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Mobilisation lycéenne en France: 273 gardes à vue, dont 188 mineurs, un cinquième acte prévu mardi

Mobilisation lycéenne en France: 273 gardes à vue, dont 188 mineurs, un cinquième acte prévu mardi
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Par AlAhed avec agences

Les lycéens sont de nouveau appelés à descendre dans la rue mardi en France, pour une cinquième journée de mobilisation depuis le début du mouvement. Cette nouvelle journée de contestation intervient dans un contexte de tensions persistantes autour des revendications des élèves.

À Paris, la manifestation étudiante et lycéenne s'élancera à 14H00 de la place d'Italie pour rallier les Invalides, non loin de Matignon et du ministère de l'Education.

«Ils ne nous écoutent pas, on va les chercher», a annoncé l'Union étudiante sur X, alors que des organisations lycéennes et étudiantes demandent depuis plusieurs jours à être reçues par le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Dans la capitale, un appel à une autre manifestation, de l'Hôtel de ville vers Matignon, non déclarée, circule sur les réseaux.

À l'appel de ce cinquième acte, l'Union syndicale des lycéens exige toujours la suppression de Parcoursup - également réclamée par le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon - et un plan de 10 milliards d'euros pour les lycées.

Les manifestants espèrent faire la jonction avec la mobilisation «contre la vie chère», prévue samedi au premier jour des vacances de la Toussaint.

Les «violences s'intensifient», estime le ministère français de l’Éducation, avec encore «au moins huit personnels» de l’Éducation nationale blessés lundi, notamment dans les académies de Créteil, Bordeaux et Lyon.

La mobilisation doit se faire «dans le calme, dans l'ordre et dans le respect à la fois des personnes et des biens», a demandé le président Emmanuel Macron, dont la parole est rare depuis le début du mouvement lycéen.

Démarré mi-septembre en région parisienne, il s'est étendu partout en France pour demander plus de moyens et protester contre la pression de Parcoursup, les professeurs non remplacés, les bâtiments délabrés ou des emplois du temps trop chargés.

Après avoir privilégié une réponse répressive face à la multiplication des manifestations - un mineur a notamment eu une main arrachée à Lens, un autre a perdu un œil à Tours - le gouvernement a graduellement commencé à présenter des réponses plus politiques, sans convaincre les organisations lycéennes.

Le ministre de l'Éducation Édouard Geffray a promis que 3.000 professeurs remplaçants allaient être déployés en urgence dans les lycées où la situation est la plus critique.

Selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, ce «déploiement a commencé».

273 gardes à vue, dont 188 mineurs

De source policière, entre 130.000 et 200.000 personnes sont attendues au total mardi dans les rues.

Mardi dernier lors de la première journée de manifestations, entre 266.000 (selon les autorités) et 450.000 manifestants (selon les organisateurs) avaient été recensés dans l'Hexagone, dont entre 56.000 et 100.000 dans la capitale.

Jeudi, des rassemblements ont réuni des dizaines de milliers de personnes, notamment place de la Bastille à Paris, avec au total 71.500 manifestants recensés en France par le ministère de l'Intérieur.

La procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, a annoncé lundi le 12 octobre qu'au total, 273 personnes, dont 188 mineurs, ont été placées en garde à vue à Paris entre le 29 septembre et le 8 octobre dans le cadre de la mobilisation lycéenne.

Parallèlement, huit enquêtes ont été confiées à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour des faits de violences imputés à des policiers lors des manifestations dans la capitale.

Selon la magistrate, la majorité des mineurs concernés étaient âgés de 15 à 16 ans.

Au total, 195 des 273 gardes à vue ont donné lieu à des suites judiciaires.

La procureure a précisé que la quasi-totalité des personnes déférées étaient jusqu’alors inconnues des services de police, de gendarmerie et de la justice.

Les huit enquêtes ouvertes à Paris s’ajoutent aux investigations menées à l’échelle nationale sur des violences policières lors des mobilisations lycéennes.

Deux autres enquêtes ont été confiées à des cellules déontologiques de commissariats parisiens.

Ces investigations s’inscrivent dans un ensemble de 24 enquêtes ouvertes par l’IGPN à l’échelle nationale depuis le début du mouvement, selon un bilan communiqué vendredi par le ministère de l’Intérieur.

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