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Liban: Que fait l’ennemi «israélien» et où en est l’autorité de la souveraineté ?

Liban: Que fait l’ennemi «israélien» et où en est l’autorité de la souveraineté ?
folder_openPresse arabe access_timedepuis 3 heures
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Par Ibrahim al-Amine*

L’ennemi «israélien» met-t-il à l’épreuve la patience de la Résistance, ou cherche-t-il à l'attirer vers une réaction qui serait le prélude à une nouvelle vague de brutalité contre le Liban? Ou bien adresse-t-il un message direct aux Libanais, notamment à ceux qui misent sur la négociation, leur signifiant qu'il n'est pas concerné par tout ce qui se dit et qu'il fera ce qu'il considère approprié ?

Est-ce qu'«Israël» pense réellement que les frappes et les opérations d'assassinat qu'il mène sont suffisantes pour pousser la Résistance à déposer les armes ? Ou bien y a-t-il des personnes qui lui font croire, ainsi qu'aux États-Unis, que ce niveau de pression est capable de renverser la situation au sein de l'environnement de la Résistance, entraînant la population dans la rue pour exiger le désarmement ?

Et qu'en est-il des Américains ? Agissent-ils sur la base que permettre à «Israël» de faire ce qu'il fait est en soi une réponse aux questions timides que certains responsables posent, d’un moment à l’autre, sur la date du retrait «israélien» du sud ?

En revanche, quelle serait la réaction de l'État qui se vante de son engagement à appliquer la décision de «faire régner l'autorité de l'État» (désarmer la Résistance) face à ce qui se passe aujourd'hui ? A-t-il tiré des leçons des précédentes séries de négociations ?

Et comment nos responsables expliquent-ils le fait qu'un homme politique comme Simon Karam, qui déteste la Résistance et ne s'y oppose pas seulement, affirme que ce qu'il a entendu des «Israéliens» lors de deux seules réunions le conduit à penser que ce qu'ils demandent dépasse les capacités de n'importe quel acteur libanais à le réaliser ?

Est-ce ainsi qu'«Israël» prépare un tour de négociations – ou d'interrogatoire – prévu pour le commandant de l'armée durant sa visite attendue à Washington au début du mois prochain ? Les chefs d'état-major américains, accompagnés des représentants israéliens au Congrès, vont-ils mettre les cartes de l'ennemi sur la table devant le commandant de l'armée avant de lui dire clairement : attention, ne nous demande pas ce qu'«Israël» fait, car il fait ce que tu n'as pas pu faire. Et si tu ne commences pas à faire ce que tu es censé faire, «Israël» fera davantage ?

Et à quoi doivent s’attendre les habitants du Sud et de la Bekaa, pas seulement ceux des villages frontaliers, mais aussi des régions plus au nord, de la part des responsables de l'État à partir d'aujourd'hui ? Leur demande-t-on encore d'écouter des déclarations répétées parlant de légitimité internationale, de giron arabe, de communauté internationale, et de l'autorité de l'État qui n'a jamais su comment fournir une canalisation d'eau à une maison ?

Est-ce cela ce que souhaitent les habitants de ce pays qui n'en finissent pas de parler nuit et jour d'un seul État, d'une seule autorité, d'un État responsable, et d'une autorité ferme… Et ainsi de suite ?

Et est-ce que le silence de ceux qui ont encore du sang dans les veines et une pensée dans la tête va se poursuivre face à ce qu'«Israël» fait, considérant que cela ne les concerne pas tant que les bruits des explosions n'atteignent pas leurs oreilles et que leurs enfants ne doivent pas dormir dans un environnement anxieux ?

Devons-nous attendre qu'on vienne nous dire : «Voilà ce que vous avez récolté à cause de vos actions, et voici le prix que vous allez payer pour votre engagement envers l'idée de résistance face à l'occupation, à l'agression ou à la menace ?» Puis on nous demande de croire qu'ils sont des défenseurs de la souveraineté et de l'indépendance ?

Ce qui se passe dans le Sud ne peut être décrit plus précisément que comme la continuation d'une guerre qui n'a pas cessé depuis plus de deux ans. Le sort de notre pays consiste à vivre aux côtés d'un monstre qui ne veut la sécurité pour personne autour de lui : ni en Palestine elle-même, ni en Jordanie, ni en Syrie, ni en Égypte, et bien sûr pas au Liban.

Face à la folie que les États-Unis exercent à travers le monde, il y a au sein de l'entité ennemie ceux qui attendent une agression large et sévère, ainsi que de longs jours de guerre contre l'Iran. Au sein de cette entité, certains croient que ce moment représente leur chance de porter ce qu'ils imaginent comme un coup fatal aux forces de résistance au Liban, en Palestine, en Irak et au Yémen. Et le plus triste, malheureusement, c'est qu'il y a au Liban ceux qui partagent cette illusion, pensant que frapper l'Iran facilitera le fait de se débarrasser du Hezbollah et de ses armes ainsi que de ses idées.

En effet, les gens doivent avoir confiance en un fait : la résistance n'est pas un acte sélectif appelé ou ignoré pour des raisons personnelles. Ils doivent croire que ce que l'ennemi fait aujourd'hui est précédé d’évènements et sera suivi d’autres dans le futur.

La Résistance, qui demeure silencieuse et mystérieuse, ne le fait ni par pudeur ni par crainte, mais parce qu'elle se prépare pour le moment – un moment que nous ne devons pas, ni n'avons besoin, de rechercher son timing – où quelqu'un dira à l'ennemi : «Tu as dépassé les limites.»

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