Discours du secrétaire général du Hezbollah en hommage à hajj Mohammad Yaghi
Au nom de Dieu
Aujourd’hui c’est la deuxième commémoration annuelle du martyr du jihad et de la résistance, le commandant fondateur, hajj Abou Salim Mohammad Hassan Yaghi. En cette commémoration, nous parlerons du grand défunt, de sa personnalité et de son action, et nous aborderons ensuite le sujet politique.
Dès sa première jeunesse, hajj Abou Salim était sur le chemin de l’islam mohammadien authentique. En mars 1974, il faisait partie de ceux qui étaient présents à la cérémonie du «Serment» de l’imam disparu Moussa Sadr. Il a ensuite rejoint directement le Mouvement des Déshérités, où il a occupé plusieurs postes, le dernier étant celui de responsable organisationnel de la région du Békaa. Il avait 14 ans lorsqu’il a participé à la cérémonie du «Serment» de l’imam Sadr. Ce qui signifie qu’il a commencé à prendre cette voie très tôt.
Le grand défunt a fait partie de ceux qui ont accueilli les premières unités des Gardiens de la révolution islamique iranienne en 1982. Il s’est rendu célèbre par sa phrase : «Ce sont les envoyés de l’imam Khomeiny pour nous.» Il a assumé, au sein du Hezbollah, plusieurs responsabilités : celle de Baalbek au Hezbollah, puis il a été, pendant un certain temps, adjoint du responsable de la région du Békaa lorsque le maitre des martyrs de la nation, sayyed Hassan Nasrallah était responsable de la région. Il a ensuite pris le relais assumant la responsabilité de la Békaa. Il a occupé également la responsabilité de l’Unité centrale des affaires civiles, et celle de l’information centrale au Hezbollah.
De 1989 à 1993, il a été membre du Conseil consultatif (choura) du Hezbollah durant deux mandats successifs, et il a été également adjoint du chef du Conseil exécutif auprès de sayyed Hassan. Il était évident que la relation, le suivi et la réalité pratique entre lui et «le sayed» se sont étalées sur plusieurs périodes.
Le Conseil consultatif l’a choisi comme candidat aux législatives pour représenter le Hezbollah dans la région de Baalbek-Hermel de 1992 à 1996, puis une deuxième fois de 2000 à 2005. En vérité, il a occupé plusieurs postes, en étant influent, actif, opérant, combattant, et responsable. De 2019 jusqu’à son décès en 2023, il a été l’adjoint exécutif du Secrétaire général.
Allah dit dans Son Livre :
«Ceux qui croient, qui accomplissent les bonnes œuvres, qui prient et acquittent la zakat auront leur récompense auprès de leur Seigneur, et il n’y aura pour eux ni crainte ni affliction.»
Il concrétise à merveille ce verset noble.
Lorsque nous parlons de la personnalité de hajj Abou Salim, le commandant fondateur, nous parlons du modèle qu’il offre et de ceux à qui il se référait. Son premier modèle a été l’autorité religieuse suprême sayyed Mohammad Baker al-Sadr, l’imam Moussa Sadr, puis l’imam Khomeiny et l’imam Khamenei.
Ainsi, il évoluait dans l’atmosphère spirituelle de grands chefs, de grands ulémas, de fondateurs, et d’acteurs sur le chemin de Dieu, donnant à la religion une immense revivification. Durant cette période, il a fait la connaissance de sayyed Hassan. Il l’a accompagné dans le jihad sur plusieurs terrains, que ce soit dans le Mouvement Amal ou ensuite dans le Hezbollah.
La première rencontre entre eux a eu lieu en 1978, c’est-à-dire un an avant le triomphe de la Révolution islamique en Iran, et quatre ans avant la naissance du Hezbollah. Ils ont fait connaissance à Baalbek, à l’école religieuse (Hawza) de l’Imam al-Muntazar fondée par le martyr, maître des martyrs de la résistance, sayyed Abbas al-Moussawi. Il a bâti avec lui une relation excellente, pratique et jihadiste, avec lui et avec le maître des martyrs de la nation.
Ainsi, l’environnement qui entourait hajj Abou Salim a été celui de ces grands ulémas. Il a travaillé avec sayyed Hassan et avec sayyed Abbas.
De sa vie jihadiste, nous pouvons dire que la voie de la résistance a été sa vie. Il était un commandant sur le terrain participant aux manifestations, lançant des slogans, récitant des chants, pratiquant la marche funèbre, et il scandait même : «Baker al-Sadr, paix à toi.» En d’autres termes, il était un commandant de terrain.
Tous les commandants du Hezbollah sont des commandants de terrain. Tous ceux qui ont pris cette voie sont des commandants de terrain. Sa particularité était qu’il était une partie indivisible de la marche sur tous les fronts du jihad. Il regardait vers l’horizon futur : quel horizon regardait-il ? Il regardait vers le fait d’être l’un des soldats de l’imam al-Mahdi et il œuvrait pour cette grande attente. Ainsi, il a bâti toute sa vie, tout son mouvement, dans le sens de l’élévation de la Parole de la Vérité et de la diffusion de la justice, ce que veut diffuser notre Imam al-Mahdi.
Hajj Abou Salim était croyant, porteur du message religieux, courageux. Il possédait la rudesse au combat, il était homme fier, doté d’un sens social, humble, consacrant toute sa vie à porter les soucis des gens, et en particulier ceux des pauvres, travaillant avec les combattants du jihad et participant à chaque action et mouvement du Hezbollah, dans son intégralité.
Grâce à Dieu, j’ai eu la plus grande part dans le fait d’être avec lui, de travailler avec lui et avec les frères fondateurs de ce parti. Nous étions ensemble dans de nombreuses grandes étapes, et nous nous sommes toujours consultés et nous avons coopéré. Il est un frère cher, membre du groupe fondateur, digne de la confiance du secrétaire général, sayyed Hassan.
Je salue la famille du défunt, hajj Abou Salim, le commandant fondateur du jihad. Je salue sa noble famille : son épouse, ses enfants, ses frères, et tous ceux qui l’entouraient. Il est une lumière dans ce ciel, et eux aussi représentent cette voie, car ils ne se sont jamais détournés de ce chemin, ni de cette orientation.
Hajj Abou Salim est aussi un modèle important de l’accueil réservé par les gens de la Békaa et de Baalbek-Hermel à la résistance. Il est un modèle de l’honneur, de la dignité et de la fierté. On ne peut évoquer hajj Abou Salim et les grands chefs, tels que sayed Abbas al-Moussawi, sans évoquer les gens de la Békaa, les gens de Baalbek-Hermel, qui furent parmi les premiers à se dresser face au projet «israélien» et à soutenir la résistance. Ils lui ont tout donné à cette voie.
Le Hezbollah est né dans la région de Baalbek-Hermel, et les gens de cette région ont été les premiers à donner le sang, à donner de l’effort, à donner du jihad. Maintenant, nous sommes fiers que la Békaa et Baalbek-Hermel, soient à l’avant-garde de l’affrontement, à l’avant-garde de la défense du Sud, du Liban, de la cause de la Palestine, de la liberté, de la dignité et de la fierté.
À ces grands qui ont consenti tant de sacrifices dans notre marche, à l’âme de hajj Abou Salim, à sayyed Abbas, et à tous ceux qui se sont sacrifiés sur la voie de l’élévation de la Parole de la Vérité et de la résistance, nous dédions la prière de la sourate bénie al-Fatiha.
Avant d’aborder le sujet politique, je voudrais mentionner trois sujets :
Premièrement, nous sommes dans la commémoration de la naissance de Jésus fils de Marie. Que la paix de Dieu soit sur lui. Il est un prophète parmi les cinq doués de fermeté. Il est celui qui a diffusé le message du pardon, de l’amour, de la morale et de la vertu à l’échelle du monde. Que soit bénie pour les chrétiens du Liban et du monde cette naissance bienheureuse, et, si Dieu le veut, que Ses enseignements célestes en éducation, en morale, en amour se répandent dans le monde, que nous avons besoin d’orienter dans la direction des vertus et de la morale.
Deuxièmement, nous sommes au début du mois de Rajab. Le mois de Rajab est le mois de la miséricorde, c’est le mois durant lequel Dieu déverse Sa miséricorde sur Ses serviteurs comme il est mentionné dans les récits, et il est l’un des trois mois de lumière : Rajab, Chaabane et Ramadan. Le Messager de Dieu a dit : «Rajab est le mois de l’imploration du pardon pour ma communauté. Multipliez l’imploration du pardon, car Il est Miséricordieux.» Ce mois se distingue par un ensemble de naissances d’imams de la Famille du Prophète et de martyres d’imams de la Famille du Prophète. Parmi eux, le 1er de Rajab la naissance de l’imam Ali al-Hadi le 2 de Rajab le martyre de l’imam Ali al-Hadi en l’an 254 de l’hégire, le 6 de Rajab le martyre de l’imam Moussa al-Kazim en l’an 183 de l’hégire, le 10 de Rajab la naissance de l’imam al-Jawad, en l’an 95 de l’hégire, et le 13 de Rajab la naissance du Prince des croyants Ali Ben Abi Taleb, qui remplit les horizons de ses dons et de son jihad.
Troisièmement, je présente mes condoléances pour le décès de l’uléma jihadiste et résistant, cheikh Ridha Mahdi, qui a beaucoup donné dans l’éducation et dans l’orientation, dans la région ouest de Beyrouth, à travers l’Association «Le savoir al-Houda», et à travers le Rassemblement des ulémas de Jabal Amel. Il a été porteur d’une histoire remplie d’assistance aux combattants du jihad, et il a eu des relations vastes et diverses. Il a laissé une empreinte importante. À sa noble famille et à tous ceux qui l’aiment, nous présentons nos condoléances et nous lui dédions la prière al-Fatiha.
J’en arrive à la situation politique.
Tout d’abord, le Liban aujourd’hui est au cœur de la tempête et de l’instabilité. Mais quelle en est la raison ? La raison c’est le tyran américain et l’ennemi «israélien». Ce sont les causes principales, centrales et premières de l’instabilité au Liban et des nombreux problèmes, ainsi que des complications qui frappent les Libanais.
D’une part, l’Amérique a parrainé la corruption au Liban et protégé les têtes de cette corruption. Depuis 2019, elle œuvre à saboter la situation économique et sociale, à semer la discorde, à imposer des sanctions et à exercer la tutelle. Maintenant elle contrôle de nombreuses institutions clés au Liban. Cela provoque l’instabilité et constitue le problème principal du pays.
La deuxième cause c’est l’ennemi «israélien», qui n’a jamais cessé son agression et qui a toujours eu des visées sur le Liban. C’est une entité expansionniste et usurpatrice, qui attaque le Liban depuis des décennies. Sa dernière agression ne s’est pas arrêtée malgré l’accord conclu en novembre 2024.
Quant aux problèmes internes au Liban, tels que les discordes et la corruption avec des coupables connus, ils se nourrissent malheureusement de la présence américaine et de l’agression israélienne.
En revanche, nous avons le parcours du Hezbollah au Liban. Tout le parcours du parti est lumineux et éclatant. Le Hezbollah et sa résistance islamique ont libéré le Liban, et pas seulement le Sud du Liban ; ils ont libéré le Liban, bien sûr en coopération avec tous les résistants honorables des différents partis et factions, ainsi qu’avec le soutien de l’armée libanaise et du peuple. Autrement dit, le Hezbollah n’a pas agi seul, mais il a été lumineux dans la libération et le sacrifice pour la patrie, dans le but de chasser «Israël» de notre pays.
Le Hezbollah s’est également distingué par la clarté de ses actions dans le travail parlementaire et gouvernemental, dans ses relations avec les autorités et dans le service du peuple. Partout où vous demandez à propos des députés du Hezbollah, des ministres du Hezbollah ou des employés du secteur public qui évoluent dans la mouvance du Hezbollah, on parle toujours de sacrifice, d’intégrité, de réalisations et de capacité pratique utile pour les gens. Le Hezbollah a aussi contribué à la construction de l’État : nous œuvrons toujours à construire et à rester dans le cadre des lois, et à nous éloigner de toute situation populaire qui nous détournerait du respect des lois.
Quant au service du peuple, c’est fondamental et essentiel. Allah a dit :
«As-tu vu celui qui traite la religion de mensonge ? C’est lui qui repousse l’orphelin et n’encourage pas à nourrir le pauvre. Malheur donc à ceux qui prient, qui sont négligents dans leurs prières, qui font de l’ostentation et refusent les petites aides.»
Nous sommes un groupe d’entraide, au service des gens, non pas pour les élections ni pour représenter les gens, mais pour accomplir notre devoir envers Allah et à l’égard de ces personnes.
Ainsi, le parcours du Hezbollah, son rôle et sa place sont tous des parcours propres, éclatants, pleins d’éthique que ce soit au niveau de la politique, de la construction de l’État, de la résistance et de la libération.
Aujourd’hui, nous sommes à un tournant historique : soit nous donnons à l’Amérique et à «Israël» ce qu’ils veulent, et ils veulent la tutelle américaine totale sur le Liban, le début du démantèlement du Liban et sa dissolution à travers le contrôle «israélien» de son territoire, au moins dans le Sud et via un contrôle sécuritaire total sur le Liban, soit nous nous dressons dans un élan national, pour reprendre notre souveraineté, notre terre et construire notre État et notre patrie.
Nous sommes devant un tournant historique, face à ces deux choix. Deux questions principales et prioritaires se posent : la première est le désarmement, que proposent les Américains et les «Israéliens», avec l’aide de certains au Liban. La deuxième est la restauration de la souveraineté du Liban par l’expulsion d’«Israël» et la construction de l’État, et cette question a également un large soutien public influent, grâce à Dieu.
Au sujet du désarmement, comment le percevons-nous ? Le désarmement est un projet «israélo»-américain, même s’ils l’appellent à ce stade «l’exclusivité des armes entre les mains de l’Etat», cela ne change rien, car le timing est fixé au rythme américano-israélien.
Si vous dites que non, que cela n’a aucun rapport, alors reportez la question de l’exclusivité des armes entre les mains de l’Etat jusqu’à ce que nous en ayons fini avec la situation actuelle, puis nous verrons quoi faire à ce sujet. Mais demander une telle exclusivité alors qu’«Israël» attaque et que l’Amérique exerce sa tutelle sur le Liban, le dépouillant de sa force, cela signifie que vous ne travaillez pas pour l’intérêt du Liban, mais pour ce qu’«Israël» veut.
Nous entendons, comme tout le monde, que le désarmement fait partie d’un projet visant à éliminer la capacité militaire du Liban.
1. Cela vise à frapper la capacité financière et sociale d’une partie influente des Libanais.
2. Cela vise à créer des divisions entre le Hezbollah et le mouvement Amal pour fragmenter cette force cohérente.
3. Cela vise à semer la discorde entre l’armée libanaise, la résistance et le peuple, pour affaiblir le pays et le rendre dépendant des autres.
4. Cela vise à maintenir l’occupation des cinq points devenus neuf, et à faire en sorte que cette occupation continue de tuer, de ravager et d’agresser dans tout le Liban, violant l’air, la mer et la terre sans contrôle ni surveillance.
Quel est l’objectif recherché à travers ce processus intitulé «désarmement» ? Ils veulent éliminer la résistance et annexer une partie du Liban, transformant le reste du pays en outil contrôlé par l’Amérique et «Israël».
Je vais faire une comparaison rapide pour vous montrer la différence entre ce que nous revendiquons et œuvrons à réaliser, et ce que les autres revendiquent. Ce que nous demandons, c’est la souveraineté ; ce que les autres demandent, c’est le désarmement.
Je vais comparer l’occupation israélienne du Golan et l’occupation «israélienne» du Sud-Liban. «Israël» a occupé le Golan en 1967, et il est resté occupé en fonction des équilibres régionaux, mais plus tard «Israël» a annexé le Golan et les Américains ont reconnu cette annexion, ce qui a été réaffirmé par le président Trump. Qu’est-ce qui a provoqué cette annexion après l’occupation ? La raison centrale et fondamentale est l’absence de résistance.
Quant au Sud-Liban, en 1978, «Israël» a occupé une partie du Sud-Liban. Il a commencé à s’y intéresser pour en faire un modèle de territoire séparé progressivement du Liban à travers des instruments libanais collaborateurs, avec l’intention de l’annexer ensuite. L’invasion de 1982 a atteint la capitale, Beyrouth, et les «Israéliens» pensaient pouvoir s’emparer de davantage de territoire par l’occupation, mais c’est la résistance qui les a chassés en 1985, puis totalement expulsés lors d’une grande libération en 2000. Ils n’ont pas pu consolider leur occupation pour la transformer en annexion. Pendant 42 ans de confrontation, de lutte et de combat, «Israël» a été empêché d’annexer la moindre portion de territoire libanais.
Aujourd’hui, «Israël» occupe, c’est vrai, mais combien de temps durera cette occupation ? L’occupation tente de tirer des bénéfices, mais nous avons l’expérience de 42 ans qui a empêché «Israël» de réaliser ses objectifs. Aujourd’hui, si «Israël» peut, en deux ans, exercer un certain contrôle, cela ne signifie pas qu’il annexera et il ne peut pas le faire tant que la résistance existera.
La réussite de l’État libanais tient à la présence de la résistance ; l’échec de l’État syrien est dû à l’absence de résistance. Combien de temps «Israël» continuera-t-il d’occuper et d’agresser tant qu’il y a la résistance, l’armée et le peuple ? «Israël» sortira tôt ou tard.
Aujourd’hui, ceux qui suivent l’autre ligne essaient de nous dire : «Faisons les choses progressivement». Ce sont ceux qui partagent notre compréhension du patriotisme et veulent vraiment améliorer la situation interne, mais ne soutiennent pas pleinement la question de la résistance. Ils ont une certaine approbation, mais ils ne sont pas complètement engagés dans cette voie. Ils disent : «Offrons quelque chose aux «Israéliens» juste pour les calmer». Mais combien avons-nous déjà offert ? Nous avons respecté l’accord depuis plus d’un an et fait des concessions, et malgré cela, «Israël» ne ralentit pas, ne se lasse pas et ne s’arrête pas.
Le Liban a exécuté toutes les dispositions de l’accord, et le gouvernement libanais a multiplié les concessions gratuites envers l’ennemi «israélien», qui n’a rien donné en retour. Que dit l’accord ? Certains le réinterprètent maintenant. L’accord stipule : le premier point : «Israël» et le Liban mettent fin aux hostilités. Est-ce que cela a été respecté ? Pas par «Israël». Le deuxième point : «Israël» ne mènera aucune opération militaire offensive contre le territoire libanais, y compris contre des cibles civiles ou militaires, via la terre, la mer ou l’air.
Habituellement, quand quelqu’un parle d’un accord, il commence par les deux ou trois premiers points. Mais les deux premiers disent : arrêt des hostilités, pas d’attaques de quelque type que ce soit, ni contre les civils ni contre les militaires. Le douzième point précise le retrait progressif et le déploiement de l’armée dans un délai de 60 jours, et l’accord mentionne cinq fois que cela concerne le sud du fleuve Litani.
Je suis surpris que certains ne voient pas le retrait israélien ni ce qu’«Israël» doit faire, et qu’ils essayent d’interpréter l’accord pour demander davantage au Hezbollah et au Liban. Regardez de l’autre côté : regardez ce qu’«Israël» fait. La résistance a respecté le Liban, le Liban a respecté l’accord à travers l’État et l’armée, et dans le cadre de la coopération de la résistance et du peuple. «Israël» a continué à tuer, à bombarder et à pénétrer au Liban de diverses manières, y compris via différentes nationalités. L’enlèvement récent du capitaine à la retraite Ahmad Chokr dans la région de Zahlé en est la concrétisation.
Où est l’État libanais et sa responsabilité ? L’État est responsable. La souveraineté signifie que cet État ne doit pas être violé, ni par le renseignement, ni par la sécurité, ni par l’agression ou autre. Aucune confrontation n’a lieu, aucune tentative d’affronter «Israël» par les «amis du Liban» n’a lieu. Si le Liban n’a pas la capacité d’assurer sa souveraineté, comment pourrait-il se séparer de sa force, de ses capacités et de son moral ?
Savez-vous pourquoi ils accusent l’armée de ne pas avoir agi correctement dans le sud du Litani ? Parce qu’ils veulent que l’armée agisse avec brutalité et violence pour donner l’impression d’un excès de force, ignorant que notre armée est nationale, composée des fils de ce pays, désireuse de libérer la terre et d’assurer la souveraineté, sans servir le projet d’«Israël» et de l’Amérique.
La coopération avec la résistance, dans un modèle exemplaire et idéal, pour faciliter le déploiement de l’armée, les a irrités.
Troisièmement, certains pourraient demander : quel est le positionnement du Hezbollah maintenant ? La position officielle est la suivante : ce que l’armée libanaise a accompli dans le déploiement dans le sud du Litani était nécessaire à condition qu’«Israël» respecte l’accord, c’est-à-dire l’arrêt des hostilités, le retrait du Liban, la libération des prisonniers, et qu’il n’entrave pas le début de la reconstruction. Nous avons facilité cela, et l’armée s’est déployée. Elle a rempli sa mission. Mais face au non-respect israélien, aux plus de 10 000 violations, aux meurtres, aux destructions et autres atrocités, il n’est plus demandé au Liban de prendre aucune mesure tant qu’«Israël» n’aura pas respecté ses obligations.
Offrir des mesures supplémentaires à l’ennemi, par l’État ou autre, manifester des dispositions gratuites sont des concessions irresponsables et dangereuses qui menacent les intérêts nationaux majeurs. Ne nous demandez plus rien, et l’État n’a pas à devenir le policier travaillant pour le compte d’«Israël» ni à renoncer à sa souveraineté. L’agression doit cesser, et cela signifie : arrêter toute agression par air, terre et mer, toutes les attaques, qu’elles soient réalisées par avion, par espionnage et par tout autre moyen. Le retrait complet doit être effectué, pas seulement de certains points, et tous les prisonniers doivent être libérés. La reconstruction doit commencer dans le Sud, pour que les villages retrouvent la vie. C’est l’application de l’accord. D’abord, terminons l’application de l’accord, ensuite discutez, exigez, et seulement alors on pourra parler d’étapes supplémentaires.
L’ambassadeur américain au Liban a dit à certaines personnes de son entourage, lorsqu’on lui demande pourquoi «Israël» ne respecte pas l’accord : «C’est normal, Israël est plus fort, le fort impose ses conditions.» Donc, selon eux, le fort peut contrôler le monde, agresser le monde, opprimer le monde et prendre ce qu’il veut. Nous disons : parce que nous sommes propriétaires de cette terre, parce que nous voulons la justice, l’agression doit cesser et «Israël» doit sortir. Nous allons donc vers le droit, pas vers la force, car il existe un accord et nous avons raison. Qu’ils exécutent l’accord et nous donnent nos droits.
Quant à l’argument «Israël est plus fort», je vous le dis : «Israël» est militairement supérieur, c’est vrai, mais nous sommes supérieurs par notre droit, notre terre et notre décision de résistance. «Israël» menace de la guerre et inflige des pertes, mais il n’atteindra pas ses objectifs. Nous défendrons, nous tiendrons et atteindrons nos objectifs, même si cela peut prendre du temps.
42 années d’humiliation d’«Israël» et de libération de la terre sont le signe de notre orientation. Deux années d’agression «israélienne» ne détruiront pas l’équation des martyrs, de la terre et des sacrifices. Nous restons fidèles à notre engagement. Je leur dis : montez vos meilleurs chevaux, collaborez avec les pires créatures, utilisez votre brutalité et votre crime, mais nous ne reculerons pas et nous ne capitulerons pas. Nous défendrons notre pays. Vous avez vu notre force et notre résistance dans la bataille d’Ouli al-Baes. Voilà notre méthode.
Cette terre, ce pays et ces droits ne seront pas arrachés par «Israël», les États-Unis et leurs serviteurs. Prenez garde à ce qui s’est passé : 75 000 soldats et officiers «israéliens» sont venus et n’ont pas pu progresser face à la résistance sur les premières lignes, grâce à ces héros combattants, ces martyrs courageux qui ont tenu bon et qui ont écrit une véritable légende d’héroïsme avec leur sang et leur courage.
Vous vouliez empêcher la reconstruction pour semer la discorde entre la résistance et le peuple. Eh bien, que avons-nous fait ? Nous avons pu abriter et restaurer 400 000 maisons pour les familles : 400 000 personnes sont retournées dans leurs maisons rénovées ou ont loué des logements car leurs maisons étaient complètement détruites. Vous n’avez pas pu créer cette fracture au sein du peuple.
Vous avez essayé de provoquer un conflit entre le Hezbollah et le mouvement Amal, mais grâce à Dieu, la relation aujourd’hui est solide et forte. Les familles d’Amal et du Hezbollah sont une, la terre d’Amal et du Hezbollah est une seule terre, et le Liban que veulent le Hezbollah et Amal est un pays noble, fort, souverain et indépendant. Nous avons tous des martyrs et des blessés, nous avons tous des douleurs communes, nous resterons unis, malgré vous, les ennemis haineux.
Tout cela, bien sûr, en coopération avec les alliés de différentes confessions et partis. Nous ne sommes pas seuls : le Hezbollah et Amal ont avec eux des partis, des forces, des communautés et des membres de la société civile. Tous sont sur la même ligne et travaillent dans la même direction. C’est une source de force. Écoutez ce que disent les familles dans notre environnement et dans notre région, celles qui ont été déplacées, qui ont perdu leurs enfants, leurs biens et leurs moyens. Écoutez les enfants, écoutez les femmes : tous parlent d’une seule voix : nous voulons la dignité et nous donnerons plus et encore plus, mais nous ne céderons pas et nous ne reculerons pas. Aujourd’hui, ces personnes tiennent encore plus aux armes, à la résistance et au droit de se défendre.
Nous avons le droit de nous défendre. Nous n’agissons pas de manière agressive ; nous agissons de manière défensive, et c’est notre droit naturel et légitime. Personne ne peut nous le retirer. En même temps, nous participons à la construction de l’État et nous offrons la meilleure expérience et le plus beau modèle à cet égard. Bien sûr, tout cela provoque chez eux un état de confusion et de peur.
Quatrièmement : si vous voulez une solution, l’ennemi «israélien» doit exécuter l’accord : sortir du Liban, cesser toute agression par terre, mer et air, dans toutes les régions libanaises, sous toutes ses formes, libérer tous les prisonniers et ne pas entraver la reconstruction, ni lui ni les États-Unis. Une fois cela accompli, nous discuterons de la stratégie de sécurité nationale avec un esprit pleinement positif, dans un esprit de coopération, dans l’intérêt et pour la puissance du Liban.
Je dis aux Libanais : le Liban ne survivra pas si son sud est perdu, et tous les Libanais sont concernés et doivent unir leur parole pour sauver le Liban. Il ne faut pas dire : «le fardeau est sur nous». Non, le fardeau doit être pour tous. Je veux dire : personne n’a le droit de nous demander : pourquoi vous défendez-vous ? C’est à nous de demander : pourquoi ne défendez-vous pas le Liban ? Pourquoi ne protégez-vous pas ceux qui défendent le Liban ? Pourquoi ne soutenez-vous pas la souveraineté et le patriotisme libanais ? À ceux qui ne défendent pas, nous poserons la question, à ceux qui ne se tiennent pas debout et n’agissent pas, nous poserons la question, à ceux qui ne travaillent pas pour l’unité nationale, nous poserons la question.
Je vous assure : le Liban est un seul ensemble. Quiconque pense pouvoir nous jeter à la mer pour s’enrichir, je lui dis : regarde où tu poses tes pieds. Quant aux nageurs, ils ne se noient pas, peu importe la profondeur de la mer. Si les nageurs ne survivent pas à la tempête, personne ne survivra et rien ne restera. Nous sommes confiants, en tant que Hezbollah et résistance, que nous resterons fiers, forts, des défenseurs courageux, quels que soient les difficultés et les sacrifices. Dieu est avec nous, le droit est avec nous, notre peuple est avec nous, et celui qui est avec Dieu ne craint pas la mort, que celle ci frappe ou non.
La mort est une décision de Dieu, mais notre position est notre responsabilité, et nous assumons cette responsabilité. Nos pensées vont vers le défunt fondateur et grand combattant hajj Abu Salim, et vers tous les martyrs pieux. Je demande à Dieu de guérir les blessés et de libérer les prisonniers. À l’âme du cher défunt hajj Abou Salim, à tous les martyrs et à tous ceux que nous avons perdus sur ce chemin, nous dédions la prière bénie Al-Fatiha.
Que la paix de Dieu soit avec vous.
