Élections estudiantines à l’USJ : l’opposition prend l’avantage sur le 14 Mars

Fatima Ali
L'Université Saint-Joseph a vécu le vendredi 5 novembre une journée électorale torride dans laquelle l'opposition a remporté six facultés parmi dix des plus importantes . Ces élections qui se répètent chaque année, et qui déterminent un président et plusieurs délégués représentant chaque faculté sont d'une grande importance aux yeux des partis politiques libanais, qui s'y trouvent directement impliqués.
L'Université Saint-Joseph, considérée comme la plus grande des universités francophones du Liban, s'est lancée le vendredi dans une nouvelle tour d'élections qui a opposé deux rivales déjà connus sur la scène politique libanaise.
La campagne électorale avait débuté depuis déjà des semaines et les discours des étudiants ne se sont pas différés de ceux des politiciens libanais. Ainsi, la scène politique libanaise s'est illustrée avec tous ses ingrédients au milieu de cette opération électorale universitaire.
Les couleurs portées par les étudiants montraient leurs choix politiques et rendaient la scène électorale encore plus animée.
Les appellations 8 mars et 14 mars se sont répétées et nous nous sommes retrouvés devant les deux adversaires politiques courants. La seule différence que nous avons constatée est l'absence attendue du parti socialiste progressiste (PSP) qui a préféré de boycotter ces élections et même de ne pas en parler devant la presse.
Le parti communiste à son tour n'a pas participé au scrutin pour des raisons sociales, notamment l'augmentation du coût du crédit.
Les partis de l'opposition libanaise ont participé en masse au scrutin à travers leurs candidats et ont pu remporter six facultés parmi dix des plus importantes. Et le vote s'est déroulé dans une atmosphère calme et sans incidents. Cependant, le discours sectaire était fort présent surtout parmi les rangs des FL.
Le partisan du Courant Patriotique Libre (CPL) Tarek Al-mor ne nie pas le fait que les élections sont: "essentiellement basées sur la politique" et accuse l'équipe adverse d'avoir: "provoqué une tension politique et religieuse à travers les attaques racistes lancées contre certaines confessions religieuses et notamment les étudiants chiites".
Hussein Al-Haj, L'un des partisans du Hezbollah de la faculté de gestion et de management a déclaré pour Al-Intiqad que : " Nous avons décidé de participer à ces élections dans le but de changer l'image que nos adversaires essaient de nous attribuer en disant que nous voulons changer l'aspect chrétien de l'université Saint-Joseph". Il ajoute de même que: " la propagande influence surtout les étudiants des premières années qui ne connaissent pas bien le Hezbollah, dans l'objectif de cueillir plus de voix".
Mahmoud Daher, un étudiant en Master et partisan de l'opposition considère que: "les élections sont énormément politisées". "Les propos racistes que je n'accepte pas en tant que Libanais, et qui ont été lancés par les Forces Libanaises (FL) contre les musulmans chiites ont provoqué une tension parmi les étudiants", ajoute-il. Il affirme de même qu'il: " n'est pas acceptable au Liban et en 2010 de juger des personnes selon leur appartenance religieuse".
A son tour, Zahi Aoun, du Parti Social Nationaliste Syrien (PSNS) insiste sur le fait que: "les listes électorales de l'opposition ont rassemblé toutes les fractions de la société libanaise". Et que le PSNS dans son programme électoral: " n'a pas négligé les exigences des étudiants au sein de l'université". Et en ce qui concerne la politisation des élections, il affirme que: "la politique joue un grand rôle" et condamne "les propos racistes utilisés par le FL" qu'il juge "inacceptable pour un parti laïc comme le PSNS".
Cette journée pleine de tension et d'animation que l'Université Saint-Joseph au Liban a vécue a transformé les collègues en vrais adversaires politiques. Les semaines venant porteront-elles un retour à l'atmosphère ancienne?