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Imam des opprimés

Discours du secrétaire général du Hezbollah cheikh Naïm Qassem au majlis central de Achoura

 Discours du secrétaire général du Hezbollah cheikh Naïm Qassem au majlis central de Achoura
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Au nom de Dieu

D’abord, nous voulons féliciter le peuple iranien, la résistance, ainsi que les États et les peuples de la région et du monde aspirant à l’indépendance et à la liberté, pour cette grande victoire. Et nous remercions la République islamique d’Iran d’avoir intégré le front du Liban, en tant que résistance et peuple, à ses revendications et d’avoir contraint «Israël» à arrêter l’agression.

Ne sous-estimez pas la guerre menée contre l’Iran. Les objectifs étaient de faire tomber le régime iranien et de détruire la vie noble et digne dans l’Iran de la révolution. Cet objectif est tombé et l’orientation de la bataille a changé. La toute-puissance de la tyrannie américaine s’est brisée et son projet colonial pour l’Iran a échoué, grâce aux grands sacrifices consentis par ce peuple, à leur tête le guide, l’imam martyr, sayyed Khamenei, ainsi que tous les dirigeants, le peuple et les responsables qui ont donné énormément, mais ils ont payé le prix de l’indépendance et de la dignité, et Dieu leur a accordé cela.

Aujourd’hui, la puissance de l’Iran est une puissance reconnue qui a son mot à dire dans la région et dans le monde, et les équilibres de forces évolueront dans une meilleure direction, au profit des peuples de la région, si Dieu le veut.

Les agresseurs voulaient une chose, et Dieu en voulait une autre. Ainsi, si Dieu le veut, l’humanité bénéficiera de ce changement décisif qui s’est produit dans la confrontation entre l’Iran de l’islam et toute la tyrannie, à sa tête les États-Unis et «Israël».

Le troisième point concerne le Liban. La résistance au Liban est en confrontation avec l’agression «israélienne». Tous les indicateurs depuis 1948 montrent les objectifs d’«Israël» : il veut un Liban impuissant afin de l’occuper et de l’engloutir. Et, en toute franchise, Netanyahu a annoncé qu’il veut réaliser le «Grand Israël».

Il y a des gens qui ne voient pas et n’entendent pas, et d’autres qui donnent des interprétations que leur auteur ne voulait pas. Les faits sur le terrain indiquent une expansion «israélienne». Nous ne parlons pas d’intentions expansionnistes ; nous parlons d’expansion réelle. Nous ne parlons pas d’intentions agressives ; nous parlons d’agression. Nous ne parlons pas d’un objectif criminel ; nous parlons de criminalité. Nous ne parlons pas de quelqu’un qui tuerait les enfants et les femmes comme un désir futur ; nous parlons d’un boucher qui agit avec sauvagerie, sans humanité et sous couverture internationale.

Alors, que voulons-nous de plus pour comprendre et savoir quelles sont les intentions d’«Israël» ?

Le projet des «Israéliens» au Liban est d’en finir avec le Hezbollah militairement, culturellement, politiquement, socialement et populaire­ment ; cela signifie une extermination, cela signifie l’élimination de l’existence d’une grande partie de la société libanaise par le meurtre, le déplacement ou le transfert vers d’autres lieux.

C’est leur plan afin de faciliter l’engloutissement du Liban. Que personne ne pense qu’ils nous visent seulement, nous, et que les autres seront donc en sécurité. Non. Ils ont besoin de serviteurs. Ils ne se contentent pas seulement de ceux qu’ils tuent ; ils veulent asservir la région. Et celui qui, plus tard, ne leur obéira pas sera lui aussi déraciné, envoyé ailleurs ou tué.

Le danger est existentiel. Nous ne combattons pas pour un morceau de terre. Nous ne combattons pas pour une simple agression. Nous ne combattons même pas pour régler un problème. Non. Nous défendons une existence, une vie, une terre, un avenir, des enfants, une voie, un parcours. Nous avons le droit de nous défendre, nous devons nous défendre, et nous nous défendons, grâce à Dieu.

Cette résistance qui existe aujourd’hui, et celle qui existait auparavant avant la création du Hezbollah, est un prolongement ; un prolongement qui croit en la libération et œuvre pour elle.

Une question est toujours posée : qu’avez-vous accompli? Dites-nous ce que vous avez fait. Vous résistez, mais jusqu’où arriverez-vous ? C’est la question récurrente.

Nous avons brisé le projet d’«Israël». Nous ne lui avons pas permis de nous tuer. Nous ne lui avons pas permis de contrôler notre terre et de s’y installer. Nous ne lui avons pas permis de réaliser le projet du «Grand Israël».

Nous avons brisé ce projet. Ce n’est pas évident que ce petit groupe présent dans cette région, face à cette toute-puissance qui s’étend jusqu’aux États-Unis et au-delà, parvienne à briser ce projet «israélien».

Que cette résistance est grande, ainsi que le peuple de la résistance et les soutiens de la résistance, eux qui ont payé un lourd prix dans la confrontation avec le projet le plus dangereux contre le Liban depuis des décennies.

Si nous n’avions pas tenu bon, le Liban n’aurait plus existé après quelques années. Et si la résistance et son peuple n’avaient pas solides, il n’aurait pas été possible de sauver le Liban.

Vous voyez que cette résistance est légendaire ; alors ne prêtez pas attention aux vaincus. Ne leur répondez pas. Parfois certaines personnes sont affectées par les critiques et les attaques de certains. Laissez-les parler. Les grenouilles n’influencent pas la route. Vous voyez une résistance légendaire ; alors ne prêtez pas attention aux vaincus.

Aujourd’hui, nous appelons à tirer profit de cette étape décisive dans laquelle nous nous trouvons après l’accord, à travers quatre éléments fondamentaux pour réaliser l’expulsion d’«Israël».

Le premier élément : nous sommes forts. Forts grâce à trois éléments : la foi, la volonté et la capacité.

Ne regardez pas seulement l’aspect militaire. Est-ce l’aspect militaire qui a tenu bon ? Non. Ce qui a tenu bon, c’est l’aspect de la foi. C’est elle qui a fait qu’une seule personne valait dix ou cent ; C’est elle qui a fait qu’un missile valait dix ou cent ; qui a fait qu’un obus valait dix ou cent.

La foi, la foi qui donne la détermination ; la volonté qui ne se brise pas. Regardez les jeunes : nous n’avons pas réussi à empêcher certaines personnes d’aller au front. L’un est blessé une première fois, une deuxième fois, une troisième fois, une quatrième fois, puis il retourne au front. À l’hôpital, il n’a plus ses deux jambes et cherche les meilleures prothèses possibles en disant : «Je veux retourner au front avec elles.»

Quels combattants !

Vous êtes là devant une volonté puissante.

Quant à la capacité ! Mes amis, ne vous êtes-vous jamais posé la question ? Ils nous ont encerclés dans le ciel et placé des barrages sur toutes les frontières, par terre, par mer et par air, et nous ne pouvions pas introduire ces immenses moyens qui, selon certains, auraient pu renverser les équilibres. Comment avons-nous réussi à nous battre?

Il y a une capacité. La capacité, c’est le savoir. La capacité, c’est la créativité. La capacité, c’est de faire de grands moyens à partir de moyens simples. La capacité, c’est la tactique. La capacité, c’est l’habileté. La capacité, c’est le courage.

Pensez-vous que l’«Israélien» combat et reste sur le terrain ? Il se couche plutôt à plat ventre. Quand un obus arrive, il est terrorisé, lui et ceux qui sont avec lui. Il développe une crise psychologique et il a besoin d’un traitement.

Chez nous, cent obus nous tombent sur la tête d’un combattant ; il regarde autour de lui, voit qu’il est toujours vivant, puis continue.

Cette résistance a prouvé sa présence. Et de toute façon, les chiffres existent. Durant les jours de «Paille Machée » (al-'asf al-ma’koul), à partir du 2 mars, le nombre d’opérations menées par la résistance en 105 jours a été de 3 185 opérations, soit une moyenne quotidienne de 30 opérations.

Après le 16 avril, lorsqu’on a dit qu’il y avait un cessez-le-feu, il y a eu 17 opérations par jour car ce cessez-le-feu a été violé par «Israël».

En contrepartie, le nombre de véhicules militaires ennemis visés a été de 518. Le nombre de rampes de missiles visées a été de 85. Nos jeunes ont abattu 12 drones et 12 appareils sans pilote, ils ont touché un hélicoptère et ont repoussé les autres.

Quant aux pertes en hommes de l’ennemi israélien - et ce sont les chiffres annoncés, mais en réalité, elles sont supérieures à cela- elles s’élèvent à 1 347.

Quand on dit 1 347, il n’est pas nécessaire de préciser morts ou blessés, car chez eux le blessé est comme un mort. Selon l’expression : il faut vraiment quelque chose d’exceptionnel de la part de Dieu pour qu’il soit blessé et qu’il quitte le combat. Car lui va à la guerre malgré lui; il n’a pas de cause à défendre. C’est un occupant. C’est un criminel. Lorsqu’il voit les propriétaires de la terre, il ne peut supporter cette réalité.

Donc, nous sommes forts. C’est un facteur très important sur lequel nous devons nous baser pour construire.

Nous sommes la terre, la poussière, les arbres et l’air. Nous sommes le sang rouge. Nous sommes l’arme tranchante. Nous sommes la bravoure sur le champ de bataille. Nous sommes le peuple dont le corps a été façonné par la terre du Sud, dont l’âme est liée au Créateur de la terre et du ciel, et dont les enfants sont accompagnés par le souvenir des martyrs.

Nous arrachons, mais nous ne sommes pas arrachés. Notre vie et notre position ne prennent jamais fin, sauf à lorsque sonne l’heure et cette heure est entre les mains de Dieu.

La victoire éclatante nous est promise :

« Si Dieu vous aide, nul ne pourra vous vaincre. »

Voilà qui nous sommes.

Maintenant, qu’il y ait des gens à qui cela plaise ou non, cela les regarde.

« Ce n’est pas raisonnable, à quoi pensez-vous ? Que dites-vous ? »

Nous ne faisons pas que penser : nous sommes ainsi. Nous sommes sur le terrain. C’est avec cette force que nous faisons face ; avec cet esprit que nous faisons face ; avec cette foi, cette volonté et cette capacité que nous faisons face.

Et nous sommes convaincus de la victoire pour assurer la souveraineté du Liban sur sa terre et ses droits, et pour expulser «Israël».

Voilà le premier élément dont nous devons tenir compte à cette étape.

Le deuxième élément : le plafond des négociations avec l’ennemi «israélien» est la sécurité mutuelle ; il n’y a pas d’autre plafond.

Tout projet placé sous le titre du désarmement ne passera pas, car c’est la recette «israélienne» pour tout prendre et détruire le pays.

Allons-nous négocier pour donner aux «Israéliens» ce qu’ils veulent ?

Ce qu’ils n’ont pas obtenu par la guerre, ils voudraient l’obtenir par la politique ?

C’est terminé.

«Israël» a tenté sa chance et il a échoué. Ce n’est pas le premier à échouer. Même Trump a échoué.

Alors, je leur dis :  «remettez de l’ordre dans vos pensées et vos actes , cherchez une autre méthode».

Avec nous, vous ne gagnerez pas. Avec nous, vous n’arriverez pas à vos fins.

Par Dieu, nous vous ferons goûter «l’amertume la plus dure».

Si vous voulez continuer, faites-le, et nous verrons.

J’appelle à tirer profit de l’accord du 27-11-2024 afin de réaliser les cinq points suivants : mettre fin à l’agression par air, terre et mer ; obtenir le retrait d’«Israël» de l’ensemble des territoires libanais ; récupérer les prisonniers ; permettre le retour des habitants jusque sur le dernier pouce du Liban ; et assurer la reconstruction.

Dans le cadre de ces cinq points, l’armée libanaise se déploie exclusivement au sud du fleuve Litani conformément à l’accord, ainsi que selon ce qui pourra être convenu.

Il n’existe ni «zones- pilotes», ni zones de sécurité pour «Israël», ni zones jaunes, ni rouges, ni vertes. Israël doit partir et il partira.

Troisièmement : j’appelle les autorités libanaises et toutes les parties concernées à maintenir les revendications libanaises face à l’ennemi israélien, sans les lier à une quelconque question intérieure, et sans accepter les exigences d’«Israël» d’intervenir dans nos affaires internes.

Tout ce qui concerne l’organisation de notre situation intérieure, qu’il s’agisse de la question des armes, de l’économie, de la stratégie de sécurité nationale, de la stratégie de défense, ou de toute autre question relative à notre situation au Liban, y compris l’application de la résolution 1701, doit être entièrement exclu des négociations.

Nous discutons de cela entre nous, à l’intérieur du pays.

C’est pourquoi, dans toute négociation, la revendication fondamentale doit être le rétablissement de la souveraineté du Liban, car «Israël» est l’agresseur et ne doit avoir aucun lien avec la manière dont nous organisons notre souveraineté intérieure ni avec les détails de nos affaires internes.

Quatrièmement : nous appelons le président de la République et les autorités politiques à assumer leur responsabilité dans l’unification des positions, le dialogue, la discussion sereine et l’accord entre nous, dans le but de faire sortir l’ennemi et de restaurer la souveraineté.

Nous sommes prêts à coopérer. Nous l’avons démontré dans l’application de l’accord du 27-1-2024. Nous avons facilité le travail de l’armée libanaise dans son déploiement au Sud, et nous avons été les plus disciplinés pendant quinze mois.

Nous sommes prêts à coopérer ; mieux encore, nous devons être une seule main dans cette étape décisive, avec le mot d’ordre de la libération du Liban par tous les moyens appropriés et de la coopération entre nous.

Nous conseillons aux autorités de se libérer des négociations directes qui ont prouvé qu’elles n’étaient que des diktats humiliants imposés par le feu, sans rien apporter ; ce ne sont que des concessions sans la moindre contrepartie.

Les Américains et les «Israéliens» se concertent contre le Liban, l’oppriment, le réduisent au silence, publient des déclarations en son nom et lui demandent de faire des concessions.

Arrêtez-les.

Alors nous serons ensemble.

Et imaginez combien il serait beau que nous soyons une seule main pour libérer notre terre et assurer l’avenir de nos enfants !

 

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