Iran: Washington envisage de réduire sa présence militaire au Moyen-Orient, selon CNN
Par AlAhed avec sites web
Des responsables américains de la Défense et du renseignement ont entamé des discussions informelles sur une éventuelle réduction de la présence militaire américaine permanente au Moyen-Orient si l'administration du président Donald Trump parvient à mettre fin au conflit avec l'Iran,, rapporte CNN mardi 8 septembre, citant six sources.
Selon la chaîne américaine, ces discussions pourraient conduire à une nouvelle évolution de la posture militaire et du dispositif de renseignement de Washington dans une région où les États-Unis ont considérablement renforcé leur présence depuis les attentats du 11 septembre 2001.
Les responsables américains envisagent notamment de réduire les effectifs alors qu’environ 50 000 militaires américains sont actuellement déployés au Moyen-Orient, avec d’importants moyens militaires, dont deux porte-avions et plus d’une douzaine de destroyers équipés de missiles guidés.
Deux sources citées par CNN indiquent que l’armée américaine a déjà élaboré plusieurs scénarios permettant de modifier sa structure de forces dans la région à partir de l’année prochaine. Aucune décision formelle n’a toutefois encore été prise concernant une révision de la posture militaire américaine.
Vers un transfert accru des responsabilités aux partenaires régionaux
Selon CNN, de hauts responsables du Pentagone ont indiqué en privé souhaiter réduire les effectifs américains dans plusieurs pays du Golfe et transférer une part plus importante des responsabilités sécuritaires et défensives aux partenaires régionaux.
Parallèlement, le Pentagone examine différents moyens de renforcer la protection des forces qui resteraient sur place. Parmi les options envisagées figure le déplacement de certaines installations sous terre afin de les protéger contre les missiles et les drones iraniens.
Cette question a pris une importance accrue après les frappes iraniennes menées pendant le conflit, qui ont mis en évidence les vulnérabilités des installations américaines dans la région, rapporte CNN.
«Les vulnérabilités étaient connues depuis longtemps, mais les États-Unis n’ont jamais agi avec suffisamment d’urgence», a déclaré un responsable américain cité par la chaîne.
Les attaques iraniennes auraient causé d’importants dégâts à plusieurs installations américaines au Moyen-Orient. CNN rapporte notamment qu’un avant-poste de la CIA à Riyad, en Arabie saoudite, a été presque entièrement détruit. Des installations militaires américaines à Bahreïn, au Qatar, en Arabie saoudite et au Koweït auraient également été touchées.
Des missions pourraient être menées sans bases permanentes
Les responsables américains étudient également la possibilité de mener certaines opérations de renseignement et missions spéciales sans maintenir de bases permanentes dans la région.
Dans ce scénario, des militaires, du personnel spécialisé et des équipements pourraient être déployés ponctuellement depuis les États-Unis pour des missions spécifiques, avant de regagner le territoire américain.
Washington pourrait également choisir de ne pas reconstruire certaines installations lourdement endommagées ou détruites par les frappes iraniennes, notamment en raison du coût élevé de leur remise en état.
Le contrôleur du Pentagone, Jules «Jay» Hurst III, avait déclaré en avril que les décisions relatives à la réparation des installations endommagées dépendraient notamment de l’évolution de la posture américaine au Moyen-Orient.
Washington et Téhéran encore loin d’un règlement
Malgré ces discussions sur une éventuelle réduction de la présence américaine, Washington et Téhéran restent encore loin d’un règlement du conflit.
Selon CNN, l’Iran continue de cibler les forces et les installations américaines dans la région, notamment à travers des attaques menées la semaine dernière contre des sites américains en Jordanie et aux Émirats arabes unis.
Les responsables du Pentagone s’attendent néanmoins à ce que les États-Unis maintiennent certaines de leurs principales bases permanentes au Moyen-Orient. La reconstruction de plusieurs infrastructures pourrait toutefois dépendre de la contribution financière des pays hôtes, les coûts pouvant atteindre plusieurs milliards de dollars.
À court terme, les forces américaines devraient par ailleurs rester exposées aux attaques iraniennes.
Le chef des opérations navales américaines, l’amiral Daryl Caudle, a déclaré la semaine dernière que les personnels de la marine américaine ne regagneraient pas prochainement Bahreïn, qui abrite traditionnellement le siège de la 5e flotte américaine. «Nous n’y retournerons pas de sitôt», a-t-il déclaré.
