Liban-Sud: «Israël» assassine une journaliste, les ONG de défense du droit des journalistes dénoncent un crime de guerre
Par AlAhed avec agences
Au Liban, une reporter du quotidien Al-Akhbar, Amal Khalil, est tombée en martyre mercredi dans une frappe «israélienne», malgré une trêve en cours. RSF avait demandé une opération d'urgence pour secourir la journaliste bloquée à la suite d'une frappe «israélienne» près de son véhicule.
Avant l'annonce du décès d'Amal Khalil, l'agence de presse libanaise officielle, Ani, avait fait état de quatre personnes tuées par des frappes «israéliennes» dans l'est et le sud du pays.
Amal Khalil couvrait le conflit dans la ville d'al-Tiri avec une collègue, Zeinab Faraj, qui a été blessée. La journaliste a été tuée à la suite d'une frappe aérienne «israélienne», selon la Défense civile et et son employeur, le journal libanais Al-Akhbar.
Les équipes qui menaient des recherches avec l'armée libanaise et la Croix-Rouge «ont réussi à récupérer le corps de la journaliste martyre Amal Khalil», a ajouté le bureau de presse de la Défense civile.
Une opération de sauvetage empêchée par les frappes «israéliennes»
Amal Khalil tentait d’atteindre le dernier village avant la zone occupée. En chemin, un drone ennemi a ciblé une voiture qui la précédait, tuant deux jeunes hommes de Bint Jbeil. Elle s’est alors arrêtée, est descendue de sa voiture et a informé les équipes de secours pour qu’elles viennent transporter les martyrs et elle s’est déplacée vers un arbre à proximité pour s’abriter.
Les secouristes racontent avoir demandé à Khalil de reculer immédiatement, mais elle ne pouvait plus bouger en raison de l’horreur des blessures dans la voiture devant elle.
Lorsqu’elle a repris ses forces pour quitter la zone avec Zeynab Faraj, le drone a frappé de nouveau, ciblant cette fois la voiture de Khalil et la mettant hors d’usage.
Khalil a alors contacté un collègue pour l’informer de la situation avant de se réfugier dans une maison en attendant la Croix-Rouge. Pendant plus d’une demi-heure, l’ennemi a refusé l’accès aux deux collègues et aurait demandé à la FINUL de ne pas emprunter la route principale Hadatha – Bint Jbeil. C’est alors que l’aviation de guerre ennemie a bombardé al-Tiri, ciblant la maison où elles s’abritaient. Après s’être assuré d’avoir atteint son objectif de tuer Khalil et Faraj, l’ennemi a donné l’autorisation aux ambulances de la Croix-Rouge de circuler.
Reporters sans frontières (RSF) avait alerté l'opinion internationale sur la situation d'Amal Khalil, demandant «d'urgence des pressions sur l'armée israélienne afin qu'elle autorise le sauvetage de la journaliste libanaise.»
«Amal Khalil, actuellement bloquée près de Tayri, dans le sud du pays, à la suite d'une frappe israélienne près de son véhicule. Sa vie est en danger en ce moment même ! La poursuite des frappes israélienne empêche les secours de l'atteindre», a écrit RSF sur X.
«Il a fallu plusieurs heures de coordination pour que la Croix-Rouge ait l'autorisation de venir à son secours... sur le territoire libanais. Et même après cet accord, la route menant au village a été frappée», écrit sur Instagram le journaliste Arthur Sarradin, correspondant au Liban du quotidien français Libération, du groupe Radio France, et de la chaîne d’information française LCI.
Selon l'Ordre des rédacteurs, 27 journalistes ont été tués dans des frappes israéliennes depuis le début de la guerre, en octobre 2023. «Nous conseillons aux journalistes de se coordonner avec l’armée et les forces de sécurité dans les zones exposées aux attaques de l’occupation (israélienne), ainsi que la Finul et la Croix-Rouge libanaise, afin d’éviter toute aventure mortelle», indique l'association de journalistes libanais dans communiqué.
En 2023 et 2024, sept journalistes ont été tués au Liban par les forces «israéliennes» dans le cadre de leur travail, a recensé pour sa part RSF, qui appelle à la protection des professionnels des médias.
«Sous les bombes et avec un accès au terrain de plus en plus restreint. Les journalistes au Liban exercent leur métier dans un contexte de plus en plus difficile depuis que l'armée israélienne a intensifié son offensive» écrivait l'ONG en mars.
Le 28 mars, «Israël» a ciblé la voiture d’un groupe de journalistes, ce qui avait entraîné le martyre du correspondant de la chaîne Al-Manar, Ali Choaib et de la consœur et correspondante de terrain d’Al-Mayadeen, Fatima Ftouni, ainsi que du photographe Mohammad Ftouni.
La guerre «israélienne» sur le Liban depuis le 2 mars, ont fait 2 454 martyrs et plus d'un million de déplacés, selon le dernier bilan officiel.
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