L’islamophobie s’enracine et se durcit en Europe en 2025, selon le CCIE
Par AlAhed avec agences
Le Collectif Contre l’Islamophobie en Europe (CCIE) a publié mardi 17 février son rapport annuel 2025, faisant état d’une «normalisation» préoccupante de la haine anti musulmane en Europe.
Selon le rapport, 876 signalements ont été enregistrés en 2025, 85 % l’ont été en France. Le collectif met en avant le meurtre d’Aboubakar Cissé, tué le 27 avril 2025 dans une mosquée du Gard alors qu’il priait. Le CCIE estime que cet acte s’inscrit dans un climat général de stigmatisation.
Les données recueillies indiquent que 80 % des victimes signalées sont des femmes. Dans 41 % des cas, les discriminations seraient liées au port du foulard. Au total, l’organisation recense 686 cas de discrimination et 178 agressions physiques.
L’organisation évoque une hausse des violences physiques et une institutionnalisation des discriminations, soulignant que la France demeure le principal pays concerné par les signalements.
Dans son introduction, le président du CCIE affirme que «jamais les discours racistes et discriminatoires n'ont semblé aussi banalisés», dénonçant leur diffusion croissante dans les sphères politique, médiatique et institutionnelle.
Le rapport fait également état d’évolutions préoccupantes dans d’autres pays européens.
En Espagne, la municipalité de Ripoll est qualifiée de «laboratoire de l’islamophobie institutionnelle». En juillet 2025, des violences survenues à Torre Pacheco auraient généré plus de 138 000 messages de haine en ligne en deux semaines.
En Autriche, l’organisation partenaire Dokustelle a recensé 1 336 incidents en 2024, des chiffres publiés en 2025, avec un pic durant la campagne des élections européennes.
Au Danemark, le CCIE dénonce une «conditionnalisation des droits». Selon l’organisation, l’exercice de certaines libertés dépendrait des positions politiques exprimées par des citoyens musulmans, notamment sur la question palestinienne.
En Belgique, le rapport évoque une «ineffectivité du droit», estimant que malgré un cadre législatif existant, les victimes rencontrent des difficultés pour obtenir réparation devant les tribunaux.
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