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Comment la Résistance a-t-elle empêché l’ennemi de réaliser les mêmes exploits qu’avec les armées arabes régulières ?

Comment la Résistance a-t-elle empêché l’ennemi de réaliser les mêmes exploits qu’avec les armées arabes régulières ?
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Par Ihab Shawqi*

L'échec sioniste est devenu une constante dans chaque confrontation avec la Résistance libanaise, depuis la création de la Résistance islamique et son exploit dans la libération du Liban en 2000, en passant par ses tentatives répétées déjouées en 2006, jusqu'à ses tentatives actuelles suite au Déluge d'Al-Aqsa lors de la bataille d’Ouli al-Baas (Bataille des Vaillants), et plus récemment lors de la bataille de Al-Aassef al-Ma’koul (Paille Mâchée).

Ainsi, la Résistance libanaise s’est transformée en un dilemme stratégique pour l'establishment militaire de l'entité sioniste, notamment lors d’une comparaison avec les effectifs les équipement des armées arabes que les sionistes ont vaincues en quelques jours, leur permettant d'occuper Gaza, la Cisjordanie, le Sinaï et le Golan, malgré la supériorité en matière de nombre des armées arabes et l'existence d'un climat arabe officiel et populaire de soutien et de consensus sur la guerre.

Malgré les crimes de guerre perpétrés sans relâche par l'ennemi, ses actions impunies en l'absence de droit international et de commandement américain global de l'agression, et malgré le siège imposé à la Résistance et la trahison interne qu’elle subit par les autorités et par ses adversaires locaux, cet ennemi n'a jamais réussi à obtenir le moindre gain, à occuper le territoire ni à atteindre aucun de ses objectifs déclarés.

Nous examinerons ce phénomène remarquable de lutte, la persévérance de la Résistance et de ses partisans et milieu populaire, la manière dont ils ont déjoué les plans de l'ennemi et comment ils ont accompli ce que les armées régulières n'ont pas réussi à faire. Nous pouvons approfondir ce sujet sous les rubriques suivantes :

1- Une approche stratégique pour comprendre les plans de l'ennemi et de ses assistants 

Les caractéristiques d'une doctrine criminelle demeurent inhérentes aux stratégies de l'armée régulière sioniste, du fait de sa formation à partir de milices terroristes. Elle a systématiquement outrepassé ses objectifs militaires et ciblé délibérément les civils afin de créer un climat de terreur, en plus de sa supériorité technologique.

De plus, les puissances coloniales soutenant l'entité sioniste se sont attachées, d'une part, à couvrir politiquement et juridiquement ses crimes et, d'autre part, à garantir sa supériorité technologique, notamment dans son aviation, la considérant comme une entité opérationnelle constituant une base avancée pour leurs intérêts coloniaux.

Ainsi, les guerres de l'ennemi reposent sur sa capacité à déplacer les combats en territoire ennemi. Sa supériorité et ses crimes impunis se fondent sur l'expansion et la colonisation. Cet ennemi a pu vaincre des armées régulières bien plus nombreuses grâce à sa puissance de feu et à un minimum d’engagements terrestres directs. Cependant, face à des mouvements de résistance qui n'utilisent ni avions ni chars, et qui se caractérisent par leur agilité, leur rapidité de manœuvre et leurs armes non conventionnelles, la supériorité aérienne et technologique peut être neutralisée, et c'est là que l'importance de la guerre asymétrique, à laquelle les armées régulières sont confrontées aussi bien en attaque qu'en défense, devient évidente.

2- Une comparaison historique frappante 

Il convient d’établir une comparaison entre la position impuissante de l’ennemi à la frontière libanaise pendant deux mois, malgré un renforcement massif de ses troupes, et ses batailles contre les armées régulières, au cours desquelles il a atteint ses objectifs en quelques jours, voire quelques heures sur certains fronts.

L’exemple le plus clair est sans doute la guerre de 1967, lors de l’occupation de Gaza, de la Cisjordanie, d’Al-Qods-Est et du plateau du Golan. Cette guerre a consacré une situation tragique renforçant les ambitions de l’ennemi pour le projet du «Grand Israël», qu’il tente actuellement de mettre en œuvre. Seuls l’axe et les fronts de résistance font obstacle à sa réalisation.

L’invasion de Gaza et du Sinaï en 1967 

Les forces égyptiennes stationnées dans le Sinaï comptaient 100 000 soldats répartis en sept divisions. Elles disposaient de 900 à 950 chars, 1 100 véhicules blindés de transport de troupes et 1 000 pièces d’artillerie. Les forces «israéliennes» massées près de la frontière égyptienne comprenaient six brigades blindées, une brigade d'infanterie, une brigade mécanisée et trois brigades de parachutistes, soit un total de 70 000 hommes et environ 700 chars, répartis en trois divisions blindées.

L'armée israélienne parvint à s'emparer de la totalité de la bande de Gaza en seulement deux jours. De là, elle progressa vers El-Arish, qui tomba le même jour. Simultanément, les généraux de brigade Abraham Yoffe et Ariel Sharon pénétrèrent dans le Sinaï par le sud. Les combats se poursuivirent pendant trois jours et le Sinaï tomba entre le 6 et le 7 juin, moins de trois jours après le début de la bataille.

L'occupation de la Cisjordanie

Les forces armées jordaniennes comptaient 11 brigades, soit 55 000 soldats, et étaient équipées d'environ 300 chars modernes de type occidental. En comparaison, les forces «israéliennes» en Cisjordanie alignaient 40 000 soldats et 200 chars, répartis en huit brigades.

Le 6 juin, les unités de l'armée «israélienne» pénétrèrent rapidement en Cisjordanie. Le 7 juin, l'armée israélienne occupait Ramallah. Moshe Dayan ordonna à ses troupes d'entrer dans Al-Qods-Est, où elles s'emparèrent du mont des Oliviers, de la mosquée Al-Aqsa et du Mur occidental. Simultanément, l'armée israélienne prit le contrôle d'al-Khalil (Hébron) sans rencontrer de résistance. Le même jour, elle atteignit le Jourdain et ferma les dix ponts reliant la Cisjordanie au reste du pays. Suite au retrait des forces irakiennes, Jéricho fut prise et l'occupation s'accomplit le 7 juin.

La chute du Golan 

L'attaque sioniste débuta à l'aube du 9 juin. Les «Israéliens» s'attendaient à ce que l'attaque soit coûteuse en vies humaines et en matériel, compte tenu de la configuration géographique du Golan. L'armée syrienne déployée sur le plateau comptait neuf brigades, soit 75 000 combattants, appuyées par une artillerie et des blindés. Les forces israéliennes, quant à elles, se composaient de deux brigades de combat et de deux brigades d'infanterie, soit moins de 15 000 soldats. Le lendemain, le 10 juin, les «Israéliens» encerclèrent le plateau et les forces syriennes se retirèrent. Qoneitra, la capitale du Golan, tomba ensuite et de nouvelles unités arrivèrent en Israël. Elles s'arrêtèrent sur une chaîne de collines volcaniques, considérée comme un point stratégique, où un cessez-le-feu fut accepté.

Opération Al-Assef al-Ma’koul et la Résistance au Liban

L'opération baptisée Al-Assef al-Ma’koul, lancée par le Hezbollah au Liban en mars 2016, a été déclenchée après 15 mois de violations quotidiennes du cessez-le-feu et l'incapacité de l'État à dissuader l'ennemi, suite à des crimes perpétrés par l’ennemi dans la banlieue sud de Beyrouth.

L'ennemi a annoncé son intention de mener une guerre terrestre pour créer une zone tampon en occupant des villages du Liban-Sud jusqu'au fleuve Litani, et qu'il désarmerait lui-même la Résistance. Pour ce faire, l'armée «israélienne» aurait déployé cinq divisions de combat complètes, avec plus de 70 000 soldats stationnés à la frontière. Le Wall Street Journal a récemment cité des sources sécuritaires israéliennes affirmant que l'armée israélienne avait massé environ 100 000 soldats à la frontière libanaise. Malgré le déploiement de forces supérieures à celles déployées pour l'occupation de Gaza, du Sinaï et de la Cisjordanie réunies, et plus de cinq fois supérieures à celles déployées pour l'occupation du Golan, l'ennemi n'est pas parvenu à occuper ni à contrôler un seul village du Sud du Liban. Elle ne parvint à établir des positions que dans des villages le long de la ligne de front, se concentrant plutôt sur le bombardement des villages et la démolition des maisons. Ses opérations se limitèrent aux zones environnantes, aux forêts et aux espaces ouverts, par crainte de s'engager dans une guerre d'usure au cœur des ruelles et des villages libanais.

La Force Al-Radwan et les combattants du Hezbollah repoussèrent les incursions, attirant l'ennemi dans des embuscades soigneusement préparées. La surprise représentée par les drones d’attaque et leur efficacité, qui semèrent la terreur chez l'ennemi et l'empêchèrent de s'implanter durablement dans les positions limitées qu'il avait établies, fut également démontrée. De plus, les missiles de la Résistance visaient le nord et le cœur de l'entité sioniste, renforçant ainsi la stratégie du déplacement en contrepartie du déplacement.

3- La lucidité iranienne et le secret de la supériorité de la République islamique :

L'Iran a tiré les leçons de l'histoire et des stratégies coloniales en s'assurant une supériorité technologique dans le domaine des armes conventionnelles, notamment son armée de l'air. La République islamique a aussi compris comment ces forces coloniales assiègent les puissances anticoloniales afin de les empêcher d'acquérir un avantage en matière d’arsenaux. L'Iran a ainsi créé un modèle alternatif fondé sur la guerre d'usure, le développement de tactiques de guerre asymétrique et la priorité donnée aux missiles et aux drones plutôt qu'aux avions furtifs et aux bombardiers lourds. Il a su exploiter efficacement sa situation géographique et ses ressources, résistant avec succès à la plus grande puissance mondiale et instaurant un équilibre de dissuasion et de terreur.

L'Iran est parvenu à ce résultat grâce à une planification stratégique rigoureuse. En conclusion : les succès de la Résistance offrent aux régimes, soucieux de leur souveraineté, la possibilité de revoir leurs options et leurs stratégies de défense, et de s’inspirer des mouvements de résistance. Ces mouvements se distinguent par leur flexibilité, leur recours aux méthodes de guerre asymétrique et leur doctrine solide, ce que les armées régulières, malgré leurs budgets exorbitants, n’ont pas su faire. Cette supériorité de l’armée de guerre sioniste, chère au colonialisme mondial, a été bien assimilée par la doctrine militaire iranienne qui s’appuie sur le modèle de la résistance et de la guerre asymétrique pour contourner le siège et le modèle imposé par le colonialisme, visant à garantir la supériorité des armées régulières de son camp.

*Traduit de l'arabe ( original )

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