L’Iran met en doute le «sérieux» des Etats-Unis, sa réponse à un nouveau plan américain en suspens
Par AlAhed avec AFP
L'Iran a mis en doute samedi 9 mai le sérieux de la diplomatie américaine dans les tractations en cours pour une issue au conflit au Moyen-Orient, sans toutefois communiquer sur sa réponse à la dernière proposition de Washington.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi a fait part de ce scepticisme lors d'un entretien téléphonique avec son homologue turc, Hakan Fidan, au lendemain de nouveaux accrochages dans les eaux stratégiques du Golfe.
«L'escalade récente des tensions par les forces américaines et leurs multiples violations du cessez-le-feu renforcent les soupçons sur la motivation et le sérieux de la partie américaine sur la voie de la diplomatie», a affirmé M. Araghchi, cité par l'agence iranienne ISNA.
A Washington, le président Donald Trump avait pour sa part dit vendredi attendre dans la soirée une réponse des Iraniens à une proposition visant à mettre durablement fin aux hostilités. «Je devrais recevoir une lettre ce soir, donc on verra bien comment ça se passe», avait-il assuré à des journalistes.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, cité par la télévision d'Etat, avait pour sa part indiqué que l'Iran étudiait toujours la proposition américaine.
Accrochages en mer
Plus tôt vendredi, l'armée américaine a annoncé avoir «neutralisé» par voie aérienne deux pétroliers iraniens dans le golfe d'Oman, porte d'entrée du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures.
Téhéran a dénoncé auprès de l'ONU une «violation flagrante» de la trêve conclue un mois plus tôt.
Et une source militaire citée par l'agence Tasnim a confirmé que les forces iraniennes avaient répliqué: «après une période d'échanges de tirs, les affrontements ont cessé actuellement et le calme est revenu», a-t-elle indiqué.
Des échanges de frappes avaient déjà eu lieu un jour plus tôt.
Le 28 février, les États-Unis et «Israël» ont lancé une agression illégale contre l’Iran, ce qui a entraîné le martyre du Leader de la Révolution islamique, l’imam sayyed Ali Khamenei, ainsi que de hauts commandants militaires, en violation flagrante de la souveraineté du pays.
Un cessez-le-feu, négocié sous l’égide du Pakistan, a été instauré le 8 avril. Les négociations qui ont suivi n’ont toutefois pas permis d’aboutir à un accord, à cause des exigences excessives de Washington.
Les responsables iraniens ont à plusieurs reprises critiqué l’approche américaine dans les négociations, confirmant que la Maison-Blanche cherchait à imposer ses conditions plutôt que de s’engager dans un véritable dialogue.
Dans un message publié mercredi sur X, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a exposé la perception des négociations pour la partie iranienne, en se référant aux principes du droit international.
«Le concept de pourparlers requiert la bonne foi, ce qui signifie que les négociations ne sont ni des disputes, ni des diktats, ni des tromperies, ni des extorsions, ni des coercitions», a-t-il écrit.
Le président du Parlement iranien, Mohammad-Baqer Qalibaf, a rejeté certaines informations au sujet d’un prétendu accord imminent entre Téhéran et Washington, les qualifiant de «trompeuses» et d’«éléments composés d’une série de fausses informations» diffusées par les médias américains.
Dans un message sur X, Baghaï a notamment évoqué des allégations publiées par le média américain Axios concernant un tel accord, en les qualifiant d’«Opération Fauxios».
Selon lui, la diffusion de telles informations reflète une pratique fréquente dans la couverture médiatique américaine, en particulier des articles attribués à des sources anonymes. Les responsables iraniens l’ont catégoriquement démenti, d’autant plus que ces informations se sont révélé par la suite être non fondées.
