Cheikh Qassem: Les négociations directes avec «Israël», une concession vaine… Il n’y aura pas de «zone tampon» au Liban
Par AlAhed
Le secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naïm Qassem, a affirmé que les négociations directes, voulues par les autorités libanaises, avec «Israël» constituaient une concession vaine, regrettant qu’«il n'existe aucun précédent mondial où une autorité nationale s'allierait avec l'occupant contre sa propre résistance». Dans un communiqué publié ce lundi 4 mai, cheikh Qassem, a également confirmé qu’«il n'y aura pas de zone tampon au Liban».
Voici le texte intégral du communiqué:
Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux. Louange à Dieu qui nous a guidés sur la voie du droit, et que la paix et la bénédiction soient sur le sceau des messagers, Muhammad (psl), ainsi que sur sa lignée purifiée et ses compagnons d'élite.
Analyse de la situation géopolitique
Nous traversons une phase critique de l’histoire de notre région et du destin de notre nation.
Le Liban fait face à une agression acharnée de l’entité sioniste, orchestrée et soutenue par l’hégémonie américaine, avec l’aval de puissances coloniales et de ceux qui ont sacrifié leur dignité pour des intérêts éphémères, au mépris du droit humain et de la vie.
La résilience de la Résistance et de son socle populaire, en dépit d'une asymétrie flagrante des moyens, constitue l'acte de détermination par lequel s'écrit l'avenir souverain de notre pays.
Nous nous inspirons des paroles sacrées: «Ô vous qui croyez! Lorsque vous rencontrez une troupe (ennemie), soyez fermes, et invoquez beaucoup le nom de Dieu afin de réussir. Et obéissez à Allah et à Son messager ; et ne vous disputez pas, sinon vous fléchirez et perdrez votre force. Et soyez endurants, car Allah est avec les endurants» (Al-Anfal, 45-46).
Agression et rupture des engagements
L’objectif de cette agression est l’usurpation de la terre et de l’avenir par la force. À l'inverse, la Résistance œuvre pour la libération et la justice.
Il est impératif de souligner qu'il n'existe actuellement aucun cessez-le-feu effectif au Liban, mais une agression continue.
Le Liban est la partie lésée ; il est donc celui qui requiert des garanties de sécurité et de souveraineté.
Alors que l'ennemi prétend vouloir sécuriser ses colonies du Nord, le Liban a scrupuleusement respecté l'accord du 27 novembre 2024 pendant quinze mois.
En revanche, l'ennemi a violé ce traité plus de dix mille fois, causant la mort de centaines de civils et la destruction systématique d'infrastructures civiles.
Stratégie de terrain et unité interne
L'armée libanaise s'est déployée au sud du Litani conformément aux accords. Sur le plan opérationnel, la Résistance a su adapter ses tactiques en privilégiant la mobilité et l'effet de surprise, rendant caduque toute velléité de «zone tampon» ou de «ligne jaune».
Le succès de cette confrontation repose sur deux piliers:
1-L'efficacité de la Résistance.
2-La cohésion du front intérieur.
Nous n’exigeons pas l'adhésion de tous à nos convictions, mais nous appelons à ne pas servir les intérêts de l'adversaire dans cette période de vulnérabilité nationale.
L'État doit assumer ses responsabilités régaliennes: préserver l'unité, assurer la défense du territoire via l'armée, et garantir la protection sociale des citoyens sans sélectivité.
Vision diplomatique et perspectives
Il n'existe aucun précédent mondial où une autorité nationale s'allierait avec l'occupant contre sa propre résistance.
La sortie de crise ne passera ni par la reddition, ni par une mise sous tutelle politique et militaire du Liban.
Nous préconisons une diplomatie proactive visant la cessation des hostilités et l’application des accords, à l'instar des négociations indirectes ayant mené à l'accord sur la frontière maritime.
En revanche, toute négociation directe constituerait une concession sans contrepartie, servant uniquement les agendas électoraux et politiques étrangers.
Hommage et reconnaissance
À la jeunesse de la Résistance: vous êtes les architectes d'un avenir digne. Votre sang a sanctuarisé la terre du Liban.
Le sacrifice des martyrs, avec à leur tête sayyed Hassan Nasrallah et sayyed Hashem Safieddine, demeure le phare qui éclaire notre marche vers la libération.
Nous exprimons notre profonde gratitude à notre peuple, aux déplacés pour leur patience exemplaire, ainsi qu'à l'ensemble des acteurs civils, médicaux et politiques qui ont œuvré pour la solidarité nationale.
Un hommage particulier est rendu aux membres de la «Rencontre Nationale» pour leur engagement en faveur de l'unité et de la souveraineté.
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