Cheikh Qassem exige un «cessez-le-feu global»: «Il n’y aurait pas de sécurité pour les colonies sans sécurité pour les villages du Liban-Sud»
Par AlAhed
Le Hezbollah réclame un «cessez-le-feu global» au Liban et le retrait «israélien» du pays, a affirmé ce jeudi 3 juin son secrétaire général, cheikh Naïm Qassem, appelant les autorités libanaises à «arrêter la mascarade» des négociations avec «Israël» au lendemain de l’annonce d’un accord à Washington.
Cheikh Qassem, a qualifié la «Déclaration de Washington» de «feuille de route visant à anéantir une partie du peuple libanais et à asservir le reste». Il a estimé que cette déclaration définit les principes fondamentaux envisagés par les États-Unis et «Israël» pour soumettre le Liban au projet du «Grand Israël».
Dans un communiqué publié à l'occasion de l'anniversaire de la disparition de l'imam Khomeini et portant sur les derniers développements politiques, cheikh Qassem a affirmé que le Hezbollah n'a pris aucun engagement envers quiconque de ne pas résister à l'agression ou de ne pas y répondre. Il a souligné: «Tant que l'agression se poursuivra, nous y ferons face avec toute la force dont nous disposons, et nous frapperons l'ennemi là où nous le déciderons et le pourrons. Tant que nos villages ne seront pas en sécurité, qu'ils seront bombardés, détruits et que notre peuple sera tué, les colonies ne seront pas en sécurité, et ils constateront notre détermination et notre rigueur.»
Voici le texte intégral du communiqué de Son Éminence:
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
Louange à Allah qui nous a envoyé les prophètes, avec à leur tête le Messager d'Allah, Mohammad (PSL), porteur de la guidance et de la religion de vérité, suivi des imams de la guidance, infaillibles et purs, ainsi que de leurs compagnons vertueux et choisis, et des savants divins, afin qu'ils soient tous des modèles de droiture et d'intégrité pour l'humanité.
Premièrement: Hommage à l'imam Khomeini
Nous adressons un salut plein de révérence et de grandeur à l'illustre et regretté imam Khomeini, révivificateur de la religion et destructeur de l'arrogance des puissants.
Par la grâce d'Allah, l'humanité a bénéficié de l'avènement du mouvement de l'imam Khomeini et de sa révolution divine en Iran. Celle-ci est intervenue dans un contexte où les États-Unis dominaient l'Iran et ses ressources, colonisant de nombreux pays à travers le monde et dans notre région par la tyrannie et l'injustice, face à l'Union soviétique qui contrôlait une autre partie du globe.
Cette révolution est née d'un fondement divin et islamique, reposant sur les principes de vérité, de justice, d'indépendance, de liberté de choix, d'unité islamique, de respect de l'être humain, de résistance à l'injustice et à l'occupation, et de soutien aux opprimés du monde. Elle a établi le régime de la République islamique d'Iran par référendum populaire, a rédigé sa constitution et ses lois, et a proclamé sa position indépendante: «ni Est, ni Ouest».
Sur les plans religieux, intellectuel et culturel, l'imam Khomeini incarne l'expression de la voie divine pour l'humanité tout entière, pour quiconque choisit une vie humaine droite et juste. C'est pourquoi de nombreuses populations à travers le monde ont adhéré à sa direction et à sa vision spirituelle, ce qui constitue un droit légitime, particulièrement en comparaison avec d'autres options idéologiques, matérielles ou hostiles.
Ni l'Occident ni l'Orient n'ont laissé l'Iran mener sereinement son expérience politique sous la direction de l'imam Khomeini. Les puissances arrogantes ont déclenché une guerre de huit ans contre l'Iran par l'intermédiaire de Saddam Hussein en Irak, mobilisant des forces mondiales et régionales pour renverser le régime de la République islamique. Ce dernier a fait face à la guerre au prix de millions de sacrifices, subissant un blocus économique et international, soutenu par la résilience de sa direction, de son peuple, du Corps des Gardiens de la révolution, de son armée et de ses élites. Malgré les difficultés, l'Iran a progressé dans tous les domaines et a soutenu les mouvements de libération ainsi que le front du droit, sans s'ingérer dans les affaires d'autrui. Le sommet de ses positions nobles réside dans son soutien constant au peuple palestinien pour la libération de sa terre et d’al-Qods (Jérusalem), ainsi que son appui aux mouvements de résistance contre l'occupation «israélienne» criminelle, qui menace la région et le monde.
L'imam Khomeini demeure le modèle du dirigeant divin défendant le droit et la dignité humaine. En contrepartie, le modèle des tyrans incarné par les États-Unis, «Israël» et leurs alliés, a propagé les guerres, le chaos, la criminalité et l'anéantissement des enfants, des femmes et des ressources à l'échelle mondiale, Gaza en étant aujourd'hui un exemple flagrant sous les yeux du monde. Quel modèle choisissons-nous pour la fierté, la dignité humaine et la droiture? Nous éprouvons une fierté et une gratitude infinies envers Allah pour avoir suivi l'exemple de l'imam Khomeini dans notre mode de vie et notre soutien au droit.
Pourquoi les États-Unis, l'Occident et leurs subordonnés combattent-ils l'Iran depuis quarante-sept ans? Pourquoi lui imposent-ils un blocus? Pourquoi veulent-ils l'empêcher de posséder une force défensive, droit pourtant légitime pour tout État? Pourquoi veulent-ils lui interdire l'enrichissement pacifique de l'uranium, autorisé par le droit international? La réponse est qu'ils refusent qu'il soit un modèle de droiture, de justice et d'indépendance, et exigent qu'il soit soumis à leurs intérêts et à leur tyrannie.
Les États-Unis et l'entité «israélienne» ont mené des agressions contre l'Iran, assassinant des dirigeants civils et militaires, ainsi que des scientifiques du secteur nucléaire. Ils ont tué des civils et des enfants dans leurs écoles et détruit des infrastructures civiles dans une injustice flagrante aux yeux du monde pour renverser le régime. Cependant, ils ont échoué et échoueront face à ce grand peuple formé à l'école du sacrifice, et qui continue d'exceller sous la direction de l'Ayatollah sayyed Mojtaba Khamenei.
La Résistance au Liban s'est inspirée de la vision de l'imam Khomeini pour libérer la terre de l'ennemi usurpateur. Nous combattons pour notre terre et notre peuple par obéissance divine, refusant toute servitude, afin que nos générations vivent indépendantes dans leur patrie. Cette résistance est le fruit des orientations de l'imam sayyed Moussa Sadr et de la voie du maître des martyrs de la nation, sayyed Hassan Nasrallah. Elle est alliée à diverses forces politiques qui croient en la résistance et consentent des sacrifices pour elle.
Deuxièmement: Analyse de la situation politique actuelle
En ce jour de commémoration de la disparition de l'imam Khomeini, qui coïncide avec la fête d'Al-Ghadir et la régence de l'Émir des croyants, l’imam Ali (PSL), pionnier de la justice, nous passons en revue notre situation politique afin de réaffirmer la voie de l'authenticité et du droit.
Nous exprimons notre gratitude à l'Iran pour l'aide qu'il nous apporte afin de recouvrer notre terre et nos droits face à l'agression «israélo»-américaine. L'Iran s'emploie également à consolider l'arrêt de l'agression et un cessez-le-feu global au Liban, dans le cadre de la fin des hostilités dirigées contre lui.
Les négociations directes, qualifiées de vaines et humiliantes pour le Liban — et rejetées en bloc par de larges pans du peuple libanais —, ont abouti à la «Déclaration de Washington». Celle-ci dicte les conditions américano-«israéliennes» visant à soumettre le Liban au projet du «Grand Israël».
Fixer le désarmement de la résistance comme condition préalable à tout accord revient à neutraliser la force du Liban et pose une menace existentielle d'anéantissement pour son peuple résistant. C'est une formule de déstabilisation visant à susciter la discorde interne au profit d'«Israël», permettant à ce dernier d'obtenir par la politique ce qu'il n'a pu obtenir par la guerre. Cela est inacceptable pour quiconque exige la dignité et le respect du sang des martyrs, des blessés et des prisonniers. Nous ne trahirons pas le dépôt sacré des martyrs, de la terre et de l'avenir des générations futures.
La Déclaration, une feuille de route pour l'anéantissement d'une partie du peuple libanais
Envisager le volet sécuritaire sous l'intitulé d'un cessez-le-feu illusoire, interprété comme un arrêt unilatéral des tirs par le Hezbollah et un retrait des résistants du Sud sous la pression militaire, constitue une capitulation. C'est un objectif irréalisable pour l'ennemi.
Un cessez-le-feu «global» et le retrait d'«Israël»
Le cessez-le-feu doit être intégral ; il ne saurait y avoir de dissociation entre le Sud et le reste du Liban, ni de liberté d'action pour l'ennemi «israélien» sur notre territoire. Tant que l'occupation persistera, la résistance continuera.
Nous n'avons pris aucun engagement de ne pas riposter à l'agression. Tant que celle-ci durera, nous la combattrons avec toute notre vigueur. Tant que nos localités subiront des destructions, les colonies ne connaîtront pas la sécurité. Nous combattrons les forces d'occupation jusqu'à leur expulsion complète, en comptant sur le soutien divin, la vaillance de nos combattants et la solidarité de notre peuple qui consent d'immenses sacrifices. Nous sommes confiants dans la victoire de cette résistance.
La souveraineté du Liban passe exclusivement par l'arrêt de l'agression «israélienne» sous toutes ses formes (aérienne, terrestre et maritime), le retrait des territoires occupés, le déploiement de l'armée au sud du fleuve Litani, la libération des prisonniers et la reconstruction.
Rejet de tout lien entre l'existence de la Résistance et l'arrêt de l'agression «israélienne»
Il n'appartient à aucune partie extérieure de s'immiscer dans les affaires intérieures libanaises ni dans l'organisation de la vie politique, économique et sociale du pays, dont les décisions relèvent de l'accord entre Libanais dans le cadre d'une stratégie de sécurité nationale partagée.
Attentifs à l'unité nationale face à l'agression, nous considérons qu'elle constitue notre force commune. Nous appelons le pouvoir à assumer ses responsabilités pour remédier aux divisions internes causées par des choix politiques ne reflétant pas le consensus national ni les principes constitutionnels de coexistence.
Il incombe aux autorités d'engager les démarches et le dialogue nécessaires pour unifier les Libanais face à l'agression «israélienne», qui nous vise tous. Il est prioritaire que les acteurs nationaux s'entendent d'abord face à l'agression, avant de traiter les dossiers internes sous le plafond de la Constitution, des accords de Taëf et de l'unité nationale.
Nous appelons les responsables à mettre un terme à ces négociations directes et à s'appuyer sur la cohésion du peuple autour de l'option d'un État souverain.
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