Sayyed Mohsen… un esprit mobilisateur qui a façonné la prise de conscience des résistants
Latifa Husseïni *
«Fouad al-Muqawama» (L’âme de la Résistance). Ce titre n'est pas un nom ou un surnom. Dans le cas du grand chef jihadiste, sayyed Fouad Chokor – sayyed Mohsen –, ce titre est authentique et prend racine dans les premiers temps de la jeunesse marquée de foi.
Au cœur de ce mouvement jihadiste, sayyed Mohsen est né et a grandi, œuvrant sans relâche pour se procurer des armes afin de combattre l'occupant. Depuis Khaldeh et les cris des «partisans de Khomeini», à ses camarades de Ouzai et de Bourj, en passant par les rassemblements dans les mosquées, jusqu'au Sud, ses collines et ses fronts.
Il est vrai que le parcours de sayyed Mohsen est riche en matière de préparation, de mobilisation, d'entraînement, d'armement et de développement structurel et organisationnel, mais la caractéristique la plus marquante de ce chef husseiniste est son énergie mobilisatrice et sa capacité à rallier et inspirer les moudjahidines. Nous sommes en présence d'une figure emblématique qui a consacré sa vie à l'action et au leadership.
À plusieurs reprises, sayyed Mohsen s'est adressé à différentes générations ayant partagé son parcours jihadiste, que ce soit lors de la formation, de la coordination ou de la mobilisation. Son approche constante des responsabilités qui lui étaient confiées résidait dans son impact sur la détermination des combattants de la Résistance, des futurs dirigeants et de ceux qui lui succéderaient.
La fidélité à Dieu, un engagement indéfectible…
Dans plusieurs de ses conférences, sayyed Mohsen a insisté sur la foi et la relation avec Dieu comme principe fondamental indispensable à chaque individu, qu'il appartienne au Hezbollah ou non.
Sayyed Mohsen évoque la fidélité à Dieu et à Sa voie, seule source de salut et de préservation. Il souligne cette idée afin d'encourager ses auditeurs à persévérer dans leur dévotion et à rester fidèles à Sa voie, quelles que soient les circonstances ou l'ampleur des défis. Pour lui, la loyauté n'est ni un sentiment passager, ni un slogan à brandir en période de prospérité, mais une alliance indéfectible qui lie l'individu à son Seigneur, le rendant plus résilient face aux tentations, plus ferme dans sa foi durant les épreuves et plus engagé lorsque les attraits et les appels à la fuite abondent.
Dans cette perspective, il soulignait que suivre le chemin de Dieu n'est possible qu'avec une dévotion sincère, exempte d'intérêt personnel, et une loyauté sans faille, car ce sont là les remparts qui protègent le croyant de l'égarement et lui donnent la force de persévérer jusqu'au bout.
Le premier pas vers la victoire : connaître l’ennemi et l’objectif
Dans ses conférences, sayyed Mohsen définit la voie de la victoire, affirmant à ses élèves et à la génération formée à son enseignement militaire : «Le premier pas vers la victoire est de connaître l’ennemi et l’objectif.» Il souligne les qualités d’un véritable chef, insistant sur le fait qu’«un chef qui commande et envoie des martyrs sans posséder l’esprit du martyre est sans aucun doute un traître et un hypocrite.»
Suivez-nous…
L’harmonie entre la parole et l’action était la marque de l’approche de sayyed Mohsen. C’est pourquoi, dans ses conférences et ses discours aux rassemblements de moudjahidines, il insistait sur «la nécessité de nous considérer comme des individus et des tireurs d’élite, et d’être en première ligne, au premier coup de canon, au premier lance-roquettes, au premier coup de canon, en disant à ceux qui nous suivent : “Suivez-nous !”»
La Résistance est un prolongement de Karbala…
L’Imam Hussein (que la paix soit sur lui) était au cœur du discours de sayyed Mohsen. Dans chacune de ses conférences, il faisait constamment mention de l’Imam Hussein (que la paix soit sur lui). Parce que son école nous guide pour rectifier le cap, défendre la vérité, réformer la nation et remporter la victoire. Sayyed Mohsen expliquait toujours que le rejet de l’injustice est la constante sur le chemin de la victoire ou du martyre.
Dans ses nombreux discours à ses compagnons d'armes et à ses élèves, sayyed Mohsen a consacré une part importante de son temps à la signification et aux valeurs de Karbala. Il considérait la résistance comme un prolongement de Karbala. «Avant l'invasion de 1982, elle n'était qu'une valeur symbolique, mais après, nous avons vu comment toutes ses significations se sont incarnées, comment les mots se sont traduits en actes, et comment cela a conduit à la naissance de la Résistance islamique.»
Tel était le message qu'il cherchait à inculquer à ses auditeurs : l'Imam Hussein (que la paix soit sur lui) n'est pas un souvenir à raviver à une occasion particulière, ni un événement historique à raconter, mais bien une méthode permanente pour former l'individu résistant. Ceux qui comprennent véritablement Karbala savent que soutenir le droit n'est pas un slogan, mais une responsabilité, et que s'opposer à l'injustice n'est pas un choix lié aux circonstances, mais un devoir qui ne s'éteint pas avec le temps. C’est pourquoi sayyed Mohsen a lié l’étendard de l’Imam Hussein (que la paix soit sur lui) à l’étendard de la Résistance, car tous deux découlent du même principe : le rejet de la soumission, la confrontation du mensonge et la disposition à sacrifier ce qui est le plus précieux.
Ainsi, son invocation constante de l'Imam Hussein (que la paix soit sur lui) n'était pas une simple commémoration religieuse, mais un acte éducatif et mobilisateur, visant à éveiller les consciences avant de définir les positions et à insuffler la certitude avant d'appeler à la confrontation. Il souhaitait que les moudjahidines qui l'écoutaient portent en eux l'esprit de Karbala, afin qu'Achoura devienne un projet permanent et que chaque front de défense du droit prolonge cette position immortelle établie par l'Imam Hussein (que la paix soit sur lui) à Karbala.
Selon la logique de sayyed Mohsen, la formation husseinienne renforce la volonté des moudjahidines et de ceux qui participent à la résistance, fondée sur le principe que le croyant fervent est meilleur et plus aimé de Dieu. Cela implique d'affiner la conscience, de se préparer, de s'armer et de renforcer sa détermination à parvenir à l'objectif.
Une figure de mobilisation exceptionnelle
Sayyed Mohsen était une figure marquante à la fois militaire et morale, dans la formation du Hezbollah. Son rôle ne se limitait pas à la mise en place de structures organisationnelles, mais s'étendait à la formation de chaque moudjahid, un homme croyant en sa cause, sûr de ses choix et prêt à tout sacrifier pour elle.
Il possédait un charisme exceptionnel, capable de toucher les esprits et les cœurs. Il ne s'adressait pas aux moudjahidines par des ordres, mais avec foi et conviction, insufflant du sens à leur engagement avant de leur confier des tâches et ancrant la cause dans leur conscience avant de les accabler de responsabilités. Ainsi, la formation des combattants n'était pas circonstancielle, liée à une bataille ou à un affrontement, mais constituait un projet global visant à former des individus capables de porter le message avec une volonté inébranlable et de persévérer sur cette voie, quels que soient les sacrifices à consentir.
Le secret de son influence profonde résidait peut-être dans le fait qu'il ne prêchait jamais ce qu'il ne vivait pas, ni n'exigeait de sacrifices qu'il n'avait pas lui-même consentis. Ses paroles étaient en accord avec ses actes, ses pensées avec ses actions, et sa personnalité devint un modèle pour les moudjahidines, une autorité morale et mobilisatrice. Sayyed Mohsen ne dirigeait pas les hommes ; il les façonnait. C'est pourquoi il était l'âme de la Résistance.
*Traduit de l’arabe (original)
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