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Le mythe de l’appui américain…

Le mythe de l’appui américain…
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Soraya Hélou

« C’est l’Amérique, mon enfant ». Si un gosse demandait à son père pourquoi brusquement la région du Moyen Orient et d’autres coins de la planète traversent des périodes difficiles, la réponse du père ne pourrait être que celle-ci. Hélas, l’expérience des dernières années nous a appris  à chercher toujours les Etats-Unis derrière les troubles et les problèmes que traversent  certains pays du monde, surtout s’ils ont des ressources naturelles ou s’ils menacent Israël, l’enfant chéri des Américains. La politique des Etats-Unis tient donc en premier lieu de ses propres intérêts. Nul ne saurait le lui reprocher si ce pays ne s’était érigé en défenseur des droits de l’homme et des principes démocratiques.  Sous ce grand titre, il se permet d’intervenir dans les affaires internes des pays, sans jamais toutefois favoriser la volonté des peuples ou les principes démocratiques, bien au contraire, ce puissant Etat est prêt à tous les compromis pour peu qu’on accepte de servir ses intérêts et il est aussi le premier à lâcher ses meilleurs alliés lorsque les mêmes intérêts le commandent. Sans remonter jusqu’au Shah d’Iran, on pourrait donner des exemples plus récents comme la Pologne qui s’est mis à dos la Russie croyant bénéficier de la protection des Etats-Unis jusqu’à ce que ceux-ci la lâchent pour un accord avec Moscou. Même chose pour l’Ukraine et la Géorgie. Désormais, les troubles gagnent aussi la Tunisie et l’Algérie, alors que le Soudan, la Libye, l’Egypte et bien d’autres vivent dans l’incertitude. Les Américains n’hésitent en effet pas à provoquer des troubles ou à les laisser s’amplifier si cela peut faire avancer leur politique.
Même le roi d’Arabie  n’y a pas échappé. Les Américains ont ainsi lâché son candidat pour la présidence du gouvernement irakien Ayad  Allaoui, contre un accord avec l’Iran et les voilà aujourd’hui qui sabotent les  efforts qu’il déploie depuis des mois, avec le président syrien,  pour tenter de trouver un compromis au Liban. Jugeant qu’il n’était pas dans leur intérêt de donner la carte de l’acte d’accusation du TSL aux alliés de l’Iran et de la Syrie, les Américains par la personne de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a clairement exprimé l’opposition de son pays à un tel accord, détruisant ainsi les efforts du roi. Le roi aurait pu poursuivre malgré tout ses efforts, car il sait lui où est l’intérêt de son pays, des Arabes et de ses alliés libanais, mais une partie des membres de sa famille, et surtout le Premier ministre du Liban lui-même, ont laissé voir leurs préférences, écoutant les sirènes américaines. Résultat, Saad Hariri n’est plus Premier ministre et tous les contacts et le soutien du monde n’y changeront rien. Le premier jour, (mercredi) le Président américain Barak Obama qui le recevait à la Maison Blanche lui a déclaré tout son appui, le second jour, le porte-parole de la même Maison Blanche affirmait que son pays suivait avec intérêt la formation d’un nouveau gouvernement au Liban, reconnaissant ainsi indirectement la nouvelle situation. Même son de cloche à l’Elysée et à Ankara, où, après avoir reçu Saad Hariri, les dirigeants de ces pays se sont abstenus de toute déclaration pour éviter de lancer des promesses qu’ils ne peuvent pas tenir. Au mieux, les interventions étrangères pourraient espérer faire revenir Saad Hariri à la tête d’un nouveau gouvernement, aux conditions de l’opposition cette fois, et, au pire, elles pourraient décider d’éviter de coopérer avec un gouvernement formé essentiellement par l’opposition devenue majorité.  Faisant preuve d’un manque total de discernement et de sagesse, Saad Hariri a écouté les voix (américaines pour la plupart) qui lui suggéraient d’attendre la publication de l’acte d’accusation pour négocier en position de force avec un Hezbollah affaibli et discréditer et rafler ainsi toute la mise. Il n’a pas voulu entendre ceux qui, au contraire, lui conseillaient de s’entendre avec ses partenaires au sein de la Nation, quand il en est encore temps. Aujourd’hui, il espère que les appuis internationaux (et ce sont surtout les Américains qui lui ouvrent les portes des capitales du monde) puissent le ramener à la tête d’un nouveau gouvernement mais quelle que soit l’importance des interventions étrangères, elles devront passer par l’approbation de l’opposition. N’aurait-il pas été préférable, dans ce cas, d’éviter les détours et les déplacements  et d’établir un dialogue direct avec les Libanais de l’opposition ? Cheikh Saad, ses adjoints, ses alliés et tous ceux qui croient encore dans l’appui des
Etats-Unis devraient réfléchir sur cette question.

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