Guerre contre l’Iran: Trump veut enrôler ses alliés et la Chine dans le détroit d’Ormuz
Par AlAhed avec AFP
Donald Trump a fait pression sur ses alliés et la Chine dimanche pour assurer la sécurité du détroit d’Ormuz, alors que l’Iran a mis en garde contre toute implication d’autres pays dans cette guerre qui embrase le Moyen-Orient et fait flamber le pétrole.
L’OTAN risque un avenir «très mauvais» si ses membres n’aident pas les États-Unis à rouvrir le détroit d’Ormuz, bloqué quasi totalement par l’Iran et par lequel transite d’ordinaire un cinquième de la production mondiale de pétrole, a déclaré le président américain dans une interview au Financial Times.
«S’il n’y a pas de réponse (à la requête américaine, NDLR), ou si celle-ci est négative, je pense que cela aura des conséquences très mauvaises pour l’avenir de l’OTAN», a-t-il estimé.
Il a également prévenu que le sommet avec la Chine prévu début avril à Pékin avec le président Xi Jinping pourrait être reporté si ce pays ne met pas la main à la pâte.
Les prix du pétrole ont poursuivi dimanche leur mouvement haussier enclenché par la guerre au Moyen-Orient, qui fait craindre une perturbation durable de l’approvisionnement en hydrocarbures à l’échelle mondiale.
Le président américain a dit souhaiter former une coalition de pays pour assurer la sécurité du détroit stratégique d’Ormuz, citant notamment la France mais aussi la Chine, le Japon, le Royaume-Uni ou la Corée du Sud.
Aucun État n’a pour l’heure annoncé se joindre à Washington.
Dans un appel téléphonique dimanche, Donald Trump et le Premier ministre britannique Keir Starmer ont échangé sur «l’importance de rouvrir le détroit d’Ormuz», a indiqué Downing Street.
Londres discute avec ses alliés «d’un éventail d’options» afin de sécuriser le transport maritime, mais juge que l’heure est surtout à une «désescalade».
Cette paralysie est une «souffrance passagère», a déclaré le secrétaire américain de l’Énergie Chris Wright, estimant que la guerre s’achèverait «dans les prochaines semaines».
Plus de 2000 morts
Sous les bombes d’«Israël» et des États-Unis depuis deux semaines, Téhéran a pour sa part exhorté les autres nations du monde à s’abstenir de «toute action» pouvant étendre la guerre, le jour même où une base italo-américaine a été visée.
Le président français Emmanuel Macron a déclaré dimanche à son homologue iranien Massoud Pezeshkian qu’il était «inadmissible» que la France soit «ciblée» et a réclamé le retour «au plus vite» de deux Français détenus en Iran.
À travers la région, la guerre a fait plus de 2000 morts, en majorité en Iran et au Liban, selon des données des autorités locales.
En représailles aux attaques «israélo»-américaines lancées le 28 février, Téhéran continue à viser des intérêts économiques et militaires des États-Unis, ainsi qu’«Israël», au Golfe.
«Israël» avait attaqué l’Iran en juin 2025, menant à une guerre de 12 jours à laquelle s’étaient joints les États-Unis.
Des négociations sur le nucléaire iranien, au cœur du différend, étaient à l’époque en cours entre Washington et Téhéran.
Conséquence des hostilités
Les Gardiens de la révolution ont indiqué dimanche avoir tiré 700 missiles et 3600 drones contre des cibles «israéliennes» et américaines.
Une base italo-américaine a ainsi été visée par une attaque de drone au Koweït, d’après l’armée italienne.
M. Araghchi a justifié ces attaques par «les nombreuses preuves», des images satellites et des «opérations de surveillance électronique», qui montrent que les bases américaines sont utilisées pour cibler son pays.
Cinq personnes ont en outre été blessées dimanche dans des tirs de roquettes ayant visé l’aéroport international de Bagdad, qui abrite aussi un centre diplomatique américain, ont annoncé les services de sécurité irakiens.
Au Liban, l’armée «israélienne» a à nouveau bombardé la banlieue sud de Beyrouth dimanche soir.
Conséquence des hostilités: le prix du baril de Brent, la référence mondiale du brut, a augmenté de plus d’un tiers depuis le début de la guerre.
Pour amortir la flambée, du pétrole issu des réserves stratégiques (400 millions de barils) devrait être débloqué immédiatement en Asie et en Océanie et dès fin mars en Amérique et en Europe par les pays de l’Agence internationale de l’énergie, a précisé l’organisation.
Il s’agira du plus important déblocage de stocks stratégiques de l’histoire de l’institution, créée il y a plus de 50 ans.
En entité «israelienne», huit personnes ont été «légèrement blessées» dimanche dans le centre après des tirs de missiles iraniens, selon les secours, lors d’une journée marquée par des alertes à répétition.
Économiquement, l’opération militaire est un gouffre pour Washington.
La première semaine de guerre lui a coûté plus de 11 milliards de dollars, d’après la presse américaine.
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