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La réélection de Lula, un revers pour Trump et Netanyahu au-delà des frontières du Brésil

La réélection de Lula, un revers pour Trump et Netanyahu au-delà des frontières du Brésil
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Par Mohammad Hammoud*

Les électeurs brésiliens ont réélu le président Luiz Inácio Lula da Silva face à Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, infligeant un revers politique dont les conséquences dépassent les frontières du Brésil. Ce résultat contrarie les ambitions de deux dirigeants étrangers qui avaient intérêt à une victoire de Bolsonaro : Donald Trump, qui cherchait à s’assurer un nouvel allié politique en Amérique latine, et Benjamin Netanyahu, qui espérait rétablir des relations plus étroites entre le Brésil et «Israël».

Un revers pour Washington

Une victoire de Bolsonaro aurait rapproché la première économie d’Amérique latine des orientations régionales de Washington. Favorable à un renforcement de la coopération avec les États-Unis, Bolsonaro avait proposé de rejoindre l’initiative «Bouclier des Amériques» de Trump, une perspective rejetée par Lula, qui privilégie le maintien d’une politique étrangère indépendante du Brésil.

Les tentatives de Trump d’influencer l’orientation politique du Brésil ne se sont toutefois pas limitées à la recherche d’alliances. Son administration a imposé de lourds droits de douane sur les produits brésiliens, invoquant notamment les poursuites judiciaires engagées contre l’ancien président Jair Bolsonaro. Loin de céder aux pressions économiques de Washington, Lula a transformé cette confrontation en une défense de la souveraineté nationale, affirmant que le Brésil n’était le jardin de personne.

Même après la victoire de Lula, Trump a remis en question la légitimité du scrutin. Selon la chaîne espagnole La Sexta, il a laissé entendre, sans présenter de preuves, que les élections brésiliennes avaient suivi le même scénario qu’il avait imputé à Joe Biden lors de la présidentielle américaine de 2020. Flávio Bolsonaro a également refusé de reconnaître sa défaite et réclamé l’annulation des résultats, a rapporté Reuters.

La déception de Netanyahu

Le résultat des élections a également contrarié Netanyahu. Le quotidien «israélien» «Ynet» a décrit la victoire de Lula comme un revers pour Trump et une mauvaise nouvelle pour «Israël», tandis que «Haaretz» a présenté Bolsonaro comme un allié de Netanyahu, soulignant les enjeux diplomatiques pour le «gouvernement israélien».

Netanyahu avait ouvertement exprimé son souhait de rétablir les relations avec le Brésil, tandis que Bolsonaro avait promis de transférer l’ambassade brésilienne à al-Qods occupée (Jérusalem). Les attentes d’une victoire étaient telles que le pasteur personnel de Bolsonaro avait confié à «Ynet» que des célébrations étaient prévues à al-Qods occupée, éventuellement en présence de Bolsonaro et de son futur ministre de l’Économie.

Ces célébrations n’ont finalement pas eu lieu. Netanyahu doit désormais composer avec un nouveau mandat présidentiel de Lula, dont les critiques à l’égard de la conduite d’«Israël» dans la bande de Gaza ont contribué à détériorer les relations diplomatiques.

La déception a également gagné le «cabinet» de Netanyahu. Selon Haaretz, le «ministre israélien» Amichai Chikli a remis en question les résultats du scrutin, alléguant, sans présenter de preuves, que Lula n’avait pas remporté l’élection de manière régulière. Sa réaction illustre l’importance politique que certains membres du «gouvernement» Netanyahu accordaient à la candidature de Bolsonaro.

Deux visions opposées de la politique étrangère

Derrière les campagnes présidentielles se dessinaient deux visions fondamentalement différentes du rôle international du Brésil. Lula privilégie l’autonomie diplomatique, le renforcement de la coopération entre les économies émergentes et la réforme des institutions internationales historiquement dominées par les puissances occidentales. Bolsonaro, lui, défendait un rapprochement avec Washington et «Israël», tout en critiquant les relations entretenues par Lula avec des gouvernements opposés à la politique étrangère américaine.

Cette divergence concerne également les BRICS, dont le Brésil est l’un des membres fondateurs et qui comprennent désormais l’Iran. La victoire de Lula maintient l’engagement du Brésil au sein de ce bloc, renforce la coopération avec les économies émergentes et préserve les relations diplomatiques avec Téhéran. Elle limite également la capacité de Washington à rapprocher davantage Brasília des objectifs de politique étrangère des États-Unis et d’«Israël».

L’Iran, la Palestine et l’indépendance stratégique

L’approche indépendante de Lula s’étend au Moyen-Orient. Son gouvernement a condamné les attaques militaires américaines et «israéliennes» contre l’Iran, avertissant que le recours à la force menace la stabilité régionale et compromet la diplomatie. Bolsonaro, à l’inverse, privilégiait une coopération plus étroite avec Washington et une approche plus conflictuelle à l’égard de Téhéran.

Les divergences sont encore plus marquées sur la question palestinienne. Lula a accusé «Israël» de commettre un génocide à Gaza, soutenu la création d’un État palestinien et appuyé les démarches judiciaires internationales visant à demander des comptes au «gouvernement israélien». Bolsonaro, quant à lui, a défendu l’offensive militaire «israélienne» et plaidé pour un rapprochement diplomatique avec le «gouvernement» de Netanyahu.

Un revers qui dépasse le Brésil

La réélection de Lula préserve l’indépendance de la politique étrangère brésilienne, à un moment où Washington cherche à renforcer l’alignement politique des pays d’Amérique latine sur ses orientations. Elle garantit également le maintien, au sein des BRICS, d’un membre influent favorable à la coopération économique en dehors des institutions dominées par l’Occident, tandis que l’Iran conserve un partenaire diplomatique et que la Palestine garde un soutien important sur la scène internationale.

Trump et Netanyahu avaient des intérêts différents dans la candidature de Bolsonaro, mais tous deux y voyaient une occasion de faire avancer leurs objectifs de politique étrangère. Les électeurs brésiliens en ont décidé autrement, laissant la première économie d’Amérique latine aux mains d’un président déterminé à préserver son indépendance diplomatique plutôt qu’à s’aligner exclusivement sur Washington.

*Traduit de l'anglais (original)

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