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Imam des opprimés

Le "classico" Barça-Real enfièvre Gaza malgré un appel au boycott

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Les Palestiniens de Gaza se sont pressés dimanche soir dans les cafés du territoire pour suivre le "classico" entre le Barça et le Real de Madrid en dépit d’un appel au boycott en raison d’une invitation au match de l’ex-soldat israélien Gilad Shalit.

Le tankiste israélien de 26 ans, qui a aussi la nationalité française, avait été libéré en octobre 2011 après plus de cinq ans de captivité aux mains du Hamas en échange de 1.027 Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes.

Les images de la télé n’ont pas montré d’images de Shalit dans la foule, mais la vue d’un drapeau israélien a aussitôt déclenché les huées et les sifflets de l’assistance gazaouie.

"Je suis un supporter du FC Barcelone et je suis vraiment en colère qu’ils aient invité Shalit. C’est un criminel, ce n’est pas quelqu’un qu’on doit inviter", a expliqué à l’AFP Hamza Azzam (27 ans). Avant d’ajouter: "Mais finalement, c’est du football et je reste un fan de Barcelone".

Son ami, Haythem Estawi, a également critiqué l’invitation faite à Shalit.

"Je regarde tous les matchs du Classico, et d’habitude peu m’importe qui gagne, mais cette fois, je suis à fond pour Madrid. Je veux que Barcelone perde".

"Le FC Barcelone doit savoir qu’il a beaucoup, beaucoup, de supporteurs au Moyen-Orient qui sont mécontents de ce qui s’est passé", lâche Zakariya Atoun, 53 ans, un fan du Barça.

Les autorités du mouvement de la Résistance islamique Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, et certains activistes palestiniens avaient appelé au boycottage du match à la suite de la décision controversée du club de Barcelone d’inviter Gilad Shalit.

Devant la forte désapprobation suscitée par cette invitation, le FC Barcelone avait tenté d’apaiser la colère des supporters palestiniens en invitant également Mahmoud Sarsak, un footballeur gazaoui emprisonné pendant trois ans et libéré en juillet au terme d’une longue grève de la faim.

Arguant qu’on ne saurait comparer le sort d’un soldat sous l’uniforme et celui d’un détenu politique, Sarsak avait décliné l’offre du Barça, expliquant qu’il ne pouvait assister au match aux côtés de Gilad Shalit.

Gilad Shalit s’est lui-même mêlé à la polémique, écrivant dimanche sur le site d’informations israélien Ynet qu’il était très excité par ce match comme un "petit enfant que les parents emmènent dans une immense confiserie".


Source: AFP


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