Al Assad: la Syrie n’a pas le désir de s’ingérer dans les détails libanais

Le président Bachar al-Assad a indiqué que les relations syro-libanaises au niveau officiel suivent le bon chemin mais qu'elles ont besoin de plus de développement, exprimant l'inquiétude de la Syrie à l'égard de la situation au Liban et appelant toutes les forces politiques au dialogue et aux contacts permanents.
Dans une interview accordée au journal al-Hayat, le président al-Assad a affirmé que la position de la Syrie à l'égard de la résistance est indiscutable et que toute rencontre doit avoir comme base l'attitude à l'égard de la résistance.
Questionné sur sa relation avec le Premier Ministre libanais, Saad al-Hariri, le président al-Assad a démenti l'existence d'un problème avec al-Hariri, estimant que le problème réside en effet dans le fait que quelques parties prévoyaient que la Syrie s'ingérerait dans tous les problèmes: "J'étais clair avec tous les Libanais que j'ai rencontrés, y compris le Premier ministre Saad Hariri, quant j'ai expliqué que la Syrie n'a pas le désir de s'ingérer dans les détails libanais", a dit le président al-Assad ajoutant: "Nous ne voulons pas nous imposer sauf s'il y aurait une grande solution. Peut être que les détails avaient contribué à la création d'une sorte d'affadissement".
Parallèlement, le président al-Assad a estimé que la relation politique entre la Syrie et le Liban a besoin du développement qui exige l'établissement d'une relation institutionnelle. "C'est ce qui était convenu avec al-Hariri et cette relation institutionnelle va bon train" a-t-il affirmé.
A propos des mémoires juridiques, le président al-Assad a indiqué que cette question est devant la justice qui va prendre le jugement tôt ou tard, "c'était avant la première rencontre avec al-Hariri, et en tout cas je ne veux pas lier les mémoires au climat régnant au Liban qui n'est pas au service de la Syrie".
A propos de la possibilité de parvenir à une formule qui sauvegarde le Liban des résultats de l'acte d'accusation du tribunal spécial pour le Liban, le président al-Assad a indiqué que si l'objectif est de porter une accusation qu'elle soit basée sur des preuves et non pas sur des soupçons.
En ce qui concerne l'opposition de la Syrie à l'usage de la force pour sortir de la crise actuelle au Liban, le président al-Assad a indiqué que la force porte toujours plus de destruction et que tout conflit à n'importe quel moment détruira le Liban, mais en même temps la situation ne s'intéresse pas à nos désirs mais qu'elle suit les réalités.
Le président al-Assad a, en outre, qualifié de bonne la relation avec Joumblatt qui s'était distinguée par la transparence, affirmant que les années passées étaient suffisantes pour éclaircir ce qui est ambigu et la ligne politique est devenue claire pour Joumblatt pour qu'il redevienne celui que nous connaissions depuis un certain temps.
A propos des nouvelles propagées sur la démission d'al-Hariri, le président al-Assad a indiqué que Saad al-Hariri est capable de surmonter la situation actuelle et qu'il est apte d'aider le Liban, "il est la personne très convenable à cette étape critique et il pourrait visiter la Syrie à n'importe quel moment", a-t-il précisé.
A l'égard de la situation chrétienne au Liban, le président al-Assad a indiqué que cette situation est affaiblie par la division chrétienne. En ce qui concerne la relation de la Syrie avec le chef du bloc du changement et de la réforme au Liban, le général Michel Aoun, le président al-Assad a qualifié cette relation de bonne, claire et fiable, précisant que le général Aoun était toujours clair avec la Syrie même avant l'avoir visité.
A une question sur un remaniement ministériel au Liban, le président al-Assad a indiqué n'avoir rien entendu d'une partie libanaise sur un tel remaniement, "mais je crois que cela entre dans le cadre médiatique et d'escalade", a-t-il indiqué.
Source: Agence de presse arabe syrienne- Sana