Iran: Les USA ont testé des missiles à sous-munitions Lockheed sur des civils iraniens, dit Baghaï
Par AlAhed avec agences
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré que les stigmates de l’attaque au missile menée par Washington le 1er mars contre la ville méridionale de Lamard sont encore visibles sur les murs et dans les rues de la ville, ajoutant que certaines personnes souffraient toujours de blessures causées par des éclats d’explosion, tandis que d’autres pleurent encore la perte de leurs proches.
M. Baghaï a tenu ces propos, dimanche le 13 septembre, lors d’une visite à Lamard, affirmant que la ville porte encore de «nombreuses traces et marques» du crime de guerre américain.
«L’attaque a été perpétrée au moyen de quatre missiles à sous-munitions Lockheed Martin — chacun contenant 180.000 éclats — utilisés au combat pour la première fois dans le ciel iranien», a-t-il précisé.
Vingt habitants de Lamard ainsi qu’un ressortissant afghan sont tombés en martyrs lors de ces explosions.
Peu après son arrivée dans la ville, M. Baghaï s’est recueilli sur les tombes des victimes de l’attaque, au Jardin des martyrs de Lamard.
Le soir même, sur la place centrale, il a récité avec les habitants les noms de ceux qu’il a qualifiés de «23 grands noms», désormais inscrits sur la liste des martyrs de la nation, sur la voie de l’indépendance et de la dignité.
«Ces noms, aux côtés de ceux de tant d’autres martyrs, font désormais partie de l’héritage impérissable de la nation iranienne et constituent un fondement de notre puissance et de notre unité nationales», a-t-il fait remarquer.
Il a indiqué que 180 autres habitants avaient été blessés par des éclats de missile.
Six mois plus tard, plusieurs filles et garçons de Lamard, ainsi que leurs familles, vivent toujours avec des handicaps et de vives douleurs.
«Des billes de tungstène provenant de missiles de frappe de précision (PrSM) américains sont encore logées dans le corps de certains enfants», a-t-il ajouté.
Revenant sur les circonstances de l’attaque, M. Baghaï l’a qualifiée de test délibéré sur des civils, mené par un agresseur qui se présente comme un «défenseur des droits de l’homme».
Il a également déclaré que l’Iran entendait rassembler les témoignages, les dossiers médicaux et les preuves matérielles afin de les soumettre aux instances internationales et d’établir les responsabilités de ceux qui ont ordonné, exécuté ou rendu possible cette frappe.
«Documenter ne consiste pas seulement à consigner le passé ; c’est confier la vérité aux preuves, avant que la poussière de la déformation et de l’oubli ne vienne la recouvrir», a-t-il souligné.
Il a enfin insisté sur la nécessité de préserver la mémoire de chaque martyr tombé à Lamard, d’entendre la voix de chaque témoin et de consigner chaque blessure. «Car les plaies laissées par un tel crime ne se refermeront jamais tout à fait. Elles doivent demeurer inscrites dans la mémoire et être rigoureusement documentées, afin que les faits puissent traverser le temps et témoigner, à jamais, de la responsabilité et de la honte de ceux qui, pour tenter d’effacer leur propre défaite, ont choisi de frapper des civils».
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