux formulés par les dirigeants de l’occupation et par des responsables militaires au sujet de la difficulté à gérer ces drones témoignent clairement de la gravité de la crise à laquelle fait face l’armée «israélienne». Après des décennies de discours sur la supériorité technologique «israélienne», l’occupation se trouve désormais confrontée à une menace relativement peu coûteuse, mais hautement efficace, alors même que les responsables militaires admettent qu’il n’existe pas de solution décisive ou définitive à ce dilemme.

L’expert ajoute que les forces d’occupation ont déployé un large éventail de mesures pour tenter d’atténuer la menace posée par les drones. Parmi celles-ci : le déploiement de centaines de milliers de mètres de filets de protection, l’utilisation de la surveillance visuelle et acoustique, le développement de systèmes radar mobiles, l’emploi d’écrans de fumée, ainsi que l’étude de systèmes reposant sur l’intelligence artificielle et l’usage d’armes à micro-ondes de haute énergie. Selon Abi Raad, jusqu’à présent, aucune de ces mesures n’a permis d’assurer une protection efficace ni de modifier durablement la situation sur le terrain.

Il estime enfin que l’impact psychologique des drones est tout aussi important que leur impact militaire. Ils contraignent les soldats de l’occupation à réduire leurs déplacements et à vivre dans un état d’alerte permanent, sachant que le moindre mouvement ou déploiement pourrait les rendre vulnérables.

L’expert souligne que cette réalité s’est reflétée dans les plans opérationnels israéliens : l’armée ennemie a dû réduire ses forces engagées sur le front libanais et retirer certaines formations impliquées dans des opérations terrestres. Abi Raad affirme également que la Résistance est parvenue à imposer un modèle avancé de guerre d’usure, fondé sur une puissance de feu précise et décentralisée, répartie sur plusieurs secteurs du front. Ce dispositif empêche l’occupation de réaliser une percée décisive ou d’établir une tête de pont permanente sur le territoire libanais.

Il estime par ailleurs que la nature des opérations menées par la Résistance ces derniers mois traduit un recours accru à des tactiques de guérilla et à une défense flexible, des méthodes qui se sont avérées efficaces face à une armée bénéficiant d’une supériorité aérienne et technologique significative. Selon lui, les événements actuels confirment le passage progressif de l’occupation d’une posture offensive à une posture défensive : une grande partie de l’effort militaire serait désormais consacrée à la protection des forces, à la sécurisation du retrait et à la réduction des pertes, plutôt qu’à la réalisation de nouveaux objectifs sur le terrain.

Il note également que l’armée de l’air «israélienne» est de plus en plus sollicitée pour couvrir et sécuriser les mouvements des forces terrestres lors des phases de retrait ou lorsqu’elles sont prises en embuscade par la Résistance, ce qui traduirait un changement clair dans la mission qui lui est assignée. Abi Raad conclut en soulignant que le succès des drones d’attaque ne dépend pas uniquement de la technologie employée, mais aussi de l’expertise humaine des opérateurs et de ceux qui les utilisent et les gèrent. Ces systèmes exigent des équipes capables de maintenir une forte concentration, d’agir avec une réactivité immédiate et de prendre des décisions rapides sous pression, en plus d’une expertise technique et militaire approfondie.

Il conclut que les progrès réalisés par la Résistance dans ce domaine constituent une avancée majeure, susceptible d’avoir un impact durable sur la nature de la guerre asymétrique, en bouleversant des équilibres que l’occupation considérait, jusqu’à récemment, comme acquis.

*Traduit de l’arabe ( original )

 

 

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