«Aucune nouveauté», «non-événement», «copier-coller»: L’allocution de Trump sur la guerre en Iran n’a pas convaincu la presse internationale
Par AlAhed avec sites web
La déception est à la hauteur de l’attente: grande. L’adresse à la nation de Donald Trump mercredi soir, la première en direct depuis le début de la guerre en Iran le 28 février dernier, n’a apporté aucune des réponses que le monde attendait avec fébrilité sur la manière dont les États-Unis envisagent la suite de leurs opérations au Moyen-Orient. Voilà ce qui ressort clairement d’un tour de la presse internationale jeudi matin, la palme de la concision allant au quotidien britannique The Telegraph: «Tired-looking Trump has run out of things to say» (Fatigué, Donald Trump ne sait plus quoi dire).
L’enjeu était pourtant de taille: rassurer des marchés secoués par les hausses des prix de l’énergie, consécutives à la fermeture du détroit d’Ormuz, mais aussi des électeurs américains inquiets de vivre une nouvelle guerre interminable et préjudiciable pour leur portefeuille. Le climat est «de plus en plus dégradé», rappelle le Washington Post, qui cite un sondage selon lequel «près de 6 Américains sur 10 se disent opposés au conflit en Iran». Malheureusement, il n’y a eu «aucune nouveauté» dans le discours de 20 minutes du locataire de la Maison-Blanche, constate le journal espagnol El Pais, qui n’y a vu qu’une «mise à jour pour exhorter à la patience».
«Pas de stratégie claire pour sortir du conflit»
«Si l’on copiait-collait ses publications sur Truth Social de ces derniers jours, on n’obtiendrait plus ou moins ce discours à la nation», tance la BBC. «Ceux qui espéraient obtenir des réponses claires sur l’issue de cette guerre ou sur les possibilités de sortie pour les États-Unis n’ont pas trouvé grand-chose ici», insistent les journalistes britanniques, quand les journalistes suisses du Temps évoquent tout simplement un «non-événement».
Premier sujet chaud laissé sans réponse: l’issue de la guerre. S’il estime qu’elle pourrait prendre fin d’ici trois semaines, le président américain «n’a pas défini de stratégie claire pour sortir du conflit», souligne le New York Times. Le républicain a surtout exhorté les Américains à la patience, rappelant que sa «campagne militaire» est bien plus courte que des guerres passées, notamment les deux guerres mondiales, la guerre du Vietnam, celles de Corée et d’Irak.
Pas un mot, non plus, sur le plan de paix en 15 points que la Maison-Blanche exhortait l’Iran à accepter, la restitution des stocks d’uranium enrichi que possède Téhéran ni, surtout, sur une éventuelle sortie des États-Unis de l’Otan. Donald Trump a pourtant répété qu’il songeait à le faire, qualifiant l’Alliance de «tigre de papier» face au refus des États membres de l’accompagner dans sa guerre, ou d’intervenir directement dans le détroit d’Ormuz. Il s’est ainsi contenté de reprendre ses critiques habituelles contre ses alliés européens.
«Minimise les conséquences économiques»
La presse note même des contradictions dans les déclarations du président américain. «Il a ainsi démenti avoir voulu un changement de régime, comme il l’avait pourtant répété au début de l’offensive», note Le Figaro dans ses colonnes. En réalité, Trump a principalement «vanté ses succès» sur le terrain de cette opération «Epic Fury», «tout en promettant de nouveaux bombardements» si les dirigeants iraniens ne se plient pas aux exigences de Washington. Bombarder le pays, oui, «jusqu’à le ramener à l’âge de pierre». C’est ce qui fait dire au Financial Times que son adresse à la nation «laisse présager une escalade bien plus qu’un accord de paix rapide».
En parallèle, Donald Trump n’a eu de cesse de «minimiser les conséquences économiques» de la guerre, note encore Le Figaro. Le média américain CNN juge que «ses affirmations optimistes selon lesquelles les prix de l’essence allaient bientôt baisser et les marchés boursiers remonter en flèche ressemblaient davantage à des vœux pieux qu’au résultat d’une stratégie claire». Le président américain n’a ainsi «guère contribué à apaiser l’inquiétude mondiale, ni améliorer sa propre situation politique», poursuivent les journalistes américains, qui notent toutefois une certaine «clarté», une certaine «cohérence» et une certaine «modération» dans les arguments avancés par Trump pour justifier sa guerre.
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