Liban: Le message livré par les raids de l’ennemi
Par Mohammad Raad, chef du groupe parlementaire «Fidélité à la Résistance»
Les frappes aériennes «israéliennes» qui ont visé des immeubles résidentiels et des commerces à Beyrouth, dans sa banlieue et dans la montagne, ainsi que des cibles dans le Sud et la vallée de la Békaa, sont l’action d'un ennemi vaincu, désespéré d'atteindre ses objectifs au Liban.
Ces raids ne témoignent en aucun cas d'une victoire militaire ou d’un indice selon lequel l'ennemi aurait conquis une position stratégique lui permettant d'imposer un fait accompli aux Libanais, les forçant à se soumettre à sa volonté et à céder à son chantage.
Les martyrs, les blessés et les victimes sont tous fils et filles de notre noble peuple. Leur perte, leur douleur et le chagrin de leurs familles certifient les sacrifices des résistants sur le champ de bataille contre un ennemi qui cherche à subjuguer la patrie, à humilier son peuple et à violer sa souveraineté et sa dignité nationale.
Chaque goutte de sang versée pour affronter cet ennemi, rejeter ses desseins et résister à son agression est une condamnation de tout lâche, de tout défaitiste, de tout hypocrite prétendant à l'honneur, au patriotisme ou à la souveraineté, qui recherche la faveur de l'ennemi et se moque de ceux qui donnent leur vie pour repousser son agression.
La libération du territoire ne peut être obtenue sans effort, détermination et lutte. La souveraineté ne peut être établie sans confiance en soi, en le peuple et sans foi en Dieu, et sans refuser les dictats et les directives de ceux qui sont les protecteurs, les amis et les partenaires de l'ennemi.
Déplorer les pertes, les victimes et les destructions subies lors de la confrontation et de la résistance contre un ennemi brutal et criminel – un ennemi qui ne cherche que le mal et la ruine du pays, de ses dirigeants et de ses citoyens – relève de l'incitation gratuite à la haine et de l'instrumentalisation des souffrances des personnes honorables. C'est glorifier et exploiter de manière malveillante et haineuse les crimes et les raids de l'ennemi, qui violent la vie des civils, le droit international, les accords et les normes.
Il est inutile que certains Libanais s'enlisent davantage dans les erreurs qu'ils ont déjà commises contre la souveraineté de leur pays et l'unité de son peuple.
Selon la logique patriotique, on doit cesser de commenter les erreurs de nos concitoyens qui résistent au projet et aux objectifs de l'ennemi. Répandre des rumeurs, créer un climat d'incitation à la haine et prendre des mesures autoritaires qui exacerbent les divisions nationales sont des politiques dénuées de toute logique et de tout sens de l'action nationale.
Et que personne, quelle que soit sa position, ne s'imagine que les «tuteurs» autoproclamés désirent davantage le bien-être et les intérêts supérieurs du pays plus que les honorables résistants qui n'hésitent pas à sacrifier leur sang et leur vie pour la dignité de la nation et des Libanais.
L'ennemi «israélien», par ses raids brutaux sur le Liban – raids nés de la malice, de la haine et de la rage –, a cherché à faire comprendre à son bienfaiteur américain : «Raillons le monde et rejetons la trêve proposée avec l'Iran. Vous l'acceptez, je la refuse ; vous n'avez aucune autorité sur moi. Je suis votre agent privilégié, en droit de vous dicter ma conduite et de vous entraîner dans une guerre pour mes propres intérêts et pour la défense de mon entité.»
Ces raids sionistes brutaux, susceptibles de se répéter, portent ce message : mais ce message atteindra-t-il son but ?
Nous pensons que la voie menant à la fin de la guerre dans la région sert les intérêts communs de l'Iran et des États-Unis. Elle ne peut aboutir au succès escompté avec l'Iran sans un cessez-le-feu israélien au Liban.
La Résistance connaît les faiblesses de l'ennemi sioniste, et l'Iran est pleinement conscient de ses obligations. Il est inutile que certains Libanais s'enlisent davantage dans des erreurs qui ont déjà compromis la souveraineté et l'unité nationale de leur pays.
Ne vous précipitez de glisser dans l’abime qui s’avère beaucoup plus dangereux.
*Article paru dans le quotidien libanais al-Akhbar, traduit par AlAhed
