Discours du secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naïm Qassem, à l’occasion de la marche de Achoura
Par AlAhed
Au nom de Dieu
Que la paix soit sur Hussein, sur Ali fils de Hussein, sur les fils de Hussein et sur les compagnons de Hussein.
Que la paix soit sur l'imam, le Leader martyr, Sayyed Ali Khamenei. Que la paix soit sur le maître des martyrs de la nation, Sayyed Hassan Nasrallah.
Je m’adresse à vous, gens de l'honneur, de la dignité et de la fierté. Vous êtes les fidèles de la résistance et vous faites entendre la voix de Karbala, que la paix, la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions soient sur vous.
Achoura est la victoire du sang sur l'épée. Le sang de Hussein nourrit la flamme de la liberté et de la libération. La voix de Zeïnab inspire ceux qui suivent la voie du jihad. Elle est l'étendard de la lumière guidant les hommes vers leur salut.
Achoura est le soutien de Hussein au Mahdi pour que la justice règne. Elle est l'éducation des générations afin qu'elles aient une vie digne. Elle est toute l'histoire, portant l'avenir avec l'éclat du passé.
Karbala est le temps qui se répète dans l'éternité. Elle est la terre qui s'élève par ses fils. Elle est le ciel qui répand ses bienfaits. Elle est le soleil qui dissipe les ténèbres de la tyrannie et des tyrans.
Le jour d'Achoura, les compagnons étaient réunis avec l'imam Hussein. La nuit précédant son martyre, il leur a dit :
«Je ne connais pas de compagnons meilleurs que vous, ni plus justes, ni de famille meilleure que la mienne. Que Dieu vous récompense en mon nom par le meilleur.»
Ils lui ont répondu avec une immense noblesse, exprimée par Muslim ibn Awsaja :
«Par Dieu, nous ne t'abandonnerons pas avant que Dieu ne sache que nous avons préservé, à travers toi, l'absence de Son Messager. Par Dieu, même si je savais que je serais tué, puis ramené à la vie, puis brûlé, puis ramené à la vie, puis réduit en cendres, et que cela me serait infligé soixante-dix fois, je ne te quitterais pas avant de mourir à ta place. Comment pourrais-je ne pas agir ainsi ? Ce n'est qu'une seule mort, suivie d'un honneur qui ne prendra jamais fin.»
Cette scène d'Achoura est l'icône de l'histoire en matière de sacrifice, de don et d'éternité. Cette scène d'Achoura est la véritable mobilisation révolutionnaire qui change les rapports de force et fait tomber les tyrans.
Nous disons à notre imam Hussein, que la paix de Dieu soit sur lui, comme l'ont dit ses compagnons :
«Nous ne t'abandonnerons jamais, ô Hussein.»
Et nous disons à notre imam, toujours et en tout temps, sur les lieux du jihad, sur les lieux du soutien, sur les lieux où s'établissent la vérité et la libération de la terre et celle de l'homme :
«Nous répondons à ton appel, ô Hussein.»
Cette année, nous avons été témoins de la grande commémoration d'Achoura et de la présence des fidèles dans tous les lieux désignés, malgré les déplacements forcés, l'exode, la douleur, les pertes et les difficultés. Ce peuple refuse la soumission ; il s'est imprégné de l'école de l'imam Hussein et il est demeuré ferme. Merci à Dieu qui nous a accordé de vivre Achoura et d'être une partie de Karbala.
Nous vivons la Achoura de notre époque avec l'imam Khomeiny, avec l'imam Khamenei, avec l'ayatollah Sayed Mojtaba, avec l'imam Moussa Sadr, avec cheikh Ragheb Harb, avec Sayed Abbas Moussaoui, avec Sayed Hassan Nasrallah, avec Sayed Hachem Safieddine, avec les combattants, avec les martyrs, avec les blessés, avec les prisonniers et avec les familles qui nous ont entourés pour dire : Karbala est le lieu de l'affrontement, Karbala est le champ de bataille, Karbala est la victoire, Karbala est l'avenir.
Nous sommes dépositaires du legs des martyrs, des blessés et des prisonniers. C'est un héritage qui repose sur nos épaules ; nous protégerons ce pour quoi ils se sont sacrifiés. Tous étaient à Achoura et ils y restent toujours. Tous étaient sur la terre de Karbala et ils le sont encore. Les jeunes combattants sur le terrain, la femme combattante sur le terrain, le vieillard, l'enfant, les grands et les petits : tous sont sur le champ de Karbala et tous façonnent Achoura.
C'est une réplique fidèle de l'événement originel. À la Achoura de Hussein, Zeïnab, Ali al-Akbar, Abdallah al-Radhi' et Habib ibn Moudhahir étaient tous présents, des plus jeunes jusqu'aux plus âgés, jusqu'à leur chef. Aujourd'hui, Achoura se répète : toute la famille, toute la société sont présentes.
Ils étaient présents au Sud, à Bint Jbeil, Khiam, Bayyada et Ali al-Taher... Ils étaient présents dans la Békaa, au Mont-Liban, à Beyrouth, dans la Banlieue-Sud et dans le Nord. Ainsi, tout le Liban est devenu le Sud et notre peuple a fait revivre les sentiments de Karbala.
Nous sommes passés du : «Ah ! si seulement nous avions été avec vous» à : «Nous sommes avec vous et vous êtes avec nous.» Nous ne sommes plus devant la Karbala de l'histoire ; nous sommes devant une Karbala continue, reliant l'histoire au présent, puis à l'avenir, jusqu'à l'imam al-Mahdi, que Dieu hâte sa noble réapparition. Cela signifie que la lumière a commencé à s'étendre et que la libération est à venir.
Ils sont la continuité, conformément à la parole de Dieu:
« Parmi eux, il en est qui ont tenu leur engagement jusqu'au bout ; d'autres attendent encore, sans jamais avoir changé leur engagement.»
Karbala est toute la vie. Karbala est toute la pureté, toute la foi et tout le sacrifice. Karbala, c'est : «Nous n’accepterons pas l'humiliation ».
Des voix faibles se sont élevées de loin pour nous reprocher d'être avec Hussein. Alors le sang des martyrs a jailli, remportant une victoire sur les tyrans, l'Amérique et l'ennemi «israélien», et leur adressant ce message : les husseinistes sont les vainqueurs, tandis que ceux qui sont restés en arrière du cortège sont les perdants.
Nous avons fait face à une guerre visant à effacer l'existence du Hezbollah, de son environnement, de son peuple et des citoyens qui ont un lien avec lui au Liban.
Le secrétaire d'État américain Marco Rubio déclare : «Israël est présent au Liban parce que le Hezbollah le prend pour cible avec ses missiles.» Non. «Israël» est présent au Liban parce qu'il veut l'engloutir. «Israël» est présent au Liban parce qu'il veut l'occuper sur la voie du projet du «Grand Israël». Quant à la résistance, elle n'est apparue qu'en raison de l'agression et de l'occupation.
Cette agression «israélo»-américaine, menée par voie terrestre, maritime et aérienne contre les civils, les arbres, les pierres et toute forme de vie, avec toutes sortes d'armes, avec l'appui d'États et d'agents, à travers des plans de discorde impliquant l'armée et les communautés confessionnelles, ainsi qu’à travers la criminalisation politique, le blocus financier et les projets visant à frapper les institutions éducatives, scolaires, sociales et culturelles, constitue une guerre de grande ampleur et un immense danger, dans le but d'effacer notre existence.
Mais, grâce à Dieu, grâce à l'esprit de Karbala qui anime notre peuple fier et digne, nous avons réussi à mettre un terme à cette agression. Nous avons accompli une grande réalisation.
Nous le proclamons haut et fort : nous avons brisé le projet israélo-américain et nous sommes entrés dans une nouvelle étape. Désormais, quiconque veut agir doit le faire en tenant compte de cette nouvelle étape.
Cette agression est arrivée en même temps que l’agression contre la République islamique d’Iran. L’Amérique et «Israël» ont également voulu supprimer l’existence de l’Iran en changeant le régime, en prenant le contrôle du pays et de ses ressources. Ils l’ont annoncé, ils l’ont planifié et ils ont cru qu’ils en étaient capables.
L’Amérique a incité le monde à être avec elle, a utilisé plusieurs pays de la région du Golfe et elle a œuvré pour entraîner les pays européens et les pays du monde dans cette démarche. Un responsable de l’OTAN a annoncé que cinq mille avions avaient décollé d’Europe en soutien à l’Amérique dans son agression contre l’Iran.
L’Iran a résisté. L’Iran a offert l’imam Khamenei qui est devenu un martyr, comme un symbole, un étendard, une lumière, une guidance, une révolution et une mobilisation, avec les autres dirigeants, avec le peuple, avec les civils et avec de grands sacrifices. Grâce à eux, elle a pu tenir et résister. Elle a pu parvenir au mémorandum d’entente, qui constitue une déclaration officielle de la défaite de l’Amérique et d’Israël. Aujourd’hui, l’Iran construit l’avenir, non seulement pour elle-même, mais aussi pour la région.
Nous avons coopéré avec l’Iran durant la période de l’agression et nous avons affronté celle-ci ensemble. Nous avons aussi brisé le projet ensemble. Les ennemis voulaient que nous soyons isolés et dispersés, mais nous avons agi comme un axe, et c’est un droit naturel. Si l’Amérique, qui possède toutes les capacités dans le monde, a voulu entraîner tous les pays dans son projet d’agression, comment ne coopérerions-nous pas, nous, pour notre projet juste, pour la libération de la terre et pour la résistance honorable ?
Merci à l’Iran. Je le répète : Merci à l’Iran pour que ce remerciement pénètre dans les âmes malades et les plonge dans le regret. Merci à l’Iran. Nous resterons avec elle. Nous voulons qu’elle soit à nos côtés et nous voulons être dans une même unité d’esprit, car il est apparu que cette force, avec celle des résistants sur le terrain, contribue à créer l’équilibre approprié qui nous mènera vers la nouvelle étape : celle de l’échec du projet israélien, en prélude à l’expulsion de l’entité israélienne de notre terre.
Il existe cinq fondements auxquels nous croyons et que nous appelons à réaliser:
Premièrement : «Israël» n’a d’autre choix que le retrait complet de chaque parcelle de notre terre libanaise, et l’arrêt de l’agression par voie aérienne, terrestre, maritime et sous toutes ses formes. Son agression a échoué à atteindre ses objectifs expansionnistes, et ceci constitue un point de départ fondamental sur lequel nous devons construire.
«Israël» doit partir sans condition ni restriction. Tout engagement contraire à la souveraineté du Liban ne passera pas, et personne n’a le droit de signer quoi que ce soit ou d’accepter quoi que ce soit qui ne s’inscrive pas dans ce cadre. Toutes les solutions ont pour plafond une souveraineté totale du Liban et une indépendance totale du Liban : pas de normalisation, pas d’annulation de l’état d’hostilité, aucun acquis pour Israël et aucune présence partielle israélienne sur le territoire libanais.
«Israël» doit sortir humilié et la tête basse, et c’est ce qui arrivera.
Nous considérons que le plafond de la souveraineté peut être réalisé en restant dans le cadre de l’accord du 27-11-2024, et sur la base du fait que la zone sud est exclusivement celle qui est située au sud du fleuve Litani. Il ne s’agit donc pas de tout le Sud.
Deuxièmement : La résistance se poursuit, par son existence, sa présence, ses décisions et ses capacités. Elle est aujourd’hui le pilier de l’indépendance du Liban et de sa libération, et elle le demeurera. Elle est ce peuple, elle est cette terre, elle est l’histoire, le présent et l’avenir.
Troisièmement : Le pouvoir libanais ne peut pas être hostile à la résistance et s’opposer ainsi à plus de la moitié du peuple libanais, tout en continuant à fonctionner normalement. Le pays se construit par ses composantes, non par ses fonctions. Les responsables sont les dépositaires de la préservation du pays ; ils auront la fierté et la reconnaissance du peuple s’ils réussissent, et celui-ci les jugera s’ils échouent.
L’autorité politique doit revoir sa trajectoire sur deux points :
Le premier : unir la parole, les rangs et la position politique face à l’ennemi «israélien», cesser d’exécuter les diktats de la tutelle et de l’ennemi, et cesser de prendre les décisions qui servent les intérêts de l’Amérique et d’«Israël».
Nous sommes prêts à coopérer et nous lui tendons la main. Qu’ils saisissent cette occasion. La résistance est forte. Nous sommes avec vous si vous avancez sur la voie de la souveraineté du Liban.
Le deuxième : la nécessité de mobiliser les énergies pour construire l’État, en traitant la situation économique, l’argent des déposants, la reconstruction et la réduction du fossé social entre les Libanais, tout en accomplissant tout ce qui est nécessaire pour traiter les questions qui touchent tous les Libanais.
Après le retrait «israélien», nous étudierons ensemble la stratégie globale de sécurité nationale.
Quatrièmement : La nécessité de tirer profit du processus d’entente entre l’Iran et les Etats-Unis comme soutien essentiel à la souveraineté du Liban. Il s’agit de le considérer comme une force exceptionnelle que Dieu Tout-Puissant nous a envoyée, un don du ciel.
Vous, au Liban, qu’avez-vous pour affronter l’agression? Nous avons offert ces grands sacrifices parce qu’il n’existe pas d’équilibre dans le rapport des forces. Nous avons rétabli l’équilibre en offrant le sang de nos martyrs.
Aujourd’hui, ce coup de pouce, venu de l’Iran de l’honneur, l’Iran de l’islam, nous devons en profiter au service du projet d’un Liban souverain, libre et indépendant. L’Iran a montré qu’elle est la voie du salut.
Cinquièmement : Ne prenez pas les mains des pays arabes et étrangers qui exercent des pressions sur vous pour vous entraîner vers les dissensions internes et vous pousser à la réconciliation avec «Israël» ou à servir les intérêts d’«Israël». Coopérez au plus haut degré avec les pays arabes et étrangers qui aident le Liban pour sa souveraineté et sa reconstruction.
Dites à tous ceux qui veulent aider à traduire cette volonté concrètement. Quant à ceux qui disent : «Désarmez-vous et nous vous aiderons.», refusez leurs propos, car il s’agit d’un projet israélien. Nous voulons des personnes qui nous soutiennent pour notre souveraineté, et non qui soutiennent «Israël» en prenant prétexte de notre souveraineté.
Par conséquent, nous accueillons les pays arabes et étrangers qui œuvrent pour la reconstruction, la restauration de la souveraineté, le renforcement de l’armée libanaise, l’expulsion d’«Israël» et la création d’un lobby fort, pour empêcher «Israël» d’atteindre ses objectifs.
Enfin, il faut saluer le peuple de Gaza et de Palestine. Ce peuple est sacrifié. Il est formé des honorables et des généreux que le monde a opprimés, mais le sang de vos martyrs et les dons de votre peuple resteront le titre fondamental de la liberté, de la dignité et de la libération.
Nous sommes avec vous. La Palestine et la libération de la Palestine resteront la boussole. Nous croyons en sa libération aux côtés de son peuple, et si Dieu le veut, cela sera proche.
Je voudrais encore saluer le cher peuple yéménite, sacrifié, à la direction honorable et aux forces armées qui se sont tenues debout lorsque le monde a abandonné la Palestine, le Liban et l’axe de la résistance. Eux n’ont jamais failli, malgré toutes leurs difficultés et leurs conditions pénibles dans lesquelles ils vivent.
Ce sont des gens honorables et ils savent où se trouve la vérité.
Un salut également au peuple irakien, à ses autorités religieuses, à sa mobilisation, à ses dirigeants, à son peuple et à son gouvernement, parce qu’ils nous ont entourés de soins et d’aide, et parce qu’ils étaient avec nous.
En conclusion, les détenteurs du droit vaincront, et nous resterons attachés au slogan :
«Nous n’accepterons jamais l’humiliation»
Que la paix soit sur Hussein, sur Ali fils de Hussein, sur les fils de Hussein et sur les compagnons de Hussein.
Que la paix, la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions soient sur vous.
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