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«Nous poursuivrons le chemin»… Quel projet national stratégique pour la Résistance !?

«Nous poursuivrons le chemin»… Quel projet national stratégique pour la Résistance !?
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Par Mohammad al-Husseini*

Le slogan «Nous poursuivrons le chemin», relatif à la commémoration des leaders martyrs cette année, invite à une lecture générale du projet de la Résistance au Liban, à partir de perspectives stratégiques qui ne se limitent pas aux choix militaires mais vont au-delà, en offrant une vision globale du Liban d’un point de vue strictement national. Cela nécessite une approche qui combine l'histoire, la géographie politique et la réalité sociologique du Liban.

Depuis 1982 jusqu'à présent, le projet de résistance est passé d'une «situation militaire exceptionnelle» à un «élément structurel» de l'État et de la société libanaise. Cette lecture peut être subdivisée en plusieurs thèmes principaux, les plus importants étant :

1-L'évolution stratégique de la libération à la dissuasion puis à la protection nationale ; ce thème peut être divisé en plusieurs étapes clés qui ont contribué à façonner la conscience nationale :

Premièrement : La phase de lancement et de libération (1982 - 2000) : L'objectif principal de la Résistance durant cette phase était de mettre fin à l'occupation israélienne qui avait atteint la capitale, Beyrouth. Pour cela, des combats acharnés ont été menés, remportant des victoires, notamment lors des agressions de 1993 et 1996, établissant ainsi une équation de force et imposant un accord écrit avec l'ennemi pour garantir la sécurité du Sud et du Liban en général. La Résistance a réussi à imposer le premier retrait «israélien» d'un territoire arabe sans condition ni «accord de paix», rétablissant ainsi la souveraineté du Liban sur la plupart de ses terres, à l'exception des fermes de Chebaa et des hauteurs de Kfarshouba. Ce qui a été réalisé était un objectif national par excellence, dont a bénéficié l'État et le gouvernement pour reconcevoir le système loin des pressions politiques et militaires imposées par l'occupation et les grandes puissances coloniales.

Deuxièmement : La phase de l'équilibre et de la dissuasion (2000 - 2006) : La Résistance a développé son projet stratégique, passant de la «libération de la terre» à «la protection de l'État». La victoire historique de la Résistance lors de l'agression de juillet 2006 a établi une équation de dissuasion qui a empêché l'occupation de poursuivre ses agressions et ses invasions terrestres massives, caractéristiques des années soixante-dix et quatre-vingt. Ce succès a permis d'imposer une certaine stabilité interne sur les plans sécuritaire et militaire, laquelle a duré pendant 18 ans. Pendant cette période, l'armée libanaise a pu se déployer jusqu'aux frontières avec la Palestine occupée, se retrouvant face à face avec les soldats de l'ennemi sur le territoire palestinien occupé.

Troisièmement : La phase d'intégration régionale et de protection des richesses nationales (2006 et au-delà): La Résistance a offert ses réalisations à l'État libanais comme un élément de force pour exercer sa souveraineté sur ses ressources naturelles. Elle a mis son armement au service de la protection des richesses nationales maritimes (gaz et pétrole) ainsi que pour le tracé des frontières, faisant de son arsenal une «force de négociation» derrière l'État. Cela a empêché l'ennemi de poursuivre son empiétement sur les terres libanaises et l'a contraint à respecter une ligne de délimitation précise sur terre et en mer, garantissant la préservation des ressources stratégiques libanaises.

2-La résistance est un élément essentiel dans la construction de l'identité défensive nationale. En dépit des divergences que tentent de promouvoir les adversaires de la Résistance pour discréditer l'option militaire et promouvoir une alternative diplomatique qui n'a apporté au Liban que davantage de perte de souveraineté et de concessions face aux Américains et aux «Israéliens», la Résistance a ancré un ensemble de principes nationaux qui ont assuré au Liban une plus grande indépendance et résilience. Parmi les plus importants :

Briser le dicton «La force du Liban est dans sa faiblesse», dont les partisans ont adopté une approche conciliante avec l'occupation et ont tenté de la promouvoir pour justifier la défaite et la capitulation. Cette expression a été remplacée par le principe «La force du Liban réside dans sa résistance et sa capacité à affronter». Ce principe s'est intégré dans le cadre du projet national stratégique sur lequel s'accordent les Libanais, en croyant en leur capacité à triompher et à surmonter le complexe de la défaite.

L'intégration dans l'entité de l'État : Deux points clés se démarquent dans ce contexte. Le premier est de faire échouer les tentatives visant à représenter le Hezbollah et la Résistance comme étant en dehors du tissu national, ce qui est contraire à la réalité et va à l'encontre des faits politiques et des moments historiques, notamment après l'Accord de Taëf, où le Hezbollah s'est engagé dans la concertation parlementaire en 1992 et dans l'action gouvernementale en 2005, prouvant sa présence populaire, sociale et institutionnelle sur l'ensemble du territoire national. Le second point est d'éliminer le débat interne artificiel autour des armes de la Résistance. L'usage de cette arme est uniquement dirigé contre l'occupant sioniste, qui a toujours menacé le Liban. L'élément le plus crucial dans ce cadre est la coordination permanente et de haut niveau avec l'armée libanaise, tant au niveau de son commandement que de ses formations, ce qui a consacré l'équation «Armée, Peuple et Résistance», devenue une réalité sur le terrain qui a également protégé le Liban des dangers de l'extrémisme terroriste à la frontière est, où les armes de la Résistance et de l'armée se sont unies lors de la bataille de libération des Jurds.

3-Les sacrifices humains et matériels : On ne peut ignorer les coûts élevés et considérables que la Résistance et son milieu populaire ont payés, qui se manifestent sous plusieurs dimensions, les plus importantes étant :

La structure politique et militaire de la Résistance: Peut-être que le plus grand de ces sacrifices se manifeste dans le martyre d'un grand nombre de leaders et de cadres travaillant au sein du Hezbollah et de la Résistance dans tous les domaines, politique, médiatique, militaire, médical, social, particulièrement lors de la guerre de septembre 2024, notamment avec le martyre du maitre des martyrs de la Nation, sayyed Hassan Nasrallah, et de sayyed Hashem Safieddine.

Cependant, cette tendance au sacrifice n'est pas étrangère à la Résistance depuis le début du conflit avec l'ennemi sioniste, car le Hezbollah a toujours offert ses dirigeants, cadres et combattants en martyrs sur l'autel de la cause nationale. Sinon, la Résistance n'aurait pas pu réaliser de grands exploits ni façonner des équations. Les faits historiques sur le terrain en témoignent, et peut-être le fait le plus important a été d'empêcher l'ennemi de faire des invasions terrestres lors de la guerre de septembre 2024, malgré le déploiement de plus de 75 000 soldats et sa supériorité maritime, aérienne, spatiale et militaire, empêchant ainsi l'ennemi d'atteindre son objectif de détruire la résistance.

Le milieu populaire de la Résistance

L'environnement de la Résistance, en particulier dans le Sud, la banlieue sud et la Bekaa, a subi un lourd fardeau à cause de la perte de dirigeants et de jeunes, ce qui représente une saignée de la force humaine libanaise, ainsi que le déplacement et la destruction causés par les offensives et les agressions «israéliennes» répétées. Cela a conduit à d'énormes pressions psychologiques, économiques et sociales sur la Résistance et son environnement. Cependant, la patience et la résilience de cet environnement ont contrecarré toutes les tentatives de transformer les pertes en propagande de défaite et de capitulation. On ne peut classer sa position sur le plan de la vision nationale qu'en tant que tribut payé pour la dignité par la Résistance et son peuple, ainsi que par ceux qui croient en elle, afin que la patrie reste digne, souveraine et capable. Tous ces martyrs, blessés et prisonniers libanais sont enracinés dans le patriotisme.

4.Le défi existentiel

Le projet stratégique national de la Résistance a réussi à transformer le Liban d'un terrain vulnérable en un acteur régional actif, et non simplement un chiffre dans les équations régionales et internationales. Cela nécessite l'institutionnalisation de cette force dans le cadre d'une stratégie de défense nationale complète qui garantit la protection du Liban, permettant à l'État de bénéficier des capacités de la Résistance tout en renforçant son indépendance et sa souveraineté. Le projet de résistance n'est pas en opposition à celui de l'État, mais les deux se complètent mutuellement. La solution ne réside pas dans le désarmement de la Résistance, mais en y investissant pour soutenir l'armée et les forces de sécurité officielles en cas d'agression externe contre le Liban (cette proposition a été discutée lors de la conférence de dialogue nationale en 2012). Il n'y a donc aucune contradiction mais une complémentarité des missions et une répartition des rôles, et il serait plus judicieux d'armer cette Résistance de manière plus efficace parallèlement à l'armée, surtout que le «veto» américain empêche la construction d'une armée forte capable de faire face à l'agression et de contrecarrer les objectifs expansionnistes israéliens, protégeant ainsi le Liban d'attaques contre ses institutions officielles en cas de guerre.

Quant à la question de la guerre et de la paix, elle est hors de tout débat. La guerre est de toute façon imposée tant que l'ennemi continue de guetter le Liban de manière malveillante. On ne peut parler de paix dans le contexte des projets expansionnistes que déclare perpétuellement cet ennemi sous le prétexte du «Grand Israël». Cela nous amène à réfuter la notion de «monopole de l'armement et de sa légitimité». Cet armement est légitimé (au Liban et aux Nations Unies), tant sur le plan politique que populaire, et par le fait même imposé par l'occupation. Toute agression nécessite la mise en place d'un système de défense capable de répondre et d'initier sous prétexte de «défense personnelle» et d'application du principe de «l'appartenance à la terre». Les résistants, comme le peuple en général, sont des enfants des terres et des villages libanais que vise l'agression sioniste, et leur mouvement pour défendre leur appartenance ne nécessite l'autorisation de personne ; c'est une action nationale et souveraine par excellence.

Dans ce contexte, la réalité de l'exploit consacre la légitimité de la Résistance et l'existence de son armement. La libération de l'année 2000 et celle qui a suivi ont conféré à la Résistance une légitimité qui dépasse en importance et en constitutionnalité toute reconnaissance légale, locale ou internationale. La Résistance a offert ses exploits à l'État libanais dans toutes ses composantes politiques, partisanes et religieuses, dans un acte national pionnier. La coopération actuelle de la Résistance avec les mesures de déploiement de l'armée au sud du Litani constitue une autre preuve de la stratégie de son projet national, où elle n'a pas imposé d'autogestion ni ne créé de cantons, ce qui confirme que l'objectif est de restaurer la souveraineté de l'État et non d'exécuter un agenda régional ou extérieur, comme le prétendent les voix américaines et israéliennes au Liban. Tant que la Résistance a prouvé sa capacité à faire face et à réaliser des accomplissements malgré ses capacités limitées, cela signifie qu'à mesure que la force de la Résistance se multiplie, sa capacité à triompher augmente également. Ainsi, la puissance du Liban croît davantage et son armée, son peuple, sa Résistance et ses institutions deviennent capables de protéger les frontières, les citoyens et es institutions tout en consolidant l’indépendance et la souveraineté. Tels sont le cœur et l'essence du projet stratégique de la Résistance.

Par contre, ceux qui appellent à l'hégémonie des États-Unis et d'«Israël» sur le Liban sont les intrus pour la patrie.

Traduit de l'arabe

 

 

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