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Imam des opprimés

Renseignements «israéliens» sur la menace iranienne: Informer Trump ou orienter ses décisions ?

Renseignements «israéliens» sur la menace iranienne: Informer Trump ou orienter ses décisions ?
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Assia Husseini

Malgré ses menaces répétées et ses démonstrations de force contre l’Iran, Donald Trump semble en réalité redouter la capacité de Téhéran à le viser personnellement. Le président américain prend ainsi très au sérieux les menaces présumées qui pèsent sur lui et se déplace avec la plus grande prudence.

Selon les dernières informations, révélées par une enquête du Washington Post puis corroborées par Reuters, Donald Trump aurait reçu des renseignements de source «israélienne» selon lesquels l’Iran projetait de viser l’avion présidentiel lors du sommet de l’OTAN organisé à Ankara, en Turquie.

Bien que la CIA ait exprimé son scepticisme quant à la fiabilité de ces renseignements, les services américains ont néanmoins adopté des mesures de sécurité exceptionnelles pour protéger le président.

Que s’est-il réellement passé ?

À l’issue du sommet de l’OTAN à Ankara, Donald Trump est monté devant les caméras à bord de l’avion présidentiel traditionnel. Quelques minutes plus tard, il en est secrètement ressorti par une autre porte, dissimulé dans un camion de ravitaillement, avant d’être transféré vers un appareil militaire plus petit, de type C-32A.

Escorté par des avions de chasse américains, celui-ci l’a conduit jusqu’à la base britannique de Mildenhall. Pendant ce temps, l’avion présidentiel a poursuivi son vol avec des journalistes et des membres du personnel à son bord, faisant ainsi office de leurre.

Les responsables américains ont-ils accusé «Israël» d’avoir fabriqué la menace ?

Pas de manière officielle ou catégorique. Toutefois, l’enquête du Washington Post contient une accusation implicite plus grave qu’une simple remise en cause de la fiabilité des renseignements. Elle rapporte que des responsables américains, actuels et anciens, soupçonnent «Israël» d’avoir transmis cette alerte dans le but d’influencer les décisions de Donald Trump et la politique de Washington à l’égard de l’Iran, et non pas seulement de signaler une menace sécuritaire.

Un ancien responsable a ainsi estimé que cet avertissement s’inscrivait dans un ensemble de rapports «israéliens» qui, selon certains responsables américains, viseraient autant à orienter les décisions du président qu’à l’informer.

Reuters confirme les informations et apporte de nouveaux détails

Dans une enquête indépendante publiée le 13 août, Reuters a confirmé que les États-Unis avaient reçu, au cours de l’année écoulée, plusieurs avertissements «israéliens» concernant de prétendus projets iraniens visant à assassiner Donald Trump.

Les différents scénarios évoqués comprenaient une attaque menée par un tireur d’élite, le recrutement d’une personne chargée d’attaquer le président au couteau lors d’un grand rassemblement public, ainsi que le ciblage de son avion au moyen d’un missile portable durant sa visite en Turquie.

Les services de renseignement américains n’ont pas été en mesure de vérifier de façon indépendante certains de ces avertissements. Les services turcs ont également informé les autorités américaines qu’ils n’avaient trouvé aucun élément confirmant l’allégation «israélienne» concernant la visite de Trump à Ankara.

Que signifie la transmission d’un renseignement jugé peu fiable au président américain ?

Cette affaire laisse penser qu’«Israël» cherche, par différents moyens, à pousser Donald Trump vers des décisions plus radicales à l’égard de l’Iran. Parce qu’elle touche directement à sa sécurité personnelle, une telle information pourrait, compte tenu de la personnalité du président et de son parcours politique, avoir une influence considérable sur sa perception du conflit.

Rien ne permet toutefois d’affirmer avec certitude qu’«Israël» a entièrement inventé cette histoire. Ce qui est établi, en revanche, c’est que la CIA a jugé ces renseignements peu convaincants et leur a accordé un faible degré de confiance. Les services turcs n’ont pas non plus trouvé d’éléments permettant de les confirmer.

Pourquoi, dans ce cas, les autorités américaines ont-elles pris ces informations au sérieux malgré leur scepticisme ? Tout simplement parce que les services chargés de la protection du président ne peuvent écarter totalement une alerte, même jugée peu fiable, lorsqu’elle concerne sa vie. Si un incident survenait après qu’ils ont négligé un tel avertissement, leur responsabilité politique, institutionnelle et sécuritaire serait directement engagée.

Quel était l’objectif politique de cette opération?

L’objectif potentiel d’«Israël» serait de transformer le conflit entre Washington et Téhéran en une affaire personnelle entre Donald Trump et l’Iran. Constatant que le président américain ne suit pas entièrement la ligne souhaitée par le «gouvernement israélien» dans ce conflit qui dure depuis plusieurs mois, «Israël» aurait intérêt à ce qu’il perçoive la menace iranienne comme plus immédiate et, surtout, comme directement dirigée contre sa propre personne.

Lorsque le président américain se convainc que l’Iran n’est pas seulement un adversaire stratégique de son pays, mais qu’il cherche également à l’assassiner personnellement, tout accord avec Téhéran devient plus difficile sur les plans politique et psychologique. À ses yeux, négocier pourrait alors apparaître comme une marque de faiblesse ou une prise de risque.

Une menace personnelle peut également pousser Washington vers l’escalade, en transformant les options militaires, jusque-là soumises à des calculs stratégiques, en une réponse relevant de la légitime défense, de la dissuasion, voire de la vengeance.

Dans le même temps, «Israël» cherche à consolider sa position en tant que principale source déterminant, pour Washington, la nature du danger iranien, son degré d’urgence et la réponse à lui apporter. Plus l’administration américaine dépend des renseignements «israéliens», plus la capacité de «Tel-Aviv» à influencer le processus décisionnel américain s’accroît.

Un impact psychologique qui ne peut être ignoré

Le récit «israélien» adresse également un message implicite à Trump : «Israël» ne se contente pas de se protéger contre l’Iran, mais lui fournit aussi des renseignements présentés comme indispensables à sa sécurité personnelle. Cela pourrait créer une forme de dépendance sécuritaire et psychologique à l’égard d’«Israël», tout en augmentant le coût d’un éventuel éloignement des positions «israéliennes».

Une menace visant directement le président diffère d’un rapport général des services de renseignement, car elle fait passer le danger du niveau stratégique à celui de la survie personnelle. Elle peut ainsi pousser Trump à privilégier le scénario du pire, réduire sa disposition à faire des concessions et l’inciter à afficher davantage de fermeté afin de ne pas paraître effrayé ou vulnérable au chantage.

Les mesures de sécurité exceptionnelles ont transformé, dans l’esprit de Trump, une alerte «israélienne» transmise sous la forme d’un renseignement en une expérience concrète et profondément marquante : il a été secrètement exfiltré de son avion, transporté dans un camion de ravitaillement, puis transféré vers un autre appareil escorté par des avions de chasse.

Ainsi, même s’il apprenait par la suite que les renseignements «israéliens» avaient été jugés peu fiables, l’impact psychologique de cette expérience pourrait demeurer plus puissant que l’évaluation des services de renseignement elle-même. Il pourrait influencer ses décisions à l’égard de l’Iran et de la Turquie, ainsi que sa perception d’«Israël» comme une source indispensable à sa protection.

Il est impossible d’affirmer que tous ces effets ont été méticuleusement planifiés par Benyamin Netanyahou et son équipe. Néanmoins, ils correspondent aux intérêts du «gouvernement israélien», qui considère que Donald Trump, malgré son engagement dans la guerre contre l’Iran, ne prend pas de mesures suffisamment radicales contre Téhéran et ne paraît pas disposé à déclencher une guerre de grande envergure susceptible d’embraser l’ensemble de la région.

 

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