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Imam des opprimés

Déclaration du secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naim Qassem, au sujet de l’accord-cadre conclu entre les autorités libanaises et l’entité sioniste ennemie

Déclaration du secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naim Qassem, au sujet de l’accord-cadre conclu entre les autorités libanaises et l’entité sioniste ennemie
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1- Où est le sens des responsabilités des autorités libanaises, notamment envers leur peuple d’une part et dans le cadre de la protection de la souveraineté du Liban, alors que le tuteur américain ne leur a pas accordé le cessez-le-feu et que, lorsque celui-ci a figuré dans le processus d’Islamabad, à la suite des discussions entre les États-Unis et l'Iran en avril 2026, elles l’ont refusé ? Cela a conduit l'ennemi «israélien» à commettre le crime du «mercredi noir», au cours duquel des centaines de personnes ont été tuées ou blessées, la population a été terrorisée et des destructions ont été provoquées suite à une centaine de frappes aériennes sur l'ensemble du Liban, à commencer par la capitale, Beyrouth.

2- Nous avons dit aux autorités que les négociations directes constituent des concessions gratuites faites exclusivement à «Israël», parce qu'il s'agit de réunions imposant la soumission aux exigences de l'agression et aux diktats «israélo»-américains dans leur totalité. Vous vous y rendez alors que vous êtes en conflit et en désaccord avec plus de la moitié du peuple libanais, en contradiction avec la Constitution et les lois qui considèrent l'entité «israélienne» comme un ennemi et prévoient de poursuivre en justice quiconque traite avec elle, en paroles ou en actes. Vous ne disposez d'aucun élément de force que vous pourriez utiliser pour lui faire face, parce que vous avez volontairement renoncé à la force de la résistance et du peuple, et vous avez poignardé la résistance dans le dos en la considérant comme hors-la-loi, alors qu’elle était au cœur de la guerre et cela dès son tout premier instant, par la décision funeste du gouvernement du 2 mars… Tout cela au service du projet d'agression «israélien». Il est inutile de jouer sur les mots et de leur donner une interprétation différente de leur sens ; les résultats sont le seul critère à prendre en considération. Il s'agit d'un abandon de la souveraineté du Liban, selon l'appréciation de l'ami comme de l'ennemi.

3- Le mémorandum d'entente irano-américain a été adopté et il a placé le cessez le feu au Liban dans son premier point. Lorsque l'ennemi «israélien» a refusé de s'y conformer, l'Iran a suspendu l'accord et a continué à fermer le détroit d'Ormuz jusqu'à ce que les États-Unis exercent des pressions et obligent l'ennemi «israélien» à cesser le feu.

Le premier paragraphe du mémorandum d'entente dit : «Les États-Unis, l'Iran et leurs alliés dans la guerre en cours déclarent, par la signature du présent mémorandum d'entente, un arrêt immédiat et permanent des opérations militaires sur tous les fronts, y compris le Liban, et s'engagent désormais à ne plus entreprendre aucune guerre ni aucune opération militaire les uns contre les autres, à s'abstenir de menacer de recourir à la force ou d'y recourir effectivement les uns contre les autres, et à garantir l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban.»

Les négociations et la conclusion de l'accord définitif doivent intervenir dans un délai de soixante jours, conformément au troisième point du mémorandum.

Les autorités libanaises ont refusé une nouvelle fois, cet accord. Jusqu'à ce que les personnes raisonnables et les parties engagées dans le mémorandum d'entente leur fassent comprendre que le cessez-le-feu entrerait en vigueur — ce qu’elles ont été incapables d'obtenir — et que cela était dans l'intérêt du Liban. En même temps,  les négociations sur le retrait «israélien» relèvent de la responsabilité du Liban et personne ne négocie en son nom. Tel est le cadeau d'honneur, de dignité et de force offert par l'Iran de la fermeté et de la fierté au Liban, à son peuple et à sa résistance.

Le mémorandum d'entente garantit «l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban», et la souveraineté se réalisera par le retrait complet «israélien», convenu dans un délai de soixante jours. C'est une carte de force entre les mains du Liban qu'il n'aurait jamais imaginé posséder. Et voilà que les autorités  renoncent, dans «l'accord-cadre», aux éléments de force contenus dans le mémorandum d'entente, ainsi qu'à la force de la résistance, à sa fermeté et aux sacrifices de ce grand peuple libanais, et elles accordent gratuitement à «Israël» ce qu'il veut.

4- C’est une chute effroyable ! Un péché majeur qui consiste à abandonner la souveraineté à l'ennemi «israélien» ! Netanyahu autorise le déploiement de l'armée libanaise dans deux «zones-pilotes» ! L'ennemi surveille son déploiement et les étapes du désarmement, tandis que la commission tripartite veille à l’application des demandes de l'ennemi. La période expérimentale dans les deux zones pourrait durer des mois, et il n’y aura pas de nouvelle expérience qu'après un certificat de bonne conduite délivré par l'ennemi «israélien», ainsi qu'après l'exécution de ce qu'«Israël» n'a pas réussi à accomplir sur le terrain ! Comme l'a dit Netanyahu : «Israël restera dans la zone de sécurité jusqu'au désarmement du Hezbollah au Liban, et les habitants ne retourneront pas dans la zone occupée.»

Le pouvoir légitime ainsi le maintien de l'occupation pendant de longues années, qui pourraient même conduire à l'annexion de ces territoires à l'entité sioniste ! Il s'agit d'un accord privant les Libanais du retour sur leurs terres. Quel rapport l'ennemi «israélien» a-t-il avec nos affaires intérieures au Liban ? Tout accord doit se limiter au sud du fleuve Litani et ne doit avoir aucun lien avec quelque affaire intérieure libanaise, qu’elle concerne les armes, la sécurité ou l'avenir du pays.

Le fait de lier le retrait «israélien» au désarmement de la résistance dans l'ensemble du Liban constitue une proposition extrêmement dangereuse qui dépasse toutes les lignes rouges et fait du Liban un jouet entre les mains de l'ennemi «israélien» !!

Sous prétexte que le Liban doit procéder au désarmement pour qu'«Israël» se retire du Liban, toute arme dans n'importe quel endroit du Liban signifiera que le Liban ne respecte pas ses engagements ! Or les armes ne seront certainement pas retirées, et personne n'a le droit de priver les Libanais de leur droit à la légitime défense et à la défense de leur terre contre celui qui occupe notre territoire et tue notre peuple. L'ennemi doit se retirer parce qu'il est un agresseur et un occupant, conformément à un accord qui traite les causes directes, comme cela s'est produit le 27/11/2024. Tout dépassement de cette limite constitue une récompense accordée à «Israël» après l'échec de son projet, ainsi qu'un abandon de la souveraineté du Liban.

5- L'accord-cadre conclu à Washington est une humiliation, une honte et une renonciation à la souveraineté. Cet accord est nul et non avenu, et il convient d'appliquer les dispositions du mémorandum d'entente irano-américain. Nous poursuivrons, par tous les moyens nécessaires ainsi que par les pressions internationales et arabes, nos efforts afin que l'ennemi «israélien» respecte le premier point du mémorandum d'entente et se retire du Liban.

Nous disons aux autorités libanaises : il est temps pour vous de revenir sur vos fautes qui détruisent le Liban ; ce serait une vertu qui vous serait reconnue après les péchés commis. Nous sommes prêts à coopérer et à agir ensemble pour la souveraineté du Liban, la libération de son territoire, l'expulsion de l'occupant «israélien», le retour des prisonniers, le retour des habitants, la reconstruction, l'édification du pays et l'élaboration d'une stratégie de sécurité nationale.

Le cessez-le-feu n'aurait pas été obtenu sans les immenses sacrifices des combattants de la résistance, de leurs familles et du peuple libanais. Nous préserverons le legs qui nous a été fait par les martyrs, les blessés, les prisonniers, les sacrifices des habitants de cette terre, de l'armée libanaise et de toutes les institutions et parties qui ont donné des martyrs et des blessés. Nous poursuivrons, en tant que résistance, notre action sur le terrain afin de repousser l'occupation. Nous n'avons pas quitté le terrain dans les circonstances les plus difficiles et nous ne le ferons pas ; telle est la voie de salut.

Dieu a dit :

«Lancez-vous au combat, légers ou lourds, et luttez pour vos biens et vos personnes sur le chemin de  Dieu. Cela est meilleur pour vous...» (Sourate At-Tawba, verset 41).

 

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