Plus de 150 anciens diplomates européens prennent la défense de Francesca Albanese
Par AlAhed avec agences
Plus de 150 anciens diplomates et responsables politiques européens ont appelé la France à revenir sur ses critiques visant Francesca Albanese, rapporte l’AFP. Dans une lettre ouverte adressée au ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, les signataires dénoncent des propos qu’ils jugent «inexacts» et demandent qu’ils soient rectifiés.
La polémique a éclaté après des déclarations de la rapporteuse spéciale de l’ONU sur les droits des Palestiniens lors d’une conférence organisée par Al Jazeera. Elle y a affirmé que, plutôt que de freiner «Israël», une grande partie de la communauté internationale lui avait apporté un soutien militaire, politique et financier. Évoquant un «ennemi commun» en parlant de l'entité «israélienne», elle a ensuite assuré, dans un entretien à France 24, n’avoir «jamais» qualifié «Israël» d’«ennemi de l’humanité», dénonçant des accusations «totalement fausses».
Ces propos ont suscité de vives réactions en Europe. La France et l’Allemagne ont notamment estimé qu’elle devrait quitter ses fonctions. Le 11 février, Jean-Noël Barrot a déclaré devant le Parlement que son maintien à ce poste n’était plus tenable au regard de ses déclarations.
En réponse, les anciens diplomates, parmi lesquels figurent surtout d’anciens ministres néerlandais ainsi que plusieurs parlementaires européens en exercice et un ancien chef de la diplomatie sud-africain, estiment que la controverse repose sur des éléments «manipulés» destinés à discréditer un mandat indépendant des Nations unies. Ils exhortent Paris à corriger ses déclarations et à recentrer le débat sur la situation à Gaza, évoquant des massacres de civils, une crise humanitaire aiguë et de graves violations des droits humains.
La trajectoire de Francesca Albanese est toutefois jalonnée de controverses antérieures. En 2022, d’anciens messages sur les réseaux sociaux dans lesquels elle évoquait un «lobby juif» contrôlant les États-Unis avaient déjà suscité des accusations d’antisémitisme, qu’elle avait rejetées. Depuis la guerre «israélienne» à Gaza en octobre 2024, ses prises de position ont encore intensifié les critiques. Elle a notamment accusé «Israël» de génocide.
Récemment, l’administration du président américain Donald Trump a annoncé des sanctions à son encontre après qu’elle a mis en cause des entreprises américaines pour leur rôle présumé dans des violations des droits humains à Gaza et en Cisjordanie occupée.
Les rapporteurs spéciaux sont mandatés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, basé à Genève, mais exercent leurs fonctions de manière indépendante. S’il n’existe aucun précédent de révocation en cours de mandat, une telle procédure pourrait théoriquement être proposée par un État membre, une hypothèse jugée peu probable au regard des équilibres actuels au sein de l’instance.
