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Discours du secrétaire général du Hezbollah, lors de la cérémonie organisée par le Hezbollah en l’honneur des ulémas martyrs morts sur la route d’al-Qods

Discours du secrétaire général du Hezbollah, lors de la cérémonie organisée par le Hezbollah en l’honneur des ulémas martyrs morts sur la route d’al-Qods
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Au nom de Dieu

Les ulémas martyrs sont des phares qui nous guident à travers les générations. Nous nous réunissons aujourd’hui pour rendre hommage aux ulémas martyrs dans le cadre de la cérémonie qui leur est consacrée, pour célébrer cet événement particulier qui nous permet de mieux connaître cette direction remarquable qui a laissé une empreinte dans notre parcours et qui a marqué notre vie. Nous parlerons d’abord des ulémas, puis nous aborderons la situation politique de manière générale. Ici, il convient de remercier chaleureusement la Commission culturelle du Hezbollah qui a choisi ce titre et cette cérémonie pour honorer comme ils le méritent ces martyrs.

Cette cérémonie est celle de «Naji’ et Madad»: le Naji‘ est le sang, et le Madad c’est l’encre. Le sang de ces ulémas est la lumière de notre vie, et leur encre est la ligne qui trace notre chemin. Ils ont combattu avec leurs corps, leurs biens et tout ce qu’ils possédaient, et Dieu leur a accordé leur récompense.
Ils sont des phares qui nous guident à travers les générations ; ils ne quitteront jamais notre quotidien et ils sont présents dans la construction du futur de nos générations. Leur sang a mûri au moment de sa récolte, et leurs enseignements ont fleuri, annonçant leur continuité. Ils sont les cultivateurs de la terre, la pluie du ciel et l’hymne de la vie sur le chant de Dieu, du Prophète et des Imams.

Le Prince des Croyants, Ali (paix sur lui), a dit : «Les ulémas subsisteront tant que le temps subsistera ; leurs figures disparaissent mais ils restent dans les cœurs.»

Leur héritage est transmis à ceux qui suivent ce chemin, hommes et femmes croyants qui avancent ensemble et bravent les flots de la gloire humaine dans la plus belle incarnation du califat de Dieu sur terre. Voici de ma part un serment de continuité et de promesses pour l’avenir. De la part des résistants, c’est un serment de fermeté et de victoire. De la part des familles et de tous ceux qui croient en vous et vous aiment, c’est un serment de persévérance, de fidélité, de fierté et de dignité.

Les ulémas enturbannés qui sont morts en martyrs lors de la bataille d’«Ouli al-Baess» (Bataille des Vaillants) sont au nombre de quinze. Les martyrs qui étudiaient les sciences religieuses non coiffés de turban sont quarante-et-un, et les martyrs issus des familles d’ulémas sont trente-neuf.

En tête des ulémas portant le turban religieux, se trouve le Maître des martyrs de la nation, sayed Hassan Nasrallah, suivi de sayed Hachem Safieddine.
Je cite ici les noms des autres ulémas, en hommage et en guise de remerciement:
•    L’uléma martyr cheikh Abdel Meneem Mohanna
•    Sayed Ibrahim Hassan Yassine
•    Sayed Mohamed Aref Saleh
•    Sayed Hicham Abdel Amir Noureddine
•    Cheikh Ahmed Riyad Al-Outa
•    Cheikh Amine Ali Saad
•    Cheikh Hussein Ahmed Younès
•    Cheikh Hussein Talal Jaffal
•    Cheikh Abdo Abu Ria
•    Cheikh Ali Hassan Abu Ria
•    Cheikh Ali Hussein Seifeddine
•    Cheikh Talih Youssef Zeineddine
•    Cheikh Mohamed Khalil Hamadi

Ces quinze ulémas coiffés de turban sont morts en martyrs dans la bataille d’«Ouli al-Baess» de différentes façons et dans des lieux variés.
Dans le cadre de cet hommage, il convient de mentionner également deux grands ulémas martyrs : Cheikh Ragheb Harb et Sayed Abbas Al-Moussawi, qui étaient l’avant-garde de ce parcours.

Le Prophète Mohammad a dit : «Au Jour du Jugement, si l’encre des ulémas était pesée contre le sang des martyrs, l’encre des ulémas l’emporterait.»
Que la miséricorde de Dieu soit sur eux et qu’Il élève leur rang auprès de Lui, ainsi que celui de tous les martyrs.
À leurs âmes, nous dédions la prière de la sourate bénie Al-Fatiha.

Le jihad, fondement de notre système islamique

Les ulémas se distinguaient par leur rôle et par leur responsabilité dans l’enseignement, l’éducation et l’orientation vers des objectifs nobles. Ils ont élevé leur communauté dans la voie du jihad, qui est la base du projet divin. Ce jihad vise à affronter l’ennemi intérieur, le démon intérieur et les passions, ainsi que l’ennemi extérieur, les tyrans, les oppresseurs et les envahisseurs.

Le jihad est donc fondamental dans notre système islamique. Salut à ceux qui ont accompli le petit jihad et pour qui reste le grand jihad. Le Prophète a dit : «Le grand jihad, o Messager de Dieu, c’est celui qui est mené contre soi-même.»
Nous sommes donc dans une situation de deux jihads : le jihad contre soi-même et le jihad contre l’ennemi, tous deux sont interdépendants. Ici, le rôle des ulémas est fondamental pour nous former au jihad, afin de protéger l’homme et de planter en lui les valeurs morales, les vertus et une vie digne.

Quel est le but de l’envoi des messagers ? Sur cette base, nos ulémas ont agi. Dieu dit :

«Nous avons certes envoyé Nos messagers avec les preuves évidentes et Nous avons fait descendre avec eux le Livre et la Balance afin que les gens observent la justice. Et Nous avons fait descendre le fer, dans lequel se trouvent une grande force et des avantages pour les gens, afin que Dieu sache qui Lui et Ses messagers aident en secret. Dieu est puissant et glorieux.»

Les ulémas ont réussi à bâtir l’authenticité

Le rôle des ulémas comprend l’enseignement, l’éducation, l’établissement de la justice parmi les gens et l’usage du fer pour faire face aux ennemis et les empêcher d’imposer leurs enseignements et leurs conditions à l’humanité.
Les ulémas ont offert leurs vies en martyrs, celles de leurs enfants également, et ils ont toujours été en première ligne. Ils ont vécu avec le peuple et en son sein.
C’est là la particularité du Hezbollah : il a créé un lien organisé pour le projet du message divin pour l’homme, l’Islam, entre ses différentes couches et catégories sociales : entre les ulémas et le peuple, de telle manière que l’on sente qu’ils forment une même communauté, partageant une vision et une ligne communes.
Le Hezbollah a puisé dans cette méthodologie des grands ulémas et il l’a consolidée. Il a adopté la méthodologie que l’Imam Khomeiny a structurée et que l’Imam Khamenei a poursuivie, et que l’Imam Moussa Al-Sadr a appliquée à son retour d’Iran, avec ses compagnons, sous forme de résistance et de mouvement social. Tout cela a été consolidé par sayed Hassan Nasrallah.
Ainsi, nos ulémas ont réussi à bâtir l’authenticité, la droiture, la dignité, la vie juste et le projet de résistance.
Beaucoup ont été surpris au Liban et à l’étranger de voir comment le Hezbollah a pu tracer son chemin, car normalement les religieux se retirent de la vie, s’éloignent du peuple et ne peuvent pas interagir avec lui. Le Hezbollah s’est distingué par sa capacité à mobiliser autour de lui toutes les couches de la société, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, de manière significative et remarquable. Cela est dû au projet islamique et au travail des ulémas   et des intellectuels dans cette direction saine, offrant une expérience sincère, honnête et loyale, au service du bien de l’homme.
Ce ralliement populaire est donc naturel, car il accompagne la nature humaine et présente une expérience authentique, éloignant les interprétations erronées et les mauvaises pratiques adoptées par certains à différentes étapes de leur vie. Le Hezbollah a travaillé sur la base de «la perfection de la religion», qui est une voie idéale à suivre.

Nous avons adhéré aux principes de l’Islam, nous avons cru au jihad pour Dieu en tant que phare qui guide l’humanité : «Et ceux qui ont combattu pour Nous, Nous les guiderons sur Nos chemins. Dieu est avec ceux qui font le Bien». Nous avons travaillé pour la moralité : «Je n’ai été envoyé que pour compléter les nobles caractères.» Nous avons cru en la parole juste : «Vous, les gens du Livre, venez à un mot d’égalité entre nous et vous : que nous n’adorions que Dieu, nul ne peut l’égaler et nous ne prendrons pas certains d’entre nous pour maîtres, en dehors de Dieu.» Nous avons cru à l’amour de la patrie, comme le Prophète  l’a dit : «L’amour de la patrie fait partie de la foi. » Et le Prince des Croyants Ali  a dit : «Les villes ont prospéré par l’amour de la patrie.» Nous avons cru à la liberté : liberté de choix, liberté d’établir l’État, liberté d’expression et liberté de foi. L’Imam Hussein a dit aux adversaires à Karbala : «Si vous n’avez pas de religion et n’avez pas peur de la Résurrection, alors soyez libres dans ce monde.»

C’est sur la base de ces enseignements que nous avons fondé notre action. Ces enseignements ont été consolidés par nos ulémas, qui ont largement contribué à l’expansion de ces idées, à la persévérance et à l’orientation vers un chemin distinct de celui des autres.

La résistance, un projet de libération

Aujourd’hui, lorsque le Hezbollah a pu proposer ce modèle pionnier, influencer le Liban et la région, offrir une expérience unique sur le plan national et dans la confrontation avec l’ennemi israélien, il est devenu l’objet d’attention des puissances arrogantes et tyranniques qui ont voulu l’affaiblir et l’éliminer.
Nos ennemis veulent s’opposer à la résistance parce qu’elle offre un projet de changement incluant le patriotisme, la libération, l’indépendance, la dignité, l’humanité et la morale. Ils ne veulent pas que nous vivions cette vie, ni que nos citoyens la vivent, car le système mondial est fondé sur le contrôle des faibles par les arrogants, pour leur imposer leurs conditions et exploiter le monde pour leurs intérêts économiques, culturels et politiques.
L’expérience du Hezbollah a été unique. Surtout que le Hezbollah a pu mobiliser et rassembler autour de lui un grand public, ce qui signifie qu’il n’est pas isolé, ou coupé du reste du monde.

Je me souviens qu’en 1997, lorsque nous réfléchissions au moyen d’élargir la résistance et de lui permettre de rassembler tous les résistants intègres, il fallait créer un cadre particulier. Auparavant, il y avait quelque chose appelé le Mouvement national, qui avait pris fin avec l’invasion israélienne. Il y a eu aussi des tentatives pour former un front national résistant à Israël, mais elles étaient dispersées.

Au fil du temps, il n’y avait plus de cadre général réunissant toutes les forces au niveau national. En 1997, nous avons réfléchi au moyen de rassembler ces forces. Nous avons organisé une réunion des partis et des forces nationales autour du slogan de la résistance, rassemblant laïcs, communistes, chrétiens, musulmans et diverses forces. Nous étions essentiellement à l’origine de cette réunion. Le Hezbollah a ainsi pu devenir une partie intégrante de la constitution de la résistance libanaise globale, rassemblant toutes les forces et coopérant avec elles.

Toutes ces flèches se briseront et ne feront que renforcer notre détermination, notre force et notre énergie.

Le Hezbollah a réussi à construire une relation avec le principal courant chrétien en 2006. Il a su, avec le Courant patriotique libre, offrir un modèle d’alliance possible entre le Hezbollah et une force chrétienne influente sur la scène politique, à partir d’un ensemble de convictions convergentes fondées sur la question nationale et sur le projet de renaissance du Liban. Ainsi, par son expérience, le Hezbollah n’a jamais été isolé. Il n’a jamais non plus imposé ses opinions à quiconque. Il a toujours coopéré, tendu la main, et offert une expérience islamique pionnière. Cette expérience a irrité l’Occident. Elle a irrité ceux qui ne croient pas à la religion, elle a irrité les «Israéliens», et c’est pourquoi tous ont commencé à l’attaquer. Naturellement, tous ceux qui ne veulent pas que la pureté, la droiture, la dignité, la fierté et le patriotisme émergent chez quelque partie que ce soit ont lancé leurs flèches sous divers prétextes. Mais, Dieu soit loué, cette expérience s’est révélée pionnière.

Aujourd’hui, lorsque Sa Sainteté le pape est venu au Liban, le Hezbollah l’a accueilli avec les scouts de l’Imam al-Mahdi sur la route de l’aéroport, qui se sont déployés par milliers et qui étaient accompagnés d’autres personnes. Des entretiens ont été menés avec certains enfants. Certains peuvent dire : on les a placés, alignés, et personne ne peut vraiment connaître ce qu’ils pensent vraiment ou leurs convictions réelles. Mais lorsque des médias arabes et étrangers interrogent un garçon ou une fille de 8, 9 ou 12 ans et qu’il dit : «Je suis patriote», «J’aime le pape», «Je veux coopérer avec les chrétiens», «Nous sommes dans un seul pays et sur une même destinée», cela signifie que l’éducation que nous donnons à nos jeunes scouts, dans nos écoles et dans nos rencontres internes est une éducation qui se manifeste comme une expérience éclatante et très importante en termes de conviction, de loyauté, de position nationale et de coopération avec tous.

Voilà l’expérience. Le Hezbollah a adressé un communiqué au Pape. Il est naturel qu’un communiqué soit publié, qu’on lui demande certaines choses et qu’on le remercie pour d’autres. Or, une campagne a été lancée par certaines parties lésées et irritées de la position du Hezbollah, pour s’attaquer à ce communiqué. Pourquoi vous attaquez-vous au communiqué ? Il y a une visite importante. Allez donc vous en occuper ! En réalité, ils s’attaquent au communiqué parce qu’ils ont constaté qu’il est entré dans les cœurs, qu’il a eu un impact, et qu’il a mis en lumière une image éclatante du Hezbollah dans la réalité libanaise. Ils œuvrent de toutes parts pour ternir ou déformer cette image. Ils n’y parviennent pas. Qui peut déformer l’image d’un groupe qui a combattu, offert des sacrifices et versé son sang, allant jusqu’à se dresser face au monde entier ? Qui peut déformer l’image d’un peuple riche de sa force, de son moral, de son patriotisme et de sa volonté de rester digne ? Tout devient visible devant tout le monde. Qui est capable de faire face à ces déclarations d’enfants, à ces scènes et à ces paroles qui brillent dans le ciel de la dignité, de la fierté, du patriotisme, de la libération et de la loyauté ? Personne. C’est pourquoi, Dieu soit loué, cette expérience est remarquable, importante et influente. De toute façon, si nous n’étions pas influents à ce point, ces flèches ne chercheraient pas à nous atteindre, en provenance de toutes parts. Mais, en fin de compte, je vous le dis : toutes ces flèches se briseront et ne feront que renforcer notre détermination, notre force et notre énergie, car nous sommes un groupe qui croit en Dieu et qui a été formé par des ulémas pieux, qui ont tracé cette voie dans l’intérêt de l’être humain. C’est ce qui apparaîtra à toutes les étapes.

J’aborde maintenant le volet politique en trois points

Premièrement :

Il est naturel qu’il y ait des divergences politiques à l’intérieur du pays. Comment organiser ces divergences ? Il convient de le faire conformément à la Constitution, au respect des lois, des droits et des devoirs. Il faudrait donc s’entendre sur la manière d’accompagner et de suivre ces divergences dans un cadre où le désaccord interne vise à améliorer les conditions de construction de l’État, non à faire de certains acteurs internes des instruments entre les mains de forces extérieures ou à promouvoir le projet israélien. C’est dans cette perspective que nous coopérons avec tous pour bâtir l’État et libérer la terre. Tel est notre comportement constant, et notre bilan le prouve clairement. Nous n’attendons de certificat de personne. Nous n’agissons pas pour être reconnus, mais pour satisfaire Dieu. De même, nous ne délivrons de certificat à personne. Nous ne nous plaçons pas dans une position nous autorisant à dire : «celui-ci est patriote, celui-là ne l’est pas». Nous ne classons pas les gens. Pourtant, certains, au Liban, distribuent des certificats de patriotisme alors qu’ils ont plutôt besoin de quelqu’un pour les disculper des crimes qu’ils ont commis, des meurtres dans les rues, sur les routes et dans divers lieux, ainsi que pour effacer des mémoires les guerres civiles qu’ils ont menées, portant avec eux un lourd passé. Ceux-là ne sont pas en mesure de délivrer des certificats. Qu’ils se taisent au moins, dans leur propre intérêt, afin que personne ne leur rappelle leur passé. Ainsi, nous ne donnons de certificat à personne et nous n’acceptons pas que quiconque nous en donne. Que le peuple juge directement, qu’il soutienne ou s’oppose selon l’expérience vécue. Les élections législatives révèlent la popularité et l’orientation générale ; elles montrent la solidité de toutes les idées et toutes les évaluations.

Les agressions visent à préparer l’occupation du Liban

Deuxièmement :

Le Liban fait face à une agression israélienne expansionniste et dangereuse qui doit être affrontée par tous les moyens. Certains disent qu’«Israël» a des revendications. Comment peuvent-ils dire cela ? Sont-ils les avocats d’«Israël» ? Parlent-ils en son nom ? Sont-ils à sa solde? Pourquoi cherchent-ils à justifier son action ? Netanyahu dit : «Je veux le Grand Israël», et ils répondent : «Non, ce sont des paroles culturelles, générales, il ne pense pas vraiment cela.» Soyez vigilants. Ces déclarations israéliennes ne sont pas dissociées de toute l’histoire depuis le début de l’occupation dans notre région. «Israël» est expansionniste. Si, à certains moments, vous l’avez vu avancer puis reculer, c’est uniquement parce qu’il n’a pas pu digérer ce qu’il avait occupé. En 1982, il est arrivé jusqu’à la capitale et il ne s’en est retiré, après dix-huit ans, que sous les coups de la résistance. Sans ces coups, «Israël» serait encore là. Il aurait construit des colonies et réalisé de nombreux projets au Liban. Aujourd’hui, je vous le dis : cet ennemi est expansionniste. Il n’a pas respecté l’accord. Le Liban l’a respecté, la résistance libanaise l’a respecté, mais «Israël» ne l’a pas respecté et il poursuit ses agressions. Ces agressions ne visent pas les armes détenues par le Hezbollah ou la résistance. Non. Elles visent à préparer une occupation progressive du Liban et à dessiner le «Grand Israël» à travers le portail libanais.
Nous coopérons avec l’État libanais, qui a choisi la voie diplomatique pour mettre fin à l’agression et appliquer l’accord, et nous l’appuyons dans cette démarche. Ni les Etats-Unis ni «Israël» n’ont leur mot à dire sur l’organisation de nos affaires internes. Ils n’ont pas à dire : «L’État libanais a décidé de prendre le monopole des armes, et nous superviserons pour voir comment il applique cette décision.» Cela ne les regarde pas. Ce que nous décidons au Liban, ce que nous faisons au Liban, ce sur quoi nous nous entendons ou ce sur quoi nous divergeons au Liban ne les concerne pas. Leur implication se limite à l’accord et aux engagements mutuels. Qu’ils aillent appliquer ce qui leur incombe. La limite dans toutes nos relations actuelles, en tant qu’État libanais, avec l’ennemi israélien est celle de l’accord, qui concerne exclusivement le sud du fleuve Litani. Il n’existe rien qui s’appelle «au-delà du sud du Litani». Tout le reste relève des Libanais entre eux. La résolution 1701 concerne les Libanais entre eux : ils appliquent, ils prennent les mesures nécessaires. «Israël» et les Etats-Unis n’ont rien à voir avec les armes, ni avec la reconstruction des capacités, ni avec la stratégie de défense, ni avec les divergences ou les accords entre les Libanais. Qu’ils se tiennent à l’écart. Nous nous entendrons entre nous. Mais qu’ils ne cherchent pas à imposer leurs conditions et à nous diriger. Cela est rejeté.

Nous préserverons le pacte et nous respecterons la confiance des martyrs et nous ne reculerons pas

Je veux vous dire encore ceci : aujourd’hui, quand «Israël» et les Etats-Unis disent vouloir désarmer le Hezbollah, se contentent-ils de parler du désarmement ? Ils exigent le désarmement, mais aussi l’assèchement des ressources financières, l’arrêt des services, la fermeture des écoles et des hôpitaux, ils veulent aussi entraver la reconstruction, interdire les dons, démolir les maisons, et éliminer tous les moyens et capacités. En d’autres termes, ils veulent effacer notre existence. Et vous voudriez nous faire croire que la question se limite au désarmement. Si celui-ci se réalise, la situation au Liban sera réglée ? Rien ne sera réglé. Et en plus, nous n’acceptons pas le désarmement. Que ce soit clair : nous défendrons nos vies, notre peuple et notre pays. Nous sommes prêts à nous sacrifier jusqu’au bout, nous ne nous rendrons pas, notre force sera toujours plus grande. Nous resterons aux côtés de nos blessés, de nos prisonniers. Nous écrirons une légende de sacrifice, de noblesse et de patience. Sortez de cette illusion ! Certains cherchent à vous faire croire que la question est simple. Non. Nous préserverons le pacte et la confiance des martyrs, et nous ne reculerons pas. Que cela soit clair : nous n’accorderons aucune importance aux serviteurs d’«Israël», ni à «Israël» ni aux Etats-Unis. Nous dialoguerons avec nos concitoyens et avec les forces politiques qui souhaitent écouter, discuter et coopérer, dans le cadre d’une stratégie de défense qui sera convenue entre nous et que nous adopterons ensemble. C’est la seule option possible. Toute autre option est impossible. Ceux qui prendront leurs distances avec le projet «israélien», nous leur ouvrirons la porte et discuterons aussi avec eux, mais sur la base de la dignité, de l’indépendance et du maintien de notre capacité de défense. Cette capacité est un droit inaliénable. Que ceux qui veulent tenter autre chose aillent chercher des groupes vaincus pour en discuter avec eux.

Troisièmement :

Que le gouvernement libanais assume ses responsabilités. Sa première obligation est de protéger la souveraineté, de bâtir l’État, l’économie et de servir les citoyens. Qu’il commence par accomplir ses devoirs. Nous attendons de ce gouvernement qu’il nous montre ses réalisations : qu’a-t-il fait pour mettre fin à l’agression ? pour libérer les prisonniers ? pour la reconstruction ? pour les services aux citoyens ? pour l’économie ? Qu’il aille travailler sur ces dossiers, et qu’il cesse de multiplier les déclarations visant à attirer la satisfaction des étrangers. N’élargissez pas vos épaules  pour leur faire croire que vous pouvez changer les équations internes. Vos épaules deviennent solides lorsque nous sommes tous unis face à l’occupant. Le gouvernement n’a pas à faire des concessions.  Travaillons plutôt ensemble pour que les Libanais soient une seule main contre leurs ennemis.
La participation d’un président civil à la commission de cessez-le-feu est une concession gratuite

Concernant la participation d’un président civil à la commission de cessez-le-feu, cette mesure contredit clairement toutes les déclarations et positions officielles qui conditionnaient une telle participation à l’arrêt des hostilités de la part de l’ennemi. Les hostilités ont-elles cessé ? Avez-vous respecté cette condition ? Vous avez accordé une concession gratuite qui ne changera pas la position de l’ennemi et qui n’arrêtera pas son agression. Le délégué civil s’est rendu à la réunion, et la pression militaire ainsi que l’agression se sont intensifiées. «Israël» veut vous maintenir sous le feu, et les Etats-Unis aussi. Chaque pas que vous ferez en leur direction ne fera que répondre aux exigences d’«Israël», sans que le Liban n’obtienne quoi que ce soit. Est-ce cela que vous voulez ? Nous considérons cette mesure comme une faute supplémentaire s’ajoutant à l’erreur du 5 août. Que Dieu protège le Liban de développements qui seraient encore pire.
Revoyez vos positions. Au lieu d’avancer par des mesures qui vous renforcent et produisent des résultats, vous accordez des concessions gratuites à «Israël». La possibilité existe encore : exigez l’arrêt du feu, lancez la reconstruction, parvenez à un accord interne refusant toute concession tant qu’«Israël» n’aura pas appliqué ce qui lui incombe. Nous, en tant que Hezbollah, avons accompli notre devoir. Nous avons permis à l’État d’exercer sa souveraineté dans le cadre de l’accord. Sachez-le : lorsque nous sommes unis, ils ne peuvent rien faire contre notre pays. Nous venons de vivre une année entière de résistance, malgré toute cette agression. C’est la preuve que lorsque nous tenons bon, nous pouvons continuer. Le Liban est comme un navire : s’aligner sur «Israël», c’est en percer la coque et faire sombrer tout le monde. Réfléchissons bien à nos démarches. Notre problème unique au Liban c’est l’agression israélienne. Affrontons-la d’abord unis, et ensuite chaque chose trouvera sa voie et sa solution.
Allez dans la paix de Dieu. 
 

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