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Le piège de la guerre: Le dilemme politique de la guerre du Vietnam à Téhéran

Le piège de la guerre: Le dilemme politique de la guerre du Vietnam à Téhéran
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Par Mohammad Hammoud*

Il semble que le spectre politique du président Lyndon B. Johnson ait suivi directement le président Donald Trump jusqu’au Bureau ovale.

En effet, depuis le début de l’agression militaire contre l’Iran en février 2026, la pression sur cette administration s’est intensifiée rapidement. On ne peut ici ignorer l’écho de l’histoire. Johnson vit sa vision intérieure globale engloutie par une guerre à l’autre bout du monde, et les aspirations à une grande société de bien-être furent enterrées sous le poids d’un conflit qu’il ne put maîtriser. Aujourd’hui, Trump fait face à une dynamique inquiétante similaire : une guerre au Moyen‑Orient, qu’un certain nombre de ses partisans n’ont pas soutenue, vient éroder son programme «America First».

À l’approche des élections de mi‑mandat de 2026 et avec l’exacerbation des pressions liées aux «dossiers Epstein», les parallèles entre l’effondrement de Johnson en 1968 et la situation actuelle de Trump laissent entrevoir des électeurs inconstants et changeants.

Baisse de la cote de popularité en temps de guerre

On constate un schéma sombre dans la politique américaine : dès qu’un président devient un visage d’une guerre, sa popularité se contracte — les chiffres des sondages chutent et ne remontent pas. Les données de Gallup montrent que Johnson entrait en 1964 avec une cote d’approbation de 79 %. En mars 1968, après des années d’escalade au Vietnam, ce taux s’était effondré à 36 % — une chute brutale qui a surpris même ses plus proches alliés. Un sondage de la Quinnipiac University du 9 mars 2026 montre Trump à 37 % — presque le même creux — avec 57 % désapprouvant ses politiques depuis le début des frappes contre l’Iran. Les deux hommes ont connu un départ solide, protégés par des victoires législatives et un élan économique. La guerre a mis fin à cela pour Johnson, et il semble qu’elle opère de même aujourd’hui.

Fissures internes et déficit de crédibilité

L’effondrement politique commence rarement de l’extérieur — il prend racine à l’intérieur. Pour Johnson, la blessure fut le «fossé de crédibilité» : les Américains ont cessé de croire que ses rapports optimistes reflétaient la réalité sur le terrain au Vietnam. Une fois la confiance perdue, il devient impossible de la retrouver. Trump fait face à sa propre forme de division. Les données de Quinnipiac montrent que 85 % des Républicains soutiennent toujours les frappes contre l’Iran, mais seulement 31 % des indépendants et 7 % des démocrates y sont favorables.

Ce ne sont pas là de simples chiffres en vue des élections de mi‑mandat : un sondage du Emerson College, en février 2026, a montré que les électeurs d’origine latino‑américaine se détournent rapidement, 58 % d’entre eux désapprouvant la gestion présidentielle à mesure que les coûts augmentent et que le conflit se prolonge.

L’ombre de la corruption et l’impunité des élites

Johnson n’a pas pu échapper aux cris des manifestants anti‑guerre. La version trumpienne de ce tumulte est numérique — et non moins insistante. La réouverture de l’enquête sur l’affaire Jeffrey Epstein a ajouté une couche supplémentaire de controverse à une présidence déjà fragilisée.

Un sondage Economist/YouGov de février 2026 montre que 52 % des Américains estiment que le président couvre des crimes liés au financier défunt, et une proportion similaire pense qu’il a été impliqué personnellement. Ce n’est pas une opinion marginale — c’est celle de la majorité du pays. L’Organisation nationale des femmes (National Organization for Women) a déclaré le 10 mars 2026 que les dossiers Epstein seraient «un facteur décisif» pour 60 % des électeurs. Cela révèle quelque chose de plus profond : les électeurs ne sont plus disposés à séparer le comportement privé de la capacité à diriger.

Conséquences électorales et élections de mi‑mandat 2026

Tout cela pointe vers ce que les Républicains redoutent en silence : un «massacre» aux élections de mi‑mandat en novembre. Un sondage du Emerson College indique que les Démocrates mènent de 8 points sur la carte électorale nationale — une marge historique susceptible de renverser les deux chambres du Congrès. Johnson a compris le signal en 1968 et a entrepris un recul. Trump ne montre aucun signe d’emprunter cette voie ; il continue de qualifier cette période de «Âge d’or» alors que le conflit se poursuit. Bloomberg a affirmé sans détour que la guerre «brûle le temps» nécessaire pour tout réajustement économique, laissant le Parti républicain exposé à une base démocrate mobilisée et à des indépendants.

Perspective vers novembre

Si ce conflit n’est pas résolu rapidement, le dommage économique pourrait déjà être en place. Un rapport de The Economist, à la mi‑mars, avertit que les perturbations des chaînes d’approvisionnement en énergie et en engrais pourraient devenir permanentes si aucune solution n’est trouvée avant avril. Pour les Républicains, c’est un scénario cauchemardesque : la stagflation et la hausse des prix du carburant ont une longue histoire de fragilisation de la majorité au pouvoir lors des cycles de mi‑mandat. Plus la guerre dure, plus le fossé politique s’approfondit. À ce stade, la comparaison avec Johnson cesse d’être purement historique pour devenir personnelle. Johnson n’a pas seulement perdu une guerre — il a perdu la confiance du pays et ne l’a jamais retrouvée.

Trump affronte aujourd’hui les mêmes risques, engagé dans un conflit prolongé tandis que le nombre d’électeurs sceptiques augmente. Les guerres ont une fâcheuse tendance à consumer l’optimisme qui les a engendrées — et les électeurs ont une bonne mémoire.

*Article traduit de l’anglais

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