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Tout le monde agit comme si la guerre était inévitable!

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Par Ibrahim al-Amine*

Le jeu américain en Iran est désormais «à découvert». Les communications que l'administration américaine entretient avec différents pays et forces ne laissent aucune place à l'interprétation, car elles contiennent des propos explicites concernant un «ultimatum» : soit l'Iran se conforme aux exigences, soit on se dirige vers un projet de changement complet du régime.

Les messagers du «fou du monde» répètent ce qu'il dit ouvertement : il fera n'importe quoi pour atteindre son objectif !

Il est légitime que le monde s'inquiète de cette orientation, mais il est également légitime que beaucoup résistent à cette folie, qu'ils s'y opposent et qu'ils rappellent aux craintifs que nous avons affaire à un homme aventurier, et que l'enlèvement d'un président de sa maison ne signifie pas s'emparer de la planète, ni avoir le pouvoir de décider du destin des peuples.

L'inquiétude qui règne dans les pays de la région provient, en premier lieu, de la crainte que le projet américain ne fonctionne pas et que Trump, en cas d'échec, recoure à une escalade supplémentaire, convaincu que la force est le seul moyen d'atteindre la victoire. Dans ce cas, les conséquences seraient catastrophiques pour les peuples de la région, tandis que lui emporterait ses hommes et ses affaires pour retourner chez lui. N'est-ce pas ce que les États-Unis ont fait en Irak et en Afghanistan en moins de vingt ans ?

La même inquiétude est également présente en «Israël», bien qu’il soit la partie la plus proactive dans la promotion du projet américain et le soutien principal à ses actions exécutives. «Tel Aviv» craint une guerre prolongée qui pourrait mener à des résultats imprévisibles. Ainsi, les mises en garde «israéliennes» ne concernent pas la teneur de la décision, mais la manière dont elle sera mise en œuvre. «Israël» estime être le plus expérimenté et le mieux informé sur le dossier iranien, et qu’il doit être un partenaire pleinement engagé dans la planification et la supervision. Le problème de l'autre fou à «Tel Aviv» est qu'il est incapable de garantir un contrôle total sur un processus dirigé personnellement par Trump.

L'idée de Trump repose sur sa conception de la «guerre propre», c'est-à-dire une guerre dans laquelle les États-Unis ne souhaitent perdre aucun soldat et dans laquelle leurs actifs militaires ne subissent pas de frappes douloureuses. C'est pourquoi Trump veut que ses généraux mobilisent tout le poids militaire pour éviter ces deux scénarios. Là où le renseignement échoue, il estime que la solution réside dans le recours à la puissance de feu à son maximum. Dans cette vision, Trump ne reconnaît pas l'existence de règles d'engagement qui régiraient ses décisions, et ce qui est plus inquiétant, c'est qu'il traite les armes utilisées comme si elles ne devaient obéir à aucune limite ou contrainte.

Le rêve américain – «israélien» est le déclenchement d'une grande «révolte» en Iran, menée par des personnes au sein même du régime. Dans ce contexte, les États-Unis tentent d'envoyer des signaux clairs à des personnalités et à des entités influentes, indiquant qu'ils sont prêts à traiter avec tout régime qui répond à leurs conditions, sans se soucier de l'identité idéologique ou sociale du nouveau dirigeant. Ce qui importe pour Washington, c'est que ce dernier accepte des conditions qui fassent de l'Iran un État vassal, dont l'économie serait soumise à l'Américain. Dans ce cadre, Trump séduit certains en faisant croire qu'il est prêt à conclure un accord avec tout nouveau régime, lui accordant une influence même au-delà de l'Iran.

Les États-Unis se mobilisent, «Israël» est prêt, et la question demeure sur ce que l'Iran pourrait faire dans une guerre existentielle

Depuis l'apogée de l'alerte sécuritaire et militaire il y a quelques jours et jusqu'à présent, l'armée américaine continue de préparer le théâtre d'opérations : d'importants rassemblements, un armement massif et un large déploiement de troupes autour de l'Iran, depuis l'ouest et le sud, et de l'est si nécessaire. Ce déploiement repose principalement sur la force aérienne et la puissance de missiles, avec un rôle maritime de plus en plus accentué comme base opérationnelle avancée.

«Israël» est censé fournir différentes formes de soutien, allant des renseignements sur le terrain, à la direction des opérations d'assassinat et de sabotage, jusqu'à la participation directe aux combats. À l'intérieur d'«Israël», il n'y a guère de réserves à entrer en guerre ; les agences «israéliennes» agissent déjà sur le terrain, construisant une large banque d'objectifs humains et logistiques, et les responsables israéliens expriment même leur disposition à supporter le coût, à condition que la campagne se poursuive jusqu'à la chute du régime.

«Israël» offre ses services pour protéger le dos des forces américaines et confirme sa préparation à mener des opérations intensives au Liban, en Syrie, en Irak et au Yémen, au cas où les alliés de l'Iran interviendraient avec le déclenchement de la guerre, un scénario que Washington redoute. Bien qu'«Israël» ne manifeste pas une inquiétude excessive vis-à-vis du front des alliés, il n'aime plus les surprises.

En Iran, la situation semble assez claire. Tout le monde agit sur la base de l'idée que l'ennemi pourrait aller à l'extrême dans ses aventures, ce qui conduit à une préparation pratique pour l'affrontement sur deux fronts parallèles : activer les capacités de défense pour faire face à toute campagne militaire potentielle, et renforcer la répression sécuritaire pour empêcher toute action interne.

Cette stratégie est devenue évidente. Les habitants des villes et des campagnes comprennent que le régime se bat pour sa survie. Jusqu’à présent, il n'y a aucun signe de voix au sein du régime appelant à un compromis avec Trump. Au contraire, les factions qui penchaient autrefois vers une détente avec l'Occident se trouvent aujourd'hui dans une grande confusion. Ces personnes et ce qu'elles représentent prennent conscience de la nature de l'identité nationale iranienne, et savent pertinemment que ceux qui s'opposent aux politiques du régime actuel ou à certains de ses symboles ne désirent pas un retour du Shah. De plus, les institutions centrales de l'État iranien ne montrent pas de besoin de se soumettre à des administrations extérieures. Même les Iraniens qui rêvent de voir leur pays devenir un centre de stabilité et de prospérité savent que cela ne peut se faire par une dépendance à l'extérieur.

Il est important de noter dans ce contexte que les Américains eux-mêmes ne cherchent aucune solution logique avec quiconque en Iran. Beaucoup comprennent en interne que ce que les États-Unis veulent, c'est simplement la soumission, et que tout nouveau régime en Iran, s'il émerge, devrait idéalement être un régime vassal, comme c'est le cas dans les pays de la région.

Pratiquement, les Iraniens se trouvent aujourd'hui face à face avec les Américains (et avec «Israël» et l'Europe aussi). Cependant, l'Iran choisit de ne pas révéler ce qu'il pourrait entreprendre si les portes de l'enfer s'ouvraient. Personne n'est en mesure de prédire la nature de sa réponse ou la forme potentielle de l'attaque de sa part. Tous multiplient les conjectures et font des comparaisons avec ce qui s'est passé pendant la guerre des douze jours, mais il n'est pas clair dans quelle mesure cette comparaison peut être utile, car ce qui est essentiel dans cet affrontement, c'est que Trump exprime clairement sa position, jour et nuit, sans ambages : je veux un nouveau régime à Téhéran, et point final !

Quant aux alliés de l'Iran, ou aux parties qui comprennent bien les conséquences catastrophiques de l'effondrement du régime, ils sont également dans un état d'alerte permanent. Ils savent exactement quand, où et comment agir, surtout s'ils perçoivent un danger existentiel imminent menaçant le centre du front anti-hégémonie américaine à notre époque.

Tout est possible avec Trump, mais ce qui est certain, c'est qu'il est un homme malade et fou, prêt à monter et descendre les marches en une journée, sans même cligner des yeux. Voilà à quoi ressemblent les symptômes des empires lorsque l'arrogance les atteint en phase de vieillesse !

*Article paru dans le quotidien libanais al-Akhbar, traduit par AlAhed

 

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