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Le Liban-Sud entre guerre d’usure et redéfinition des règles d’engagement

Le Liban-Sud entre guerre d’usure et redéfinition des règles d’engagement
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Par Mounir Chéhadeh*

Le Sud du Liban n'est plus un champ de bataille traditionnel. Il s'est transformé en une arène ouverte pour une «guerre d'usure intelligente», où l'action militaire s'entremêle aux messages politiques, et la tactique à la guerre psychologique. Ici, l’avancée ne se mesure plus en kilomètres, mais à la capacité de chaque camp à dicter le rythme et à contraindre son adversaire à s'adapter à des règles d'engagement qui se redéfinissent progressivement sous la pression.

Ces derniers mois, la région frontalière a été la scène d’une escalade constante des violences, caractérisée par d'intenses bombardements. Selon les estimations, entre 80. 000 et 100. 000 civils ont été déplacés de leurs villages frontaliers, les zones résidentielles étant régulièrement et directement visées. Plus de 8. 000 logements ont été endommagés, totalement ou partiellement, dont des centaines de maisons entièrement rasées dans les villages situés en première ligne de front.

Au niveau des localités, les données montrent que des dizaines de villages frontaliers ont subi d'importantes destructions. Dans certains petits villages et bourgs, les infrastructures ont été endommagées à hauteur de 60 à 80 %, notamment dans les zones de conflit intense. Des milliers d'hectares de terres agricoles ont également été endommagés par des bombardements directs et des incendies répétés, entraînant des pertes considérables pour les récoltes d'olives et de tabac.

Ce mode de ciblage s'inscrit dans une stratégie plus large fondée sur la destruction systématique des infrastructures et le déplacement des populations. Les bombardements visaient les réseaux d'électricité et d'eau, les routes, et même les infrastructures civiles, créant un milieu invivable, dans le but d'imposer une nouvelle réalité géographique par la pression économique et humanitaire.

En réponse, la Résistance a adopté une tactique de contre-attaque par l'usure, à travers des opérations précises et dispersées ciblant des positions militaires, des véhicules et des postes d'observation. Selon les estimations, des centaines d'opérations ont été menées, aboutissant aux résultats suivants :

Des dizaines de véhicules militaires, dont des chars et des véhicules blindés de transport de troupes, ont été endommagés.

Des postes d'observation et des fortifications frontalières ont également subi des dégâts.

L'armée «israélienne» a subi des dizaines de pertes, morts et blessés, malgré le black-out médiatique.

Cette situation a contraint l'armée israélienne à de fréquents redéploiements et a imposé des contraintes opérationnelles importantes sur l'ensemble du front.

L'un des développements les plus significatifs de cette confrontation a été l'introduction de drones FPV à fibre optique. Cette arme de pointe possède des caractéristiques qui ont changé la donne :

Immunité au brouillage électronique

Précision extrêmement élevée

Capacité à cibler les points faibles des véhicules blindés

L'utilisation de ce type de drone a augmenté le coût des mouvements des troupes au sol et les a contraintes à adopter des tactiques plus prudentes, limitant ainsi leur efficacité offensive.

Parallèlement, les médias militaires de la Résistance ont connu une évolution majeure. Ils ne se contentent plus de relater les événements, mais les documentent méticuleusement à l'aide de drones équipés de caméras qui accompagnent les opérations.

Ainsi, des images ont été enregistrées montrant :

Le moment où les cibles militaires ont été frappées

Le suivi des drones d’attaque

La révélation directe des dégâts

Cette approche a renforcé l’impact psychologique, chaque frappe étant documentée, ce qui a remonté le moral de la scène intérieure et exercé une pression supplémentaire sur le soldat israélien, désormais conscient que ses mouvements sont mis à découvert, notamment après qu’un hélicoptère ayant atterri pour évacuer les morts et les blessés a été pris pour cible. La doctrine de «l’heure d’or» appliquée par l’armée israélienne lors des évacuations médicales a été mise à mal, et une réduction du temps de décollage et d’atterrissage de ces hélicoptères a été annoncée, ce qui affectera également le moral des soldats.

Dimension régionale: Le Sud, un front lié à la confrontation avec l’Iran

Ce qui se passe dans le Sud est indissociable du conflit plus large entre «Israël» et l’Iran. Le front libanais constitue l’un des théâtres de pression indirecte, où l’ennemi cherche à réduire les risques futurs en épuisant ce front, tout en étant perçu comme un élément d’un équilibre de dissuasion régional plus vaste.

Cette interdépendance explique le caractère calculé des opérations : une escalade contrôlée dans certaines limites, sans dégénérer en guerre ouverte, tout en maintenant le front en état d’alerte constant face à tout développement régional majeur.

Malgré l’ampleur des destructions, le facteur décisif demeure la résilience de la population. Les villages bombardés reprennent peu à peu vie et les agriculteurs s’accrochent à leurs terres, témoignant d’une volonté de survivre malgré les lourdes conséquences.

En conclusion, le Sud est actuellement en proie à un état de guerre non déclarée et à une guerre d’usure sans perspective de fin. Entre la destruction systématique et les tentatives d’imposer une nouvelle réalité, et la capacité d’adaptation et de résistance, différentes règles d’engagement émergent.

Une question demeure sans réponse : cette guerre d’usure restera-t-elle maîtrisée ou déclenchera-t-elle un affrontement plus large dans la région ?

Traduit de l'arabe (original)

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