Sayed met en garde contre une instabilité politique en cas d’accusation des membres de Hezbollah

L'ancien directeur de la Sûreté Générale, Jamil Sayyed, a mis en garde contre "une instabilité politique, sécuritaire" si des membres du Hezbollah étaient accusés dans l'assassinat de l'ex-Premier ministre Hariri.
"Cela changera le Liban, le pouvoir en ce moment est basé sur une entente nationale", a déclaré Jamil Sayed au quotidien français Libération.
"Le système va s'effondrer de haut en bas et cela conduira à une instabilité politique, sécuritaire, et tout peut arriver", a-t-il ajouté.
Dans cet entretien à Libération, l'ex-général libanais accuse les enquêteurs internationaux sur l'assassinat de Rafic Hariri d'avoir essayé de le convaincre de proposer un "deal" au président syrien Bachar al-Assad. Il met particulièrement en cause Gerhard Lehmann, l'assistant de Detlev Mehlis, premier chef de la commission d'enquête de l'ONU.
"Alors qu'il ne possédait aucune preuve, il m'a dit que Damas était accusé et m'a demandé de proposer un deal au président syrien Bachar al-Assad", a-t-il affirmé.
"L'idée était que la Syrie crée un comité de juges syriens, qu'ils enquêtent localement sur l'attentat, et trouvent quelqu'un qui avouerait avoir commis le crime en dehors du régime", a-t-il poursuivi. "Plus tard, cette personne serait victime d'un accident de la route ou se suiciderait", a-t-il ajouté.
Selon Jamil Sayyed, "dès le départ, la commission d'enquête internationale n'a travaillé que dans une seule direction, la Syrie et les services de sécurité libanais, sans prendre en compte le fait que le crime profitait à l'autre camp: les Etats-Unis, Israël".
La justice syrienne vient de son côté d'émettre des mandats d'arrêt contre 33 personnalités libanaises, arabes et étrangères après une plainte de Jamil Sayyed contre de "faux témoins" dans l'enquête sur l'assassinat de Rafic Hariri en mars 2005.