
ONU: veto américain sur al-Qods, une condamnation voulue par 14 pays
Les Etats-Unis ont opposé leur veto lundi à une résolution de l'ONU rejetant la décision du président américain Donald Trump reconnaissant al-Qods (Jérusalem) comme «capitale d'Israël», un texte approuvé par leurs quatorze partenaires au Conseil de sécurité.

Ce vote favorable formulé par quatorze des quinze membres du Conseil de sécurité, dont les plus proches alliés européens de Washington, Londres et Paris, représente un camouflet pour la diplomatie américaine.
La mise au vote lundi d’une résolution condamnant la reconnaissance américaine d’al-Qods comme «capitale d'Israël», «est une insulte et un camouflet que nous n’oublierons pas», a réagi l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, soulignant «l’engagement financier des Etats-Unis au profit de la population palestinienne».
Un veto «inacceptable», dit les Palestiniens
La présidence palestinienne a jugé «inacceptable» ce veto américain.
«Le recours condamnable et inacceptable des Etats-Unis au veto menace la stabilité de la communauté internationale par l’absence de respect qu’il révèle», a dit Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas.
Les dirigeants de la plupart des organisations palestiniennes se sont réunis lundi soir à Ramallah pour la première fois depuis la déclaration de Donald Trump, le 6 décembre dernier.
«La décision américaine est la plus grande injustice», a déclaré Mahmoud Abbas, ajoutant: «Nous n'accepterons pas que les Etats-Unis soient un médiateur ou un partenaire dans le processus de paix».
Le président palestinien a par ailleurs indiqué que son gouvernement continuerait son effort pour acquérir le statut d'Etat membre permanent à l'ONU.
Netanyahu dit «merci» aux USA
Côté israélien, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exprimé sa reconnaissance envers les Etats-Unis après ce veto.
«Merci, Mme l’ambassadrice Haley», a tweeté Netanyahu en évoquant la représentante américaine aux Nations unies. «Vous avez allumé la flamme de la vérité. Vous avez dissipé l’obscurité (…). La vérité a triomphé du mensonge. Merci, président Trump. Merci, Nikki Haley».
Après le vote lundi, les Palestiniens ont annoncé leur volonté de demander un autre scrutin à l’Assemblée générale de l’ONU (193 pays). A la différence du Conseil de sécurité, il n’y a pas dans cette enceinte de droit de veto et ses textes sont sans valeur contraignante.
La France et le Royaume-Uni ont rappelé lundi qu’al-Qods était «une clé» pour «la solution à deux Etats», israélien et palestinien, vivant «en paix côte à côte».
«Sans accord sur Jérusalem, il n’y aura pas d’accord de paix», a fait valoir l’ambassadeur français, François Delattre, rappelant le «consensus international» sur «une solution à deux Etats». «Les Etats-Unis continueront à jouer un rôle extrêmement important dans la recherche de la paix au Proche-Orient», a estimé son homologue britannique, Matthew Rycroft.
Il faudrait être «fou» pour laisser les Etats-Unis jouer à nouveau les médiateurs de paix, a affirmé au contraire le président palestinien Mahmoud Abbas.
Source: agences et rédaction
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