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Un an après son exécution, l’ombre du cheikh Nimr plane sur sa ville natale

Un an après son exécution, l’ombre du cheikh Nimr plane sur sa ville natale
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Photos placardées sur des lampadaires, slogans à sa gloire: près d'un an après son exécution, l'ombre du dignitaire Nimr al-Nimr, figure de la contestation contre le régime saoudien, plane toujours sur Awamiya, sa ville natale, dans l'est du royaume.

Un an après son exécution, l’ombre du cheikh Nimr plane sur sa ville natale

Tout au long de la route qui mène à cette cité de 30.000 habitants située à quelques encablures du Golfe, des photos de l'homme barbu sont placardées sur les poteaux des lampadaires. Dans la ville, son portrait peint en noir apparaît ça et là sur des murs, accompagné de graffitis et de slogans.

«Nous ne t'oublierons jamais», ou «Avec al-Nimr nous nous sommes engagés dans la résistance contre l'injustice et les oppresseurs», proclament certains de ces slogans.

Dans le royaume saoudien majoritairement où fleurissent d'habitude des banderoles à l'honneur du roi Salmane, de son prince-héritier et de son vice-prince héritier, l'hommage rendu à leur opposant Nimr al-Nimr est inhabituel et provocateur.

Nimr al-Nimr figurait parmi 47 personnes exécutées en janvier par l'Arabie saoudite après avoir été condamnées à la peine capitale pour «terrorisme».

Sa mise à mort avait provoqué des manifestations ponctuées de tirs et d'incendies de pneus dans la région de Qatif, dont dépend Awamiya.

 

Nimr al-Nimr était le principal animateur de la contestation qui éclata en 2011 au sein de la minorité chiite d'Arabie saoudite. Agé de 56 ans, cet homme à la longue barbe grise tenait des prêches très suivis dans sa mosquée d'Awamiya avant son arrestation.

Concentrés dans la province Orientale, riche en pétrole, les chiites saoudiens se plaignent de discrimination.

Signe de cette marginalisation, Awamiya offre l'image d'une ville aux rues mal entretenues et, le soir, faiblement éclairées, avec des constructions vétustes.

Le contraste est frappant par rapport à d'autres grandes villes des riches pays pétroliers du Golfe dont les rues et les vitrines s'éclairent d'un déluge de lumières et où ont poussé des bâtiments flambant neufs.

Capitalisant sur les frustrations de sa communauté, Nimr al-Nimr tenait des propos parfois controversés qui irritaient au plus haut point les autorités de Ryad, comme en 2009, lorsqu'il avait appelé la région de Qatif à s'unir avec Bahreïn.

Au milieu des années 1950, Qatif et les localités avoisinantes "qui étaient autrefois le cœur et l'âme de la vie commerciale et culturelle" des rives du Golfe ont été marginalisées au profit de nouvelles villes pétrolières, dont Dammam (est), écrit l'historien Toby Jones.

La croissance fulgurante de l'Arabie saoudite, soutenue par l'or noir dont le pays est le premier exportateur mondial, a contrasté à la fin des années 1970 avec «l'extrême pauvreté» des régions chiites, confrontées par ailleurs à la rareté des ressources hydrauliques, ajoute-t-il.

La ville souffre en plus de l'entrée en jeu du groupe extrémiste «Daech», qui considère les musulmans chiites comme des hérétiques. Depuis 2014, plus de 40 chiites ont été tués dans des attentats lancés par «Daech» dans la province Orientale.

Source : AFP et rédaction

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