Conseiller du Leader: Washington entrera dans un «couloir sombre et sans fin» s’il attaque à nouveau l’Iran
Par AlAhed avec sites web
Un conseiller de haut rang du Leader de la Révolution islamique, l’Ayatollah sayyed Mojtaba Khamenei, a sévèrement mis en garde les États-Unis contre le risque de s’enliser dans une impasse en relançant leur agression contre l’Iran.
«Ils savent que le coût des négociations est bien inférieur à celui de la guerre. S’ils optent à nouveau pour l’action militaire, ils s’engageront dans une spirale infernale», a averti vendredi le 5 juin au micro de CNN Mohsen Rezaï, ancien commandant en chef du Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI).
Mise en garde contre un conflit extra-régional
M. Rezaï a ensuite mis en garde contre les conséquences géographiques potentielles d’une telle agression malavisée.
Réagissant aux menaces répétées des États-Unis de cibler les infrastructures iraniennes, il a déclaré: «Si la guerre se poursuit et que le blocus persiste, nous étendrons le conflit au-delà de la région, de l’océan Indien à la mer Rouge, au détroit de Bab el-Mandeb et à la mer Méditerranée. Ce serait très mauvais pour les États-Unis.»
Les États-Unis et «Israël» ont lancé, le 28 février, leur dernière offensive d’agression non provoquée contre l’Iran.
L’Iran a riposté en lançant au moins cent vagues de frappes de représailles décisives et efficaces, contre des cibles américaines et «israéliennes» sensibles et stratégiques à travers la région.
La République islamique d’Iran a également fermé le détroit d’Ormuz à ses ennemis et à leurs alliés, provoquant une onde de choc sur les marchés mondiaux de l’énergie. Cette mesure a notamment affecté les États-Unis, où les prix de l’énergie et, par conséquent, ceux de nombreuses matières premières ont fortement augmenté.
Dans ce contexte, le président américain Donald Trump a annoncé un cessez-le-feu unilatéral le 8 avril.
«Les négociations sont dans l’impasse»
M. Rezaï a estimé que Donald Trump était le principal obstacle à l’avancement du dialogue et du processus diplomatique entre les deux parties.
«La balle est désormais dans le camp américain. Trump est le principal problème dans les négociations», a-t-il affirmé.
Et de poursuivre: «Il parle de manière ambiguë et d'après ses propres déclarations, c'est sa méthode. Toutefois, cette approche ne fonctionne pas avec l’Iran. Il doit parler clairement.»
«Les négociations sont dans une impasse que Trump doit résoudre», a-t-il ajouté notant qu’«un profond climat de méfiance» domine actuellement les interactions entre les deux parties.
«Le dégel des actifs: un test pour rétablir la confiance»
Lorsqu'on lui a dit que Donald Trump avait affirmé attendre la réponse de l'Iran, M. Rezaï a déclaré: «L'Iran a clairement indiqué que nos avoirs gelés devaient être débloqués, mais les Américains donnent des réponses ambiguës.»
«Il s'agit d'un test pour instaurer la confiance et d'un moyen de démontrer le niveau minimal de sérieux requis dans les négociations», a-t-il souligné.
Le responsable a également conseillé au président américain de prendre ses décisions indépendamment de l’entité «israélienne», de mettre de côté ses intérêts personnels et de privilégier les intérêts du peuple américain.
«Aucune confiance dans l'accord nucléaire avec Trump»
Quant au programme nucléaire iranien, le conseiller du Leader a déclaré que la République islamique d’Iran avait agi dans le respect des réglementations internationales et du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).
Il a évoqué le Plan global d’action commun (PGAC), soulignant comment Donald Trump avait abrogé l'accord nucléaire de 2015.
«Par conséquent, nous sommes très méfiants quant à l'insistance de Trump sur le démantèlement du programme nucléaire iranien», a-t-il dit.
«Nous ne faisons confiance à aucun accord nucléaire conclu avec Trump et, pour le moment, il n'y aura aucune négociation sur la question nucléaire», a martelé M. Rezaï.
«L’insécurité dans le détroit d’Ormuz doit être maîtrisée»
Face à la situation engendrée par l’agression américano-«israélienne» non provoquée dans le détroit stratégique d’Ormuz, le conseiller du Leader a affirmé que cette voie navigable «n’est pas dangereuse pour le commerce», mais que toute tentative de semer l’insécurité ainsi que tout déploiement militaire visant ce point de passage stratégique seraient contrés.
«Ce sont les États-Unis qui ont rendu cette région dangereuse», a-t-il dénoncé.
Mohsen Rezaï a également évoqué l’opposition de Washington à l’imposition par Téhéran de taxes sur les services environnementaux et de transit dans le détroit d’Ormuz.
«Le détroit d’Ormuz appartient à l’Iran et à Oman, et sa gestion relève de notre responsabilité», a-t-il réaffirmé, ajoutant que les redevances devraient donc être perçues.
M. Rezaï a rejeté les allégations portées contre la République islamique d'Iran concernant une prétendue attaque contre l’aéroport du Koweït. «Nous avons ciblé la base américaine au Koweït en réponse à l’agression américaine.»
Il a ajouté que, tout au long de cette agression conjointe, l’Iran n’avait ciblé que des bases et des intérêts américains à titre de représailles, malgré le fait que certains pays voisins aient pleinement mis leur espace aérien à la disposition des ennemis de l’Iran.
Interrogé sur la possibilité d’une rencontre entre Donald Trump et le Leader de la Révolution islamique, après que le président américain a déclaré qu’une telle rencontre serait un «honneur» pour lui, Mohsen Rezaï a répondu: «Cela n’arrivera pas.»
Revenant sur les leçons tirées de la guerre par l’Iran, M. Rezaï a déclaré que cette agression avait démontré l’importance croissante de la guerre asymétrique.
«Cette guerre a également prouvé que l’ère de la guerre conventionnelle touche à sa fin et que la guerre asymétrique, combinée à l’innovation et à la créativité, est désormais plus efficace», a-t-il affirmé.
Il a par ailleurs rejeté l’idée selon laquelle la puissance militaire de l’Iran reposait uniquement sur les missiles et les drones.
«En réalité, nous attendions une invasion terrestre américaine pour que le monde puisse constater la véritable puissance de l’Iran, car nos forces terrestres sont, elles aussi, extrêmement puissantes», a conclu M. Rezaï.
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