Sami Gemayel refuse de se repentir

« Israël nous a aidés, nous n’en avons pas honte ! » c’est en somme la déclaration de Sami Gemayel, député phalangiste au parlement libanais, qui suscite non seulement une désapprobation de la classe politique libanaise, mais la demande qu’il soit traduit en justice. Si Sami Gemayel pensait lancer une simple phrase et passer, il s’est lourdement trompé, car sa déclaration ne peut que remettre en cause la présence d’individus semblables au sein de la vie politique au Liban. Le fait qu’il avoue que les Phalangistes ont reçu le soutien de l’entité sioniste n’ajoute rien de nouveau, cette alliance est un secret de polichinelle. L’alliance entre certains partis libanais et l’Etat sioniste est connue de tout le monde, ni les sionistes ne l’ont cachée, ni les journalistes, ni les personnalités libanaises. Mais qu’il s’en montre fier est une autre affaire, au moment où le Liban officiel déclare que « Israël » est un Etat ennemi, au moment où il découvre effaré que la plaie de la collaboration avec l’ennemi a dépassé toutes les « lignes rouges » d’un Etat qui se veut souverain, au moment où « Israël » menace le Liban, ses institutions publiques et civiles, et son armée. De plus, cet ennemi a lancé plusieurs guerres meurtières contre le Liban, il a occupé son sol et en occupe toujours une partie, il a assassiné des personnalités de la résistance et même d’autres. En refusant de se repentir du passé de son parti, Sami Gemayel absout l’ennemi de ses crimes récents (guerre de 2006) et considère la collaboration avec l’Etat illégitime d’Israël peut être soumise à des considérations politiques régionales ou internes.