Un retrait spectaculaire, mais sans effet

Soraya Hélou
Une fois de plus, le camp du 14 mars a perdu la bataille, tout en essayant de présenter sa défaite comme une victoire. Le retrait spectaculaire des 59 députés de l’hémicycle au moment du vote de confiance se voulait un grand moment historique, destin à marquer les esprits. Il na été qu’une mascarade ridicule qui ne change en rien la réalité. Le gouvernement Mikati a obtenu la confiance de 68 députés de la manière la plus légale possible et il est désormais le gouvernement légitime du Liban.
Le retrait des députés du 14 mars était d’autant plus ridicule que les discours prononcés pendant les journées consacrées au débat de confiance étaient très différents dans le ton et le contenu, même au sein d’un même camp. Les députés des Forces libanaises ont été relativement conciliants, souhaitant ne pas heurter le patriarche maronite Mgr Béchara Raï qui a déclaré clairement son appui au gouvernement, allant même jusqu’à dénoncer la curieuse coïncidence entre le débat de confiance et la remise de l’acte d’accusation du TSL à la justice libanaise. Le député Boutros Harb a été encore plus loin, assurant le gouvernement d’une absence de confiance conditionnelle qui pourrait se transformer en confiance si les décisions sont conformes à ses attentes. Le député de la Jamaa islamiya Imad el-Hout s’est abstenu de voter, adoptant ainsi une position nuancée. Et pourtant, tout ce monde est sorti ensemble de la salle comme s’il était un corps homogène. Cette attitude indique deux choses : d’abord que le camp du 14 mars vit encore dans ses illusions et d’autre part qu’il se comporte comme un parti unique, gommant les différences et imposant une décision unique à toutes ses composantes, même si les propos tenus indiquent des divergences profondes.
Il vit dans ses illusions, car, comme l’a déclaré le Dr Ammar Houri lui-même : les députés du 14 mars avaient pris la décision de se retirer, mais ils ont attendu pour le faire la réponse du Premier ministre Négib Mikati, espérant malgré tout que les déclarations enflammées et désobligeantes de certains d’entre eux aient pu le faire changer d’avis. Les députés du Courant du Futur avaient en effet pendant trois jours tout tenté : les discours insultants pour Mikati lui-même, les provocations multiples pour pousser les députés du Hezbollah ou du 8 mars en général à l’incident et même les insultes répétées aux députés du courant aouniste, comme celles adressées par Farid Habib à Hekmat Dib. Malgré tout, Mikati est resté fidèle à lui-même, calme, refusant la polémique, mais répondant fermement lorsqu’il le fallait. Les députés du Hezbollah ont répondu point par point à leurs détracteurs et les députés aounistes ont limité au maximum leurs interventions. Résultat, le plan soigneusement mis au point pour profiter de ce débat retransmis à la télévision et susciter des incidents confessionnels et autres est tombé à l’eau. Comme la première tentative d’empêcher la désignation de Mikati en faisant intercéder les ministres turc et qatari des AE pour maintenir Saad Hariri au pouvoir. Il y a eu ensuite la seconde tentative par le biais de la Journée de la colère pour pousser Mikati à refuser sa désignation. Sans parler des affrontements de Tripoli qui ont éclaté au moment de la formation du gouvernement et enfin la volonté de provoquer des incidents pendant le débat de confiance.
Finalement depuis hier, le Liban a un nouveau gouvernement en plein exercice de ses fonctions. Maintenant, le 14 mars va sans doute tenté d’obtenir de la communauté internationale des sanctions contre le gouvernement pour le paralyser et le pousser à la démission. Mais quand on a surmonté tant d’obstacles, on est prêt à en surmonter d’autres et finalement, ce sont les Libanais qui décideront. Eux, en tout cas, veulent qu’on s’occupe de leurs problèmes, et cesser d’être sacrifiés à l’autel des ambitions des uns et des projets étrangers des autres.
Une fois de plus, le camp du 14 mars a perdu la bataille, tout en essayant de présenter sa défaite comme une victoire. Le retrait spectaculaire des 59 députés de l’hémicycle au moment du vote de confiance se voulait un grand moment historique, destin à marquer les esprits. Il na été qu’une mascarade ridicule qui ne change en rien la réalité. Le gouvernement Mikati a obtenu la confiance de 68 députés de la manière la plus légale possible et il est désormais le gouvernement légitime du Liban.
Le retrait des députés du 14 mars était d’autant plus ridicule que les discours prononcés pendant les journées consacrées au débat de confiance étaient très différents dans le ton et le contenu, même au sein d’un même camp. Les députés des Forces libanaises ont été relativement conciliants, souhaitant ne pas heurter le patriarche maronite Mgr Béchara Raï qui a déclaré clairement son appui au gouvernement, allant même jusqu’à dénoncer la curieuse coïncidence entre le débat de confiance et la remise de l’acte d’accusation du TSL à la justice libanaise. Le député Boutros Harb a été encore plus loin, assurant le gouvernement d’une absence de confiance conditionnelle qui pourrait se transformer en confiance si les décisions sont conformes à ses attentes. Le député de la Jamaa islamiya Imad el-Hout s’est abstenu de voter, adoptant ainsi une position nuancée. Et pourtant, tout ce monde est sorti ensemble de la salle comme s’il était un corps homogène. Cette attitude indique deux choses : d’abord que le camp du 14 mars vit encore dans ses illusions et d’autre part qu’il se comporte comme un parti unique, gommant les différences et imposant une décision unique à toutes ses composantes, même si les propos tenus indiquent des divergences profondes.
Il vit dans ses illusions, car, comme l’a déclaré le Dr Ammar Houri lui-même : les députés du 14 mars avaient pris la décision de se retirer, mais ils ont attendu pour le faire la réponse du Premier ministre Négib Mikati, espérant malgré tout que les déclarations enflammées et désobligeantes de certains d’entre eux aient pu le faire changer d’avis. Les députés du Courant du Futur avaient en effet pendant trois jours tout tenté : les discours insultants pour Mikati lui-même, les provocations multiples pour pousser les députés du Hezbollah ou du 8 mars en général à l’incident et même les insultes répétées aux députés du courant aouniste, comme celles adressées par Farid Habib à Hekmat Dib. Malgré tout, Mikati est resté fidèle à lui-même, calme, refusant la polémique, mais répondant fermement lorsqu’il le fallait. Les députés du Hezbollah ont répondu point par point à leurs détracteurs et les députés aounistes ont limité au maximum leurs interventions. Résultat, le plan soigneusement mis au point pour profiter de ce débat retransmis à la télévision et susciter des incidents confessionnels et autres est tombé à l’eau. Comme la première tentative d’empêcher la désignation de Mikati en faisant intercéder les ministres turc et qatari des AE pour maintenir Saad Hariri au pouvoir. Il y a eu ensuite la seconde tentative par le biais de la Journée de la colère pour pousser Mikati à refuser sa désignation. Sans parler des affrontements de Tripoli qui ont éclaté au moment de la formation du gouvernement et enfin la volonté de provoquer des incidents pendant le débat de confiance.
Finalement depuis hier, le Liban a un nouveau gouvernement en plein exercice de ses fonctions. Maintenant, le 14 mars va sans doute tenté d’obtenir de la communauté internationale des sanctions contre le gouvernement pour le paralyser et le pousser à la démission. Mais quand on a surmonté tant d’obstacles, on est prêt à en surmonter d’autres et finalement, ce sont les Libanais qui décideront. Eux, en tout cas, veulent qu’on s’occupe de leurs problèmes, et cesser d’être sacrifiés à l’autel des ambitions des uns et des projets étrangers des autres.
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