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Imam des opprimés

Belgique : 13 étudiants gazaouis bloqués malgré leurs bourses et leurs visas

Belgique : 13 étudiants gazaouis bloqués malgré leurs bourses et leurs visas
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Par AlAhed avec sites web

Treize étudiants et chercheurs palestiniens de Gaza, admis dans des universités belges et bénéficiaires de bourses d’études, restent bloqués dans l’enclave palestinienne. Malgré les demandes répétées du monde universitaire, Bruxelles n’envisage pour l’heure aucune nouvelle opération d’évacuation. Une position qui suscite de vives critiques et divise le gouvernement de Bart De Wever.

Ils ont été sélectionnés par des universités belges, ont obtenu des bourses couvrant leurs études et, pour certains, disposent déjà d’un visa. Pourtant, ces 13 étudiants et chercheurs palestiniens ne peuvent toujours pas rejoindre la Belgique.

Parmi eux, Aïcha Aboubaïa, médecin au ministère de la Santé à Gaza, a obtenu une bourse de l’Université libre de Bruxelles (ULB) pour suivre un master en santé publique. Ahmed Abujami, originaire de Jabalia et ancien professeur à l’Université Al-Israa de Gaza, attend lui aussi depuis près de deux ans de pouvoir rejoindre l’ULB pour poursuivre ses études.

«Cette bourse me donne beaucoup d’espoir de pouvoir continuer mes études et avancer dans la vie», témoigne Aïcha.

Ahmed, lui, explique vouloir retourner à Gaza après ses études afin de mettre ses connaissances au service de l’université et de ses collègues.

Mais leur départ demeure impossible sans une opération d’évacuation organisée avec l’accord des autorités contrôlant les points de passage de Gaza.

Deux obstacles majeurs

Les étudiants se heurtent principalement à deux obstacles.

Le premier concerne les démarches consulaires. La Belgique exige normalement que les demandeurs de visa se présentent physiquement auprès d’une ambassade ou d’un consulat. Or, pour les habitants de Gaza, rejoindre al-Qods (Jérusalem) ou «Tel-Aviv» pour accomplir ces formalités est pratiquement impossible.

«Tout le monde sait qu’à l’heure actuelle, il est totalement, pratiquement, impossible de quitter la bande de Gaza et de se rendre au consulat de Jérusalem», souligne Anne Weyembergh, vice-rectrice de l’ULB chargée des relations extérieures et de la coopération.

Le second obstacle est d’ordre politique : une évacuation doit être décidée par le gouvernement belge et coordonnée avec les autorités compétentes pour permettre la sortie des personnes concernées.

Selon l’ULB, plusieurs pays européens, dont l’Italie, les Pays-Bas, l’Espagne et la France, ont déjà organisé des démarches similaires afin de permettre à des étudiants gazaouis de rejoindre leurs établissements universitaires.

En Belgique, en revanche, aucune nouvelle opération d’évacuation n’a été décidée depuis décembre 2025.

Les universités interpellent le gouvernement

Face à cette situation, les recteurs des universités belges ont adressé en juin un courrier commun au ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, et à la ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt.

Ils demandaient notamment que les démarches de visa puissent être effectuées à distance et que le gouvernement apporte son soutien à la sortie de Gaza des étudiants et chercheurs, éventuellement en coopération avec d’autres États membres de l’Union européenne.

Le recteur de l’Université d’Anvers, Herwig Leirs, déplore l’absence de décision politique.

«Si d’autres pays en sont capables, pourquoi cela ne serait-il pas possible en Belgique ?», s’interroge-t-il, estimant que la volonté politique nécessaire à la mise en œuvre de l’évacuation fait défaut.

Le ministre des Affaires étrangères a, pour sa part, répondu aux universités qu’«aucune nouvelle décision» d’évacuation n’avait été prise depuis la fin des opérations de décembre 2025, soulignant que la possession d’un visa ne garantit pas, à elle seule, la possibilité de quitter Gaza.

Van Bossuyt invoque «l’effet domino»

Le dossier a pris une nouvelle dimension après les déclarations d’Anneleen Van Bossuyt.

La ministre de l’Asile et de la Migration s’est opposée à l’arrivée des 13 étudiants, mettant en garde contre ce qu’elle qualifie d’«effet domino».

Selon elle, autoriser leur venue pourrait ouvrir la voie à d’autres demandes, notamment de regroupement familial, mais aussi inciter des étudiants originaires d’autres zones de conflit — comme le Yémen, le Soudan ou l’Afghanistan — à réclamer un traitement similaire.

«On présente cela comme s’il ne s’agissait que de 13 personnes, mais il ne faut pas oublier l’effet domino», a-t-elle déclaré.

Cette justification a provoqué de nombreuses réactions critiques, notamment dans le secteur associatif.

L’organisation belge 11.11.11 rappelle que ces jeunes ont été sélectionnés par des universités belges, qu’ils disposent de bourses et que certains ont déjà obtenu un visa. Pour l’organisation, ils doivent pouvoir rejoindre la Belgique afin d’y poursuivre leur parcours académique.

Un débat qui divise la majorité

La question doit être examinée par le Conseil des ministres le 11 septembre. Mais aucun consensus ne semble pour l’instant se dégager au sein de la coalition gouvernementale.

La controverse oppose notamment la ligne restrictive défendue par la N-VA sur les questions d’asile et de migration à une approche plus ouverte portée par d’autres formations de la majorité.

Le débat ne porte donc plus uniquement sur le sort de 13 étudiants. Il met en lumière une question plus large : la Belgique est-elle prête à mettre en place une procédure exceptionnelle pour permettre à des étudiants palestiniens, déjà admis et financés par ses universités, de sortir d’une zone de guerre ?

Pour leurs défenseurs, le paradoxe est manifeste : les universités belges leur ont ouvert leurs portes, des bourses leur ont été accordées et certains possèdent même un visa, mais ils restent empêchés de rejoindre la Belgique faute d’une décision politique permettant leur évacuation.

Alors que la rentrée universitaire approche, leur avenir académique demeure ainsi suspendu à une décision du gouvernement belge.

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