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Ces jeunes qui changent la face du monde

Ces jeunes qui changent la face du monde
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Fadwa Nassar

En une dizaine de jours, ces jeunes Egyptiens qui s’étaient rassemblés, le 25 janvier dernier, sur la place Tahrir au Caire, en Egypte, ont réussi à bouleverser la situation dans le monde.  Ce rassemblement a vite fait de s’amplifier et de s’étendre dans tout le pays, du sud au nord et de l’est à l’ouest, au point de rassembler, mardi dernier, près de 8 millions d’Egyptiens, dont 4 millions pour le Caire et Alexandrie. Jamais révolution populaire n’a été si générale, d’autant plus qu’elle n’était ni préparée, ni dirigée par un parti ou une opposition. C’est le peuple, dans tout le sens du terme, qui a rejoint ces jeunes et qui a repris ses mots d’ordre, qui sont les siens: « le peuple veut la chute du régime », « le peuple veut la chute de Moubarak », « Moubarak, dehors ! ».
Pendant dix jours, ces jeunes, qui sont prêts à se sacrifier pour le salut de leur peuple et leur pays, l’Egypte arabe, l’Egypte « la mère du monde », ont montré au monde entier leur haut degré de responsabilité et leur attitude hautement civilisée : deux millions de personnes dans le centre du Caire, sans aucune bousculade, avec des enfants et des vieillards, des hommes et femmes de tous les âges, de tous les courants politiques, de toutes religions. C’est autour de ces jeunes, constitués au fur et à mesure en « comités populaires » que l’opposition politique s’est rassemblée, avec ses différentes composantes, l’opposition classique qui avait déjà exercé le pouvoir à différents moments, et la nouvelle opposition des dix dernières années, beaucoup plus radicale que la première. Dans tous les cas, c’est le peuple dans toutes ses composantes qui réclame une seule chose, en premier lieu: la chute du président Moubarak, devenu symbole d’un régime corrompu et assassin. D’ailleurs, le prochain rendez-vous du rassemblement populaire est le vendredi prochain, nommé « le jour du départ ».
C’est ce peuple que Moubarak a décidé d’affronter et de briser. Son discours du mardi soir n’a témoigné que de son mépris et de son dédain envers le peuple égyptien. Il a pensé l’endormir par des promesses vaines, parlant de réforme, se targuant de patriotisme et de fidélité envers le pays, lui qui livre le gaz égyptien aux sionistes et détruit toutes les potentialités du pays. Il a finalement menacé le peuple, avant de donner libre cours à sa racaille : « ou moi, ou l’anarchie », a-t-il scandé. Pas moins d’une heure après, les premiers éléments de ses « baltajiya » (racaille) faisaient irruption et agressaient les manifestants à Alexandrie. Mercredi 2 février, c’est l’attaque contre le rassemblement de la place Tahrir au Caire. Les sources parlent de 750 à 2000 blessés parmi les manifestants, rien qu’au Caire, et quelques martyrs. Les agresseurs, certains montés sur des montures, ont utilisé les cocktails molotov, les gourdins, les armes à feu. Selon différentes sources, ces agresseurs feraient partie des forces sécuritaires ou bien ont été formés par des hommes proches du pouvoir, des amis de Moubarak, ou  bien encore des milices formées par le ministère de l’intérieur.
Ces agressions, qui s’ajoutent au discours de Moubarak, ont sonné le glas du régime. Non seulement les rassemblements se poursuivront, mais le peuple protègera sa révolution et les jeunes radicaliseront leurs revendications. D’ailleurs, contre les agressions qui se préparent, les jeunes se préparent à la riposte. Contre les balbutiements du régime et de ses hommes, les jeunes réclament à présent, non seulement la chute de Moubarak, mais son jugement et le jugement de ses amis et collaborateurs. Les jeunes avaient voulu une chute du régime sans violence, dans une scène digne de millions de citoyens réclamant, sous les regards de l’armée, la chute du régime et de son symbole. Mais le régime a répondu par la tuerie. Cela n’a fait que radicaliser le mouvement : les jeunes appellent à la mobilisation générale et leur appel est déjà entendu par des milliers qui se dirigent à nouveau vers la place Tahrir.
Contrairement aux vœux des Etats-Unis et des capitales occidentales, la chute du régime ne sera pas telle qu’ils l’avaient voulue, un remplacement d’un homme « narcissique » (le terme est de Azmi Bechara) par un autre, toujours lié aux intérêts occidentaux mais plus « présentable ». Il est vrai qu’Obama et les responsables de la Maison-Blanche, ainsi que les responsables européens, essayent de ménager les uns et les autres, le peuple en soulèvement et le régime à la fois, reprenant les revendications de liberté et de démocratie des uns tout en affirmant leur volonté de maintenir le régime, sans le président cependant. Le président américain a lâché Moubarak, et dans le monde, les voix s’élèvent pour lui demander de laisser la place à un autre. S’ils sont si pressés, c’est parce qu’ils craignent la radicalisation de la révolution populaire. Ils veulent remplacer Moubarak qui a perdu toute crédibilité mais l’entêtement de ce dernier à vouloir se maintenir au pouvoir, même pour six mois encore, les a plongés dans l’embarras le plus grand.
La révolution populaire dirigée par ces jeunes, dans le pays le plus peuplé du monde arabe, est en train de changer la face du monde, non seulement le monde arabe ou musulman, mais cette révolution aura également ses répercussions en Europe et aux Etats-Unis, surtout parce que c’est l’avenir de la présence de l’Etat sioniste, protecteur des intérêts impérialistes dans le monde arabe, qui est de nouveau mise en question. Même si certains analystes jugent qu’il était trop tôt pour que le nouveau régime égyptien rompe les accords de Camp David de 1978 ou rompe ses engagements internationaux, comme ils les appellent, politiques, militaires ou économiques, le nouveau régime qui pourrait se mettre en place, selon certains, modifierait progressivement ses engagements, pour que les intérêts du peuple égyptien soient pris en compte dorénavant selon une nouvelle équation, celle des « intérêts mutuels ».
Rien que cette équation fait trembler les sionistes ! Avec la chute du régime égyptien, ils perdent un des plus importants alliés, d’autant plus qu’il s’agissait d’un régime arabe. Selon certains analystes, le nouveau régime égyptien pourrait avoir les mêmes relations que la Turquie avec l’Etat sioniste : lié par des accords militaires, il tiendra cependant une distance assez froide envers les dirigeants sionistes et n’hésitera pas à prendre des mesures « inamicales » si nécessaire, en attendant le cours des événements. Le nouveau régime ne serait plus le pion américain dans le monde arabe : que ce soit en Palestine, au Liban ou dans la région, les alliés ne seraient plus les mêmes.
Ce mouvement populaire déclenché par ces jeunes égyptiens n’a pas fini encore de dire son dernier mot. C’est d’abord la chute de Moubarak, attendue par le monde entier, mais ensuite, c’est la chute du régime et de ceux que les puissances occidentales veulent installer, pour maintenir leurs intérêts dans la région. La conscience politique élevée de ces jeunes, telle qu’elle est apparue tout au long de ces jours de rassemblement, pourra probablement aller au-delà des prévisions des analystes. C’est en tout cas ce qu’espèrent les peuples arabes et notamment le peuple palestinien.

Comments

person Moussadegh

Ces jeunes qui changent la face du monde

Les puissances occidentales ont changé le ton sur la révolution en Égypte depuis l'appel à la raison d'Israël et des soutiens à Moubarak de l'Arabie Saoudite, du Fatah et d'autres. On n'attend rien d'eux de positif et notre chemin sera long. La seule solution pour contrer toutes ces stratégies sionistes c'est l'unité des musulmans : Hezbollah, Hamas, Frères musulmans en Jordanie et Égypte, Nahda en Tunisie, FIS en Algérie...Là, la face du monde ne serait plus la même du tout. Même des contacts secrets seraient bénéfiques. "Et cramponnez-vous tous ensemble au «Ḥabl» d’Allah et ne soyez pas divisés"LA FAMILLE D’IMRAN 103

person Somud

La suite

Sachant que la majorité requise pour valider les votes de l’assemblée générale de l’ONU était des deux tiers (mais paradoxalement) des seuls votants « Oui » ou « Non », et que trois voix indispensables furent extorquées par chantage, alors que celles de quatre pays étaient, de fait, mues par le grand frère soviétique, et également qu’au moins deux autres voix de l’Amérique centrale (Costa-Rica et Guatemala), plus l’Uruguay, furent achetées comme en attestent des archives de l’anomalie étatique sioniste. Soit donc, en réalité, moins de 24 « Oui » sur 56 possibles.» Evidemment ça n’est pas très court, ni succinct, par rapport à l’ultra-désinformant : « Novembre 1947 : l’ONU décide le partage de la Palestine en un état juif et un état arabe » ! Mais plus de brièveté entraîne automatiquement une conceptualisation erronée aux graves dépens des Palestiniens patriotes, parce que les sionistes invoquent constamment hypocritement leur légitimité sur la base de ce vote faussé que la Charte de l’ONU ne lui permettait pas de présenter comme l’a démontré le juriste palestinien également anglophone et francophone et porte-parole de la délégation arabe Henry Cattan.

person Somud

Connaitre le commencement

Il semblerait que beaucoup de jeunes militants, même palestiniens, ignorent cequi suit. « Le 29 novembre 1947, ne respectant pas leur Charte, sous l’influence conjuguée aux objectifs contradictoires de Truman, Staline, celle aussi de « la France » et, évidemment sous l’influence des sionistes de droite et de gauche de la planète (pas seulement futurs Israéliens) partisans d’un état exclusivement habité par des Juifs ou se croyant de vieille ascendance trimillénaire telle, trente trois pays membres de l’assemblée générale de l’ONU sur cinquante-sept (alors que d’autres auraient dû légitimement en faire partie) votèrent officiellement « Oui » pour la recommandation (seulement et pas la prescription contraignante), d’un plan de partage de la Palestine (sans consultation par referendum des autochtones). Une partition en trois territoires (et, en fait géographiquement, huit unités territoriales), dont celui à statut international des Lieux saints, clause absolument essentielle pour l’obtention de plusieurs votes, et clause que les sionistes n’avaient pas plus l’intention de respecter que les trois autres, un état juif, une état dit arabe et une union économique. (A suivre)
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