Un démenti qui ne convainc personne…

Soraya Hélou
Le député du Courant du Futur Jamal Jarrah est un habitué des démentis. En 2001, lorsque le nom de son neveu, Ziad, avait été évoqué comme l’un des membres du commando qui avait exécuté les attentant du 11 septembre 2001, il avait interdit aux membres de la famille de faire des déclarations à la presse, se décrétant porte-parole de la famille et affirmant ainsi que son neveu n’a rien à voir avec al Qaëda. Tous les journalistes locaux et étrangers qui se sont rendus à cette époque au village de la famille à Marj avaient eu droit au discours creux de M.Jarrah qui démentait toute tendance islamiste de son neveu. La participation de ce dernier avait été pourtant officiellement déclarée par les autorités américaines.
Aujourd’hui, le voilà qui recommence à démentir les informations diffusées par la télévision syrienne et relayées par l’ambassadeur de Syrie au Liban sur son implication dans les émeutes de Banias et de Lattaquié, alors que nul n’ignore ses relations privilégiées avec l’ancien vice-président syrien Abdel Halim Khaddam. Jarrah menace même de recourir à la justice… libanaise bien sûr, en priant pour qu’entre-temps, le nouveau gouvernement ne soit pas formé. En attendant, les milieux et les médias proches du Futur ne cessent de mettre l’accent sur les émeutes en Syrie et de présenter les faits comme si le pays était en train de sombrer dans le chaos. Avant même de connaître la teneur des réformes présentées par le régime, les analystes politiques de la chaîne « Al Moustaqbal » et des médias affiliés ont commencé à affirmer qu’elles seraient insuffisantes et que la rue est en effervescence.
Au lieu par exemple d’annoncer la libération des détenus arrêtés pendant les manifestations, ces médias ne cessaient de répéter que le nombre des détenus politiques augmentait, ouvrant leur tribune à tous ceux qui désiraient critiquer le régime. Si ce n’est pas de l’incitation contre le régime syrien, comment pourrait-on alors le qualifier? D’ailleurs depuis la chute du gouvernement de Saad Hariri, les milieux proches du Premier ministre chargé des affaires courantes ne cessaient d’annoncer « des événements en Syrie ». Intuition fabuleuse ou analyse visionnaire? Pourtant, ces grands analystes à l’intuition en alerte n’avaient pas pu prévoir la chute de leur gouvernement, alors comment auraient-ils pu prédire les troubles en Syrie s’ils n’y étaient pas mêlés ou à tout le moins n’en étaient pas informés?
Concernant la Syrie, on doit toujours penser au complot puisqu’avec la résistance au Liban et l’Iran, ce pays s’inscrit dans un même axe hostile aux projets américano-israéliens dans la région. Alors que s’il faut en croire les dépêches révélées par le site Wikielaks, le Courant du Futur et ses alliés du 14 mars seraient totalement dans le camp opposé, c’est-à-dire prêts à exécuter toutes les directives américaines à condition de garder le pouvoir sans partage.
Certains pourraient crier à la diffamation, mais tant que les personnes concernées n’ont pas démenti ces dépêches comme le leur a demandé le secrétaire général du Hezbollah sayed Hassan Nasrallah dans son dernier discours, comment mettre en doute les impressions et les rapports officiels des diplomates américains en poste à Beyrouth? Toute la logique de l’attitude des personnalités du Courant du Futur s’inscrit dans ce sens: l’hostilité non dissimulée à la résistance et à ceux qui l’appuient notamment l’Iran et la Syrie.
Pour mettre en faute cette logique, il aurait fallu M.Jarrah, un démenti un peu plus convaincant. Sinon, malheureusement pour le Liban, on ne peut s’empêcher de croire que les affirmations de la télévision syrienne et des autorités de ce pays ont du vrai. Jusqu’où peut aller l’implication dans les projets américains? Apparemment, le champ d’action des pro-américains n’a plus de limites géographiques…ni morales.
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