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Manifestations en France: Des affrontements violents à Paris, Marseille et Lyon, au moins 272 interpellations

Manifestations en France: Des affrontements violents à Paris, Marseille et Lyon, au moins 272 interpellations
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Par AlAhed avec agences

Les émeutiers sont passés à l’action. À Paris, Marseille (Bouches-du-Rhône), Lyon (Rhône)… de vives tensions entre des groupes d’individus et les forces de l’ordre ont éclaté dès la mi-journée du samedi 17 octobre, avant le départ des défilés prévus à l’occasion de cette journée de mobilisation contre «la vie chère».

Les autorités ont dénoncé des «tentatives de pillage, des prises à partie de forces de l’ordre, des incendies, des ciblages des lieux de pouvoir et des médias».

À Paris, la place de la République sous tension

Avant même le départ du cortège parisien, des heurts ont éclaté entre manifestants et forces de l’ordre dans plusieurs endroits de la capitale. Les tensions étaient particulièrement vives sur les Grands Boulevards et place de la République, lieu de départ de la manifestation en direction de la place de Clichy.

Les forces de l’ordre ont fait usage à plusieurs reprises de gaz lacrymogènes pour répondre à plusieurs centaines de manifestants, pour la plupart masqués et vêtus de noir, dont certains tiraient des mortiers d’artifice. Elles ont aussi eu recours à un canon à eau. Une voiture et deux kiosques à journaux ont été incendiés.

Les forces de l’ordre ont procédé à 133 interpellations à Paris, essentiellement pour «groupements en vue de commettre des violences ou dégradations», selon un bilan de la préfecture de police à 14 heures.

Tôt ce matin, le siège parisien de CNews avait été pris pour cible par une centaine de personnes cagoulées.

Brève intrusion dans la mairie de Marseille

À Marseille, plusieurs dizaines de manifestants ont pénétré brièvement dans le hall de la mairie après avoir enfoncé la porte en criant «c’est la Révolution, on prend la Bastille». «Les casseurs se sont introduits dans la mairie avec des dégâts limités, quelques carreaux cassés», a témoigné le maire de la ville, Benoît Payan, sur BFMTV. «C’est indescriptible, inacceptable, a-t-il déploré. Ils profitent des revendications pour casser, pour dégrader, pour mettre à bas ce qui fait le ciment national».

Des policiers munis de lacrymogènes ont également affronté des manifestants cagoulés qui lançaient des mortiers d’artifice sur le bas de la Canebière. Une boutique Audika a été pillée puis incendiée sur le Vieux-Port. Les manifestants ont quitté les lieux envahis de fumée lacrymogène. Un poste de police municipal a été dégradé, a confirmé le ministère de l’Intérieur.

Benoît Payan a annoncé avoir reçu du président de la République, Emmanuel Macron, l’assurance d’envoi de renforts de police. Le chef de l’État «suit la situation minute par minute et il était, comme le Premier ministre et comme le ministre de l’Intérieur, déterminé à envoyer les renforts nécessaires et de manière immédiate, ce qui est en train de se passer» avec l’envoi de compagnies de CRS supplémentaires.

Une antenne de l’office de tourisme en feu à Lyon

À Lyon, où la manifestation devait débuter à 14 heures, la situation a dégénéré sur la place Bellecour, où les forces de l’ordre ont été visées par des pétards et des tirs de mortiers lancés par des jeunes cagoulés. En retour, les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes. Ils ont formé un cordon tout autour de la place et la situation était très tendue.

Un bâtiment de l’office de tourisme a été pris pour cible. Attaqué, dégradé, il a ensuite été incendié alors que les forces de l’ordre ont utilisé des grenades de désencerclement pour reprendre du terrain.

Violences à Grenoble

En Isère, Grenoble connaît de nombreuses violences depuis le début de journée. Le journal le Dauphiné rapporte que des barricades ont été dressées dans la ville. Des affrontements se sont produits cours Jean-Jaurès. Les vitres du hall de l’hôtel de ville ont été prises pour cible. Plusieurs charges ont aussi eu lieu rue Lesdiguières. Une banque a été saccagée cours Lafontaine.

272 interpellations au niveau national

À la mi-journée, les autorités ont recensé 272 interpellations sur tout le territoire national. Des incidents ont également eu lieu dans des villes comme Rennes (Ille-et-Vilaine) et Strasbourg (Bas-Rhin).

«La probabilité que l’ultragauche fasse dégénérer les cortèges de l’après-midi (de samedi) est très fort», a jugé l’entourage du ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, soulignant que le ministre avait rappelé ses «consignes de grande fermeté aux préfets et aux forces de l’ordre».

«Précipiter le pays dans le chaos»

La candidate du Rassemblement national à la présidentielle Marine Le Pen a déploré samedi que «les revendications sociales légitimes» des manifestants du 17 octobre «ont une nouvelle fois été prises en otage par l’extrême gauche», visant particulièrement son adversaire LFI Jean-Luc Mélenchon.

«Les revendications sociales légitimes ont une nouvelle fois été prises en otage par l’extrême gauche et les discours des députés de Jean-Luc Mélenchon qui, en légitimant la violence, en considérant l’ordre comme une oppression et le désordre comme un droit, cherchent à précipiter le pays dans le chaos», a-t-elle indiqué sur X.

«Des dizaines de milliers de gens» défilent «calmement»

Pour sa part, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé les «images de violence» diffusées par les «chaînes d’info» alors que «tout se déroule dans le calme avec des dizaines de milliers de gens calmement mobilisés».

«Deux mondes, deux réalités», a-t-il ajouté sur X, accompagnant son message d’une vidéo d’un cortège.

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