«Sécuriser» le détroit d’Ormuz: Paris et Londres mettent sur pied une coalition internationale, Téhéran met en garde
Par AlAhed avec agences
L'Iran a averti qu'il ripostera, de manière décisive et immédiate, à tout déploiement de navires militaires par des pays européens dans le détroit d'Ormuz, alors que le Royaume-Uni et la France s’activaient pour mettre sur pied une coalition internationale visant à «sécuriser» ce passage stratégique.
Les ministres de la défense britannique et français coprésideront, mardi, une réunion en visioconférence avec leurs homologues des pays prêts à contribuer à une mission pour «sécuriser» le détroit d’Ormuz, a annoncé Londres, ce dimanche soir.
La quarantaine de pays impliqués «devraient profiter de la réunion de [mardi] pour discuter et définir leurs contributions militaires à la mission défensive visant à rouvrir et à sécuriser le détroit d’Ormuz lorsque les conditions le permettront», a fait savoir le ministère de la défense britannique dans un communiqué.
Après cette annonce, Téhéran a averti que tout déploiement déclencherait une «réponse décisive et immédiate» de l’armée iranienne.
«Qu’il soit en temps de guerre ou de paix, seule la République islamique d'Iran peut assurer la sécurité dans ce détroit. L’Iran ne permettra à aucun pays de s'ingérer dans ces affaires», a affirmé dimanche le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, sur son compte X.
Londres a déjà annoncé le prépositionnement «au Moyen-Orient», sans plus de précision, d’un destroyer, le HMS Dragon, jusqu’à présent positionné en Méditerranée orientale.
De son côté, Paris a annoncé le 6 mai l’envoi du porte-avions Charles-de-Gaulle en mer Rouge et dans le golfe d'Aden.
«Tout déploiement et stationnement de destroyers extrarégionaux autour du détroit d'Ormuz, sous prétexte de protéger la navigation, ne constitue qu'une escalade de la crise, une militarisation d'une voie maritime vitale et une tentative de dissimuler la véritable source d'insécurité dans la région», a souligné M. Gharibabadi.
Il a également précisé que la sécurité maritime ne peut être assurée par des démonstrations de force militaires, en particulier de la part des nations qui, «en soutenant l’agression et le blocus, en y participant ou en gardant le silence, font elles-mêmes partie du problème».
Le diplomate iranien a, par ailleurs, fait remarquer que l'insécurité régionale trouve son origine dans l'usage illégal de la force, les menaces constantes proférées à l'encontre des États côtiers et surtout le mépris du droit international, tel qu'il est énoncé dans la Charte des Nations Unies.
«Le détroit d'Ormuz n'est pas la propriété commune de puissances extrarégionales ; mais c'est une voie maritime sensible adjacente aux États côtiers. L’exercice de la souveraineté de l’Iran sur ce détroit et l’établissement de son cadre juridique relèvent des droits de l’Iran en tant qu’État côtier», a-t-il martelé.
A la mi-avril, plusieurs pays non directement impliqués dans le conflit déclenché le 28 février par les agressions américano-«israéliennes» sur l’Iran se sont dits prêts à mettre en place une «mission neutre» afin de «sécuriser» le détroit, lors d’une conférence coprésidée à Paris par le président français, Emmanuel Macron, et le Premier ministre britannique, Keir Starmer.
L’objectif est d’«accompagner et sécuriser les navires marchands qui transiteront dans le Golfe», avait déclaré Emmanuel Macron, tandis que Keir Starmer avait parlé d’une force «pacifique et défensive».
Les Etats-Unis et l’Iran, parties belligérantes au conflit, n’ont pas participé à ses pourparlers.
En réponse à l’agression américano-«israélienne», l’Iran s’est permis de fermer le détroit d’Ormuz à la navigation associée aux agresseurs et à leurs alliés, provoquant une flambée des prix du pétrole.
De plus, l’Iran a dû appliquer des contrôles beaucoup plus stricts le mois dernier, suite à l’annonce par le président américain Donald Trump d’un blocus visant les navires et les ports iraniens.
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