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Imam des opprimés

Déclaration du secrétaire général du Hezbollah cheikh Naïm Qassem

Déclaration du secrétaire général du Hezbollah cheikh Naïm Qassem
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Au nom de Dieu

L’ennemi «israélien», soutenu par le tyran américain, a parié sur l’élimination du Hezbollah, de sa résistance islamique et du public soudé à la résistance, pétri de dignité et d’honneur. Il n’a laissé aucun moyen, aucun crime, aucun complot, aucune voie sans les emprunter, mais il n’a pas réussi, depuis le début de la bataille dite de «Ouli al-Baess» le 23 septembre 2024 jusqu’à aujourd’hui, à atteindre son objectif.

Le pari décisif de l’ennemi a eu lieu le 2 mars 2026 ; nous lui avons fait face par la bataille de «Paille mâchée». L’ennemi «israélien», ses parrains, les vaincus et le monde entier ont été surpris par la ténacité des résistants, leur bravoure, leur puissance, la diversité de leurs méthodes de combat et leur efficacité, ainsi que par une gestion de la bataille menée avec un commandement et un contrôle maîtrisés, sans oublier le soutien exceptionnel de la population soudée autour de la résistance malgré les exodes forcés et les grands sacrifices. L’ennemi est arrivé à une impasse : cette résistance continue et demeure forte, et il est impossible de la vaincre.

Dans cette atmosphère de sacrifice, de dignité et de défaite de l’ennemi, le pouvoir s’est empressé de faire une concession gratuite, humiliante et inutile, dont la seule explication est une  soumission sans contrepartie. Nous rejetons catégoriquement les négociations directes. Les détenteurs du pouvoir doivent savoir que leur comportement ne profitera ni au Liban ni à eux-mêmes : ce que veut d’eux l’ennemi «israélo»-américain n’est pas entre leurs mains, et ce qu’ils veulent de lui, il ne le leur accordera pas.

Le chemin qui mène à la solution et celle-ci consistent à obtenir les cinq points que nous avons déjà énumérés avant toute autre chose : arrêter l’agression terrestre, maritime et aérienne ; obtenir le retrait d’«Israël» des territoires occupés ; la libération des prisonniers ; le retour des habitants dans tous leurs villages et localités; et la reconstruction.

Ce pouvoir ne peut pas continuer alors qu’il brade les droits du Liban, renonce à la terre et affronte son propre peuple résistant. Ce pouvoir doit revenir vers son peuple afin de le rassembler autour de lui, pour ne pas être le pouvoir d’une partie mais celui du peuple, selon le consensus sur lequel a été bâti l’Accord de Taëf et notre Constitution actuelle. Sa responsabilité est de revenir sur ses fautes graves qui plongent le Liban dans une spirale d’instabilité. Il est responsable de mettre fin aux négociations directes avec l’ennemi israélien et d’adopter des négociations indirectes. Il doit aussi annuler sa décision du 2 mars qui criminalise la résistance et son peuple, c’est-à-dire plus de la moitié du peuple libanais, afin de pouvoir poursuivre un dialogue interne qui place l’intérêt du Liban au-dessus de toute autre considération, sans se soumettre aux diktats israéliens et étrangers.

L’approche de la solution commence par reconnaître que le problème, c’est l’agression, et que la résistance est une réaction à l’agression, non sa cause ; que les armes de la résistance servent à repousser l’agression, et qu’il s’agit d’armes défensives qui visent à protéger l’existence même, à cette étape, en raison de l’occupation «israélienne» et de la révélation des objectifs de l’agresseur qui consistent à annexer le Liban comme une partie du «Grand Israël».

Nous n’abandonnerons pas les armes ni la défense. Le terrain a prouvé les préparatifs de la résistance pour rééditer l’épopée de Karbala ; les sacrifices sont immenses mais ils sont le prix de la libération et d’une vie digne. Notre grand peuple libanais les assume avec sa noble résistance comme choix entre deux options : la libération et la dignité, ou l’occupation et l’humiliation. Nous, nous rejetons l’humiliation. Quant aux partisans de la reddition, leur cas est étonnant ! Ils ne sont pas visés eux-mêmes, ils dépensent sur le compte des autres, et acceptent les miettes du pouvoir et obtiennent quelques avantages au prix de l’extermination de leurs frères et de leurs proches dans la patrie, ainsi qu’au prix de l’occupation d’une partie du Liban. Revenez à l’unité nationale : tout le monde y gagnera et les ennemis y perdront.

Le cessez-le-feu n’aurait pas eu lieu sans la République islamique d’Iran lors des discussions du Pakistan, après la résistance héroïque de la résistance et de son peuple au Liban. Merci à l’Iran.

Pourquoi le pouvoir a-t-il durci sa position ? Si le cessez-le-feu venait de n’importe quel médiateur, nous devrions l’accepter, et personne ne négociera les conditions du Liban pour la solution à la place du Liban lui-même. Puis il y a eu le mercredi noir sanglant avec l’agression «israélienne» contre Beyrouth et tout le Liban : 200 frappes en dix minutes, plus de 300 martyrs civils et plus de 1200 blessés, tandis que l’ennemi «israélien» justifiait cela en affirmant que le pouvoir libanais n’était pas concerné par le cessez-le-feu ! Le pouvoir a réagi, et le mardi a été un jour de honte et de déshonneur à Washington lors d’une réunion directe avec l’ennemi, après quoi le département d’État américain a publié un accord mentionnant l’acceptation du gouvernement libanais alors que celui-ci ne s’était même pas réuni. Il y avait, dans cet accord, un cessez-le-feu imposé du côté libanais seulement, alors qu’«Israël» gardait toute  la liberté pour poursuivre l’agression. Il y avait aussi dans cet accord, «la reconnaissance par les gouvernements libanais et israélien de la nécessité de contenir les activités du Hezbollah et des autres groupes dissidents». Nous n’avons entendu aucun commentaire des responsables au pouvoir à ce sujet ! Le pouvoir a-t-il décidé d’agir main dans la main avec l’ennemi «israélien» contre son propre peuple ?

Nous espérons encore que le pouvoir reviendra sur ses fautes. Que ce soit clair : ces négociations directes et leurs résultats sont pour nous comme s’ils n’existaient pas ; ils ne nous concernent ni de près ni de loin. Nous poursuivrons notre résistance défensive pour le Liban et son peuple. Nous ne reviendrons pas à la situation d’avant le 2 mars. Nous répondrons à l’agression israélienne et nous l’affronterons. Peu importent les menaces de l’ennemi, nous ne reculerons pas, nous ne nous inclinerons pas et nous ne serons pas vaincus. Menacez autant que vous voulez : les hommes de Dieu sur le terrain ne baisseront pas la tête ; ce sont eux qui soumettent les tyrans de la terre, les plus vils des hommes et les monstres de la création. Nous serons, avec tous les hommes d’honneur, une seule main, avec le mouvement Amal, les forces politiques nationales et les personnalités de toutes les régions et confessions.

Nous ne trahirons pas le sang des martyrs qui est une responsabilité qui pèse sur nos épaules, à leur tête le maître des martyrs de la nation, sayyed Hassan Nasrallah, sayyed Hachem Safieddine et tous les martyrs, sans parler des blessés, des souffrances des prisonniers et des sacrifices de nos proches dans l’exode et tout ce qu’ils ont donné et offert.

Ne nous demandez pas quelles sont nos capacités : elles ne se mesurent ni en mois ni en années. Elles reposent sur une triple dimension : la foi, la volonté et la capacité, et cette triple dimension est inépuisable. Regardez la ténacité des combattants, la grandeur de notre peuple et la promesse de Dieu aux croyants...

Retenez ceci pour l’Histoire : l’ennemi «israélien» ne restera pas sur un seul pouce de notre terre, et nos habitants retourneront sur leurs terres jusqu’au dernier mètre de notre frontière sud avec la Palestine occupée. A notre peuple, je dis : comme nous avons résisté ensemble, nous reconstruirons ensemble nos villages et notre pays.

Bienvenue à tous ceux qui aident le Liban, soutiennent sa libération et sa reconstruction ; mais ceux qui servent les exigences de l’ennemi et contribuent à l’affaiblissement de la force du Liban ne sont pas les bienvenus.

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