France: Des experts de l’ONU dénoncent la répression des manifestations étudiantes
Par AlAhed avec sites web
Quatre rapporteurs des Nations unies dénoncent le recours excessif à la force contre les lycéens et les étudiants en France. Ils jugent disproportionnées les arrestations massives et estiment que la réponse sécuritaire occulte les causes profondes de la mobilisation.
Quatre experts indépendants mandatés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU ont exprimé mercredi leur «consternation» face à la répression des manifestations étudiantes en France, dénonçant les violences policières et l’ampleur des interpellations, notamment parmi les mineurs.
«Le recours excessif à la force, les violences et les interpellations massives ne sont pas des réponses appropriées à un mouvement social de contestation dans un État de droit», ont-ils déclaré dans un communiqué.
Depuis la mi-septembre, la mobilisation, initialement portée par les lycéens puis rejointe par les étudiants, s’est étendue à plusieurs régions françaises. Les manifestants réclament notamment de meilleures conditions d’apprentissage, des moyens matériels suffisants, des rythmes scolaires et universitaires adaptés ainsi qu’un accès plus équitable à une éducation de qualité.
Les rapporteurs ont particulièrement dénoncé les blessures graves, parfois irréversibles, subies par des manifestants mineurs lors des opérations de maintien de l’ordre, qualifiant ces faits d’«inacceptables et injustifiables».
Ils ont souligné la nécessité d’enquêtes, notamment par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), tout en appelant les responsables policiers et politiques à condamner clairement les violences policières.
Une réponse sécuritaire jugée disproportionnée
Tout en reconnaissant que les autorités françaises ont engagé, en octobre, des initiatives destinées à favoriser le dialogue avec les lycéens et les étudiants, les experts estiment que la priorité donnée au maintien de l’ordre a relégué au second plan les causes profondes de la contestation.
Ils ont également condamné les violences contre les policiers, les dégradations de bâtiments et le vandalisme visant des commerces, appelant à ce que ces actes fassent l’objet d’enquêtes et que leurs auteurs soient traduits en justice.
Les rapporteurs jugent toutefois disproportionnés les milliers d’interpellations et de gardes à vue signalés, qui concerneraient principalement des mineurs. Selon eux, de telles mesures risquent de dissuader les jeunes de faire usage de leurs libertés d’expression et de réunion pacifique.
Parmi les experts figurent Gina Romero, rapporteure spéciale sur le droit de réunion pacifique et la liberté d’association, et Farida Shaheed, rapporteure spéciale sur le droit à l’éducation. Mandatés par le Conseil des droits de l’homme, ils s’expriment en toute indépendance et ne représentent pas officiellement l’ONU.
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