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Oslo : Le terrorisme en tant qu’invention occidentale

Oslo : Le terrorisme en tant qu’invention occidentale
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Akil Cheikh Hussein

Après la première explosion qui a visé le siège du Premier ministre norvégien faisant plusieurs
 morts et blessés ainsi que des dommages à d'autres édifices gouvernementaux au centre d'Oslo, tous les doigts accusateurs se sont tournés vers des extrémistes islamistes, et beaucoup d'indices ont été étalés qui allaient dans le même sens.

Des présomptions ont hâtivement présenté l'attentat comme une riposte d'Al-Qaïda à l'assassinat de Ben Laden, à la participation de la Norvège à la guerre en Afghanistan, ou même comme une mise en œuvre de menaces proférées par un groupuscule islamique du nom de "Ansâr al-Islam", que dirige un religieux originaire du Kurdistan d'Iraq qui vit au Norvège depuis une vingtaine d'années.

On a même parlé de liens possibles entre l'attentat et les déclarations dans lesquelles Kadhafi a dernièrement menacé de lancer des attaques en Europe en riposte à la guerre de l'alliance atlantique contre la Libye.

L'attentat a donc été inscrit dans le contexte des opérations "terroristes" menées, en 1998, par des extrémistes musulmans à commencer par les attentats de Nairobi et Dar as-salâm et à finir par les attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington, en passant par ceux de Londres en 2005.

Un tel diagnostique trouve des justifications dans les tensions ayant accompagné l'arrivée de la vague de l'islamophobie aux Pays scandinaves avec la publication des caricatures pernicieuses reprises par des journaux norvégiens dans les cadre des "œuvres d'art" anti islamiques qui avaient fait leur apparition aux Pays bas et au Danemark.

Tout cela a donné à l'attentat d'Oslo un aspect ordinaire en tant que poursuite des attentats traditionnellement perpétrés par des extrémistes musulmans, même s'il a constitué un événement sans précédant au Norvège dans la mesure où il a provoqué un choc qui a pris des dimensions à l'intérieur et à l'extérieur de la Norvège.

En vérité, cet attentat qui, paraît-il, visait le Premier ministre norvégien et pouvait atteindre cet objectif, aurait pu avoir des répercussions semblables à celles des attentats de septembre 2001 aux Etats-Unis, mais cette fois aux niveau de l'Europe qui aurait pu se voir glisser vers une guerre contre le terrorisme que représenterait un pays arabe qui est visé depuis longtemps par les complots du camp siono-américain, et qui subit actuellement des tentatives hystériques dont le but est de le déstabiliser et de le jeter dans la fournaise de discordes de tout genre.

Cependant toutes ces présomptions et justifications se sont effondrées d'un seul coup avec la seconde opération terroriste, à savoir la fusillade qui a eu lieu quelques heures plus tard sur l'île d'Utoeya près d'Oslo. Elle a visé un camp de la jeunesse dans le cadre de l'université des jeunes du parti travailliste norvégien au pouvoir qui rassemblait des centaines de membres âgés entre 14 et 18 ans.

Avec le carnage qui en a résulté puisqu'il a fait plus de quatre-vingts morts parmi les jeunes, il n'était plus possible de ne pas percevoir la nature intérieure de cette opération terroriste.


Il paraît que l'empressement des autorités norvégiennes à annoncer l'arrestation d'un trentenaire norvégien de souche aux cheveux blonds et aux yeux bleus, ainsi que la reconnaissance par ce type d'avoir perpétré les deux attentats, est une expression de l'intérêt donné par ces autorités à éviter tout glissement vers tout engagement extérieur susceptible de devenir un bourbier dont la sortie serait peu sûre. Elles ont donc focalisé leur attention à la dimension intérieure à un moment où le gouvernement voit d'un mauvais œil la montée en puissance de la droite extrémiste au Norvège comme dans les autres pays européens.

Le refus par le gouvernement norvégien d'une proposition d'aide israélienne pour mener les enquêtes, refus qui a été justifié par le fait de na pas avoir besoin d'une telle aide, juste avant l'admission d'une proposition britannique allant dans le même sens, ne s'écarte pas de ce souci de prudence susmentionné.

Du reste, les informations rendues publiques sur l'auteur des deux attentats le présentent à travers une longue liste de qualifications qui ne sont pas entièrement exemptes d'ambigüité et de contradiction. Il serait somme toute et selon les rapports mis à la disposition du public, un extrémiste de droite, et un fondamentaliste chrétien qui déteste les Marxistes, les Musulmans et les Protestants (en dépit de son adhésion bien réfléchie au protestantisme à l'âge de quinze ans). Il serait également hostile aux immigrés et au principe multiculturaliste prôné par l'Angleterre et d'autres pays européens.

Contrairement à l'habitude des adeptes de la droite extrémiste qui classent les Juifs parmi leurs pires ennemis, la personne en question serait aussi un franc-maçon qui aime "Israël" et abhorre les Palestiniens. Cela constitue une faille dans la thèse de son appartenance à la droite extrémiste qui s'ajoute à l'autre faille que représente la notoriété des attitudes des partis du centre-gauche qui vont au-delà de celles de la droite traditionnelle quant à leur soutien inconditionnel à l'entité sioniste.

Le vague dans lequel plonge la personnalité de l'auteur des deux attentats est suffisant pour considérer l'affaire d'un œil méfiant pour ce qui est de ses motifs et finalités. Dans les conditions de l'insistance officielle sur l'hypothèse d'un deuxième tireur potentiel, en dépit de la reconnaissance par l'auteur du carnage de l'avoir commis tout seul, il n'est pas exclu de voir la "main invisible" s'activer pour réorienter l'accusation vers les Islamistes rien que parce qu'une telle mise en scène est plus compatible avec les visées hégémoniques.

Mais s'il s'avère que l'opération avait des objectifs au-delà de ceux accomplis, et si -en raison de quelques pressions- le gouvernement norvégien se montre incapable de rendre publiques les conclusions des enquêteurs, la personnalité de l'auteur des deux attentats présente assez d'indices qui permettraient de la classer dans la catégorie des "fous" auxquels on attribue souvent tous les maux pour mystifier les motifs politiques et les parties qui les manipulent.

En tout cas et au moment où beaucoup d'observateurs comparent les deux attentats d'Oslo à celui d'Oklahoma perpétré par un extrémiste de la droite américaine en 1995, il est difficile aux gouvernements occidentaux de se disculper du phénomène terroriste dont elle s'efforce depuis deux décennies de coller à l'Islam. Surtout que ce phénomène est bien connu dans l'histoire de l'Occident chaque parallèlement à l'aggravation de ses crises économiques, politiques et socioculturelles


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